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2 389 emplois sauvés : la justice annule l’un des plans sociaux les plus importants du groupe Auchan

Le géant de la grande distribution française Auchan se retrouve au pied du mur. Le tribunal administratif de Lille a invalidé, mardi 23 septembre 2025, le vaste plan social du groupe, qui prévoyait pas moins de 2 389 suppressions d’emplois. Cette décision, saluée par de nombreuses organisations syndicales, marque un coup d’arrêt aux efforts de restructuration initiés par le distributeur et redonne espoir à des milliers de salariés concernés.

Annoncé en novembre 2024, puis conclu officiellement le 19 mars 2025 avec l’appui de plusieurs syndicats représentant 74% des salariés du groupe, ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) devait toucher toutes les strates de l’entreprise : 784 personnes exerçant des fonctions support pour Auchan France et Auchan International, 915 employés en magasin, 466 postes liés à la fermeture de dix magasins (dont trois hypermarchés), ainsi que 224 emplois dans la logistique.

Mais la justice a tranché : selon le tribunal administratif de Lille, deux irrégularités majeures ont conduit à l’annulation du plan social. Premièrement, le PSE aurait dû être signé par les représentants syndicaux de chacune des cinq composantes du groupe, et non par une délégation non exhaustive. Deuxièmement, la procédure d’information et de consultation auprès des comités sociaux et économiques a été jugée entachée d’un vice de procédure, en raison d’informations insuffisantes transmises aux représentants du personnel.

La décision judiciaire met aussi en lumière des lacunes dans la fourniture d’informations : Auchan s’est contenté de livrer des données économiques globales, omettant d’intégrer celles relatives aux trois sociétés exerçant un contrôle conjoint sur la maison-mère, Suraumarché, pilier de l’écosystème Mulliez.

1 000 salariés déjà reclassés, l’avenir encore incertain

Si la décision est synonyme de sursis pour tous les salariés concernés, elle ne signifie pas nécessairement une réintégration automatique de ceux déjà licenciés. Auchan, qui estime avoir déjà permis à 1 000 collaborateurs de « trouver une solution », dont 320 reclassements internes et 100 reprises externes, indique vouloir faire appel devant la cour administrative d’appel de Douai. L’enseigne précise d’ailleurs que l’affaire devrait être rejugée dans un délai de trois mois.

À ce jour, la justice a néanmoins enjoint l’État à verser 1 500 euros à la fédération CGT du commerce ainsi qu’au CSE d’Auchan E-commerce en réparation, actant la victoire temporaire des salariés et de leurs représentants.

Pour autant, Auchan souligne dans son communiqué que la décision du tribunal « ne critique en rien la qualité du plan de sauvegarde de l’emploi » ni « les efforts et les moyens déployés pour atténuer les conséquences des départs ». Une façon de préparer le terrain à une éventuelle refonte du PSE, dans le respect scrupuleux des procédures cette fois.

Ce rebondissement judiciaire s’inscrit dans un contexte de forte tension dans le secteur de la distribution, où les grands groupes font face à une double pression : maintenir leur compétitivité dans un marché toujours plus concurrentiel, tout en préservant l’emploi dans des bassins déjà fragilisés.

  • Le tribunal administratif de Lille a annulé le plan social XXL d’Auchan, sauvant temporairement 2 389 emplois, en raison d’irrégularités dans la procédure.
  • Les syndicats et représentants du personnel saluent cette décision.
  • Auchan fait appel de cette décision, l’avenir reste donc incertain pour les salariés.

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