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1 650 milliards de dette : l’explosion de la bulle IA n’a jamais fait aussi peur

1 650 milliards d’euros de dette. Le chiffre, révélé par une enquête du Nikkei Asia, a de quoi donner des sueurs froides aux marchés financiers. Alphabet, Amazon, Meta, Oracle et Microsoft, les géants censés incarner la révolution IA, s’enfoncent dans un endettement d’une ampleur inédite. Mais que se passerait-il si la bulle IA explosait ?

Il aura suffi d’une enquête pour faire vaciller la belle image des géants de la tech. Selon le Nikkei Asia, Alphabet, Amazon, Meta, Oracle et Microsoft traînent à eux cinq une dette cachée d’environ 1 650 milliards d’euros. Une somme qui vient s’ajouter à l’accord à plusieurs milliards de dollars que Nvidia vient de conclure avec de grandes institutions financières pour continuer à alimenter la machine. Autrement dit : même les entreprises les plus riches de la planète ne financent plus l’IA sur leurs fonds propres.

Le géant Oracle, incarne à lui seul le sentiment d’inquiétude qui frappe les marchés financiers. D’après Reuters, l’entreprise ne disposerait plus que d’environ 9 % de sa trésorerie disponible en 2026. Un niveau qui inquiète sur la capacité du groupe à absorber un ralentissement de la demande en IA, même léger.

Et Oracle n’est pas seule. Contrairement à la plupart des secteurs industriels, l’essentiel des dépenses des géants de l’IA arrive dès les premières années, avant même que les revenus ne suivent. Si l’on comparait ces investissements à une partie de poker, les investisseurs font tapis sans même connaître leurs cartes.

Problème : en attendant le retour sur investissement, il faut payer les factures. Et les data centers, très gourmands en eau et en électricité, pèsent chaque trimestre un peu plus lourd dans les comptes.

Bulle internet ou krach boursier ?

Face à cette fuite en avant, les géants de l’IA passent de plus en plus par l’emprunt. Les données FactSet montrent qu’en 2025, les cinq géants de l’IA ont émis 28 milliards de dollars d’obligations sur le marché américain, un montant qui pourrait grimper bien plus haut en 2026.

Signe inquiétant : Alphabet (Google), groupe habituellement peu endetté, a levé 25,5 milliards de dollars sur le marché obligataire en février dernier. Une opération inédite pour l’entreprise qui en dit long sur l’urgence de la course aux infrastructures.

Faut-il s’attendre à un krach boursier comme celui de 2008 ou un effet bulle internet ? Les économistes eux-mêmes ont du mal à répondre. Pour Jean-Paul Betbeze, qui s’exprime dans les colonnes du Parisien, le parallèle avec la crise des subprimes a ses limites. En 2008, la dette reposait sur des ménages devenus insolvables, alors qu’aujourd’hui elle est adossée à des actifs bien réels (serveurs, data centers, réseaux de fibre optique) détenus directement par les géants eux-mêmes.

Autre nuance de taille : Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet comptent parmi les entreprises les plus profitables de l’histoire, avec des dizaines de milliards de dollars de bénéfices annuels. Une faillite de ces mastodontes reste donc un scénario peu probable.

Le risque le plus redouté est plutôt celui d’un dégonflement brutal des valorisations si le saut technologique attendu ne se matérialise pas assez vite. Les marchés financiers seraient donc secoués, les investisseurs les plus exposés lourdement pénalisés. Mais rien qui ne puisse emporter tout le système bancaire comme en 2008.

Et si la bulle explosait vraiment ?

À quoi ressemblerait un scénario catastrophe ? Quelles seraient les conséquences d’une explosion de la bulle IA ? D’abord, on assisterait à une correction boursière violente sur les valeurs technologiques les plus exposées, avec Oracle en tête de liste. Ensuite, on observerait un coup d’arrêt brutal pour tout un écosystème qui vit dans l’ombre des géants : les start-up de l’IA, moins capitalisées, verraient probablement se tarir d’un coup l’argent des fonds de capital-risque, entraînant une vague de faillites et de rachats à bas prix.

Côté infrastructures, une partie des projets de data centers actuellement annoncés (y compris en France et en Europe) pourrait être ralentie, voire totalement abandonnée, avec à la clé des suppressions d’emplois dans la construction et l’exploitation de ces sites.

Pour le grand public, l’effet serait indirect mais bien réel : des fonctionnalités IA moins ambitieuses ou plus lentes à arriver dans nos appareils, des abonnements cloud et IA revus à la hausse pour compenser les pertes et des géants de la tech probablement contraints de tailler dans certains projets jugés trop coûteux.

Quid des géants de la tech ? Alphabet, Amazon, Meta ou Microsoft, dont les autres activités (publicité, e-commerce, cloud grand public) resteraient rentables, prendraient un coup derrière la tête. Elles pourraient surtout mettre un gros coup de frein sur leurs ambitions et le rythme de déploiement de l’IA dans son ensemble. Mais serait-ce une si mauvaise chose ?

  • Les cinq géants de l’IA cumuleraient 1 650 milliards d’euros de dette, en grande partie invisible jusqu’ici.
  • Les émissions obligataires pourraient plus que doubler en 2026, signe que même les entreprises les plus riches du monde manquent de cash.
  • Les économistes redoutent une bulle spéculative et n’excluent pas totalement un scénario catastrophe si la croissance de l’IA venait à caler.

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