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5 réseaux sociaux made in Europe pour ne plus dépendre des États-Unis ou de la Chine

Les réseaux sociaux américains sont en train de muter pour s’adapter à la politique de Donald Trump, et cela implique des changements radicaux à bien des égards.

L’élection de Donald Trump a marqué un tournant historique au sein de la Silicon Valley. Meta en est le parfait exemple, avec des changements radicaux opérés dans la politique de modération de ses plateformes, qui devraient davantage s’apparenter à X d’Elon Musk.

Problème, la plupart des Européens utilisent ces solutions quotidiennement, et se retrouvent désormais à la merci de ce virage à 180 degrés. Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Union européenne s’intensifient, voici plusieurs réseaux sociaux qui pourraient devenir des alternatives aux géants américains.

Mastodon

C’est sans doute l’une des plateformes les plus connues, car elle a bénéficié à plusieurs reprises de l’exode d’utilisateurs chez X, anciennement Twitter, suite au rachat d’Elon Musk. Il s’agit d’un réseau social de micro-blogging, pouvant aussi s’apparenter à Blusky ou Threads. Fondé en 2016 par un développeur allemand, Mastodon permet de partager des messages courts (jusqu’à 500 caractères), d’inclure des photos, des sondages et de suivre d’autres utilisateurs.

Sa principale différence avec X réside dans son architecture décentralisée : au lieu d’avoir un site unique, Mastodon fonctionne via de multiples serveurs, parfois organisés par thématiques (cuisine, art, tech…). Cette structure est gérée par une SARL allemande à but non lucratif, et le logiciel est entièrement open source. L’absence de publicité et la volonté de ne pas monétiser les données des utilisateurs sont au cœur de sa philosophie.

À noter que cette décentralisation peut soulever des questions, notamment concernant la modération des contenus. Chaque serveur étant géré indépendamment, le contrôle peut varier d’une instance à l’autre, ce qui ne résout pas nécessairement les problèmes d’hostilité et de contenus inappropriés que l’on peut trouver sur d’autres réseaux sociaux.

BeReal

Cap du côté de la France avec BeReal, le réseau social lancé en 2020 qui a fait un véritable carton chez les jeunes. Il se démarque par son concept unique d’authenticité : une fois par jour, les utilisateurs reçoivent une notification les invitant à partager du contenu dans les deux minutes qui suivent, favorisant ainsi la spontanéité plutôt que des publications soigneusement mises en scène.

L’année dernière, le spécialiste du jeu vidéo Voodoo a fait l’acquisition de BeReal pour 500 millions d’euros, ouvrant la voie à un changement dans le modèle économique de la plateforme. La société a également déployé les comptes certifiés, permettant aux marques de partager des moments authentiques avec leurs fans.

ID by Amo

ID est une autre plateforme made in France. Elle a plus particulièrement été lancée en 2023 par Amo, une startup parisienne cofondée par Antoine Martin, l’ancien créateur de Zenly. L’application se présente comme un canevas vide où les utilisateurs peuvent exprimer leur créativité en créant des profils personnalisés, rappelant l’époque de Myspace ou Tumblr. Les utilisateurs peuvent ajouter des stickers, des photos (automatiquement découpées), du texte et des dessins sur leur profil, créant ainsi un espace visuel unique qui peut être exploré via zoom et défilement.

Ce qui distingue ID des réseaux sociaux traditionnels, c’est son approche sociale interactive : les utilisateurs peuvent non seulement voir les profils de leurs amis, mais aussi ajouter du contenu à leurs profils, créant ainsi une expérience collaborative. L’application, qui a levé 20 millions de dollars avant même son lancement, vise à lutter contre la « solitude épidémique » en encourageant des interactions plus authentiques et créatives.

Yubo

Yubo est également un réseau social français, et il connaît un succès notable à l’international, particulièrement aux États-Unis et en Angleterre. Lancé en 2015 sous le nom de Yellow, il se distingue des réseaux sociaux traditionnels en permettant aux utilisateurs de se connecter avec des inconnus via des chats, des visioconférences et des lives, sans système de « likes » ni compteur d’abonnés. La plateforme, qui cible principalement la génération Z (85 % des utilisateurs en France ont entre 18 et 25 ans), a atteint la rentabilité en 2024.

Son modèle économique basé sur le freemium plutôt que sur la publicité : les revenus proviennent d’abonnements payants et d’achats in-app permettant aux utilisateurs de booster leur visibilité. Malgré son succès, l’application a dû faire face à des controverses concernant la sécurité des mineurs, la poussant à mettre en place des mesures de protection strictes, comme l’impossibilité pour les adultes d’interagir avec des profils de mineurs.

Whaller

Whaller est une plateforme collaborative et un réseau social d’entreprise français qui promeut une approche centrée sur la sécurité et la confidentialité des données. Son architecture unique est basée sur des « sphères », des espaces distincts qui permettent de créer des réseaux sociaux privés ou publics, offrant ainsi une meilleure protection et une utilisation simplifiée. La plateforme inclut une suite complète d’outils collaboratifs comme la messagerie, le chat, la visioconférence et le stockage de documents.

La solution, qui propose une version gratuite et des forfaits à partir de 3 euros par mois, se démarque par ses certifications de sécurité, notamment sa version DONJON qualifiée SecNumCloud, et par son engagement dans la souveraineté numérique française à travers son partenariat avec OVHcloud. En 2021, Whaller s’est même classée devant Microsoft 365 et Confluence en termes d’expérience utilisateur, selon le cabinet Lecko.

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