Ariane 6 se serait fait attendre jusqu’aux derniers instants, mais hier autour de 21 heures, heure de l’hexagone, la fusée a fini par quitter le sol terrestre depuis le pas de tir de Kourou en Guyane française. Les deux boosters d’appoint ainsi que le moteur central Vulcain ont parfaitement joué leur rôle, permettant aux 8600 tonnes de la fusée de s’envoler.
Une réussite complète
Il y avait beaucoup de craintes hier à Paris au centre du CNES, et même dans la salle de contrôle de Kourou. Tous étaient confiants, mais ils ne pouvaient s’empêcher de penser au pire pour cette fusée, tant les inconnues étaient nombreuses. Finalement, malgré un retard d’une heure suite à une alerte lors d’un contrôle de routine, la fusée a bien quitté la Terre.
Ariane 6 est la nouvelle lanceuse de la société ArianeGroup et sa mission peut désormais commencer. Dans son ensemble, ce premier vol s’est excellemment bien passé. Le centre de contrôle n’a fait remonter aucun problème particulier. Les 18 passagers présents à bord lors du décollage ont tous rejoint leur orbite.
Livraison réussie
Car Ariane 6 ne voyageait pas seule. La fusée européenne avait emporté avec elle 18 passagers sous sa coiffe. Elle avait pour mission de les déposer à des orbites différentes. Une manœuvre rendue possible par l’utilisation du moteur réallumable Vinci sur le deuxième étage de la fusée.
Cette innovation technique, qui manquait cruellement sur Ariane 5, permet à la fusée de déposer plusieurs charges utiles différentes en orbite. Au cours de ce premier vol, ce sont 18 expériences scientifiques et microsatellites qui ont rejoint l’orbite. À l’avenir, les charges utiles devraient être plus prestigieuses.
Un premier vol rassurant
C’est un grand ouf de soulagement pour l’Europe entière. Le premier vol d’Ariane 6 a balayé toutes les craintes sur de possibles soucis de fiabilité au sein de la fusée. Alors que son développement avait pris des années de retard (à cause du Covid-19 notamment), Ariane 6 a fini par voir le jour. Elle fonctionne aujourd’hui très bien.
Pour l’Europe, le retour d’une fusée européenne sur le marché des lanceurs offrant un accès à l’espace est très précieux. Le vieux continent pourra utiliser Ariane 6 dans les prochaines années pour lancer des satellites-espions, militaires et d’autres missions qui nécessitent une certaine souveraineté spatiale.
L’Europe peut souffler
Pendant plus d’un an, l’Europe a été privée de cette possibilité. Le vieux continent a dû patienter entre la dernière mission d’Ariane 5 et la première d’Ariane 6 ce mardi soir. Mais voilà que ce temps est révolu. Ariane 6 reprend du galon et la fusée semble avoir les épaules pour répondre aux différentes demandes émanant du vieux continent.
Outre l’intérêt stratégique évident pour l’Europe, le décollage d’Ariane 6 hier soir depuis Kourou permet de rappeler quelques vérités au monde entier. Le vieux continent n’est pas mort, il est toujours capable de rejoindre l’espace et de faire voler des fusées. Il sera un concurrent féroce pour SpaceX, RocketLab et les autres entreprises qui prennent position sur le marché du spatial.
Ariane 6, la nouvelle Ariane 5
Avec un premier vol sans le moindre accroc, Ariane 6 rallume le flambeau d’Ariane 5. L’ancienne fusée, aujourd’hui à la retraite, était capable de voler des dizaines de fois sans rencontrer le même problème technique. Elle était la lanceuse la plus fiable de son époque.
Beaucoup espéraient qu’Ariane 6 soit capable de l’imiter. Si ce premier vol ne permet pas d’être certain d’une fiabilité à toute épreuve, la fusée part néanmoins sur de très bonnes bases. Elle doit maintenant enchaîner les vols avec la même réussite, pour récupérer le titre de « fusée la plus fiable au monde », propriété d’Ariane 5 pendant des années.
À quoi faut-il s’attendre maintenant ?
ArianeGroup n’est pas SpaceX, il ne faut pas espérer un nouveau vol dans quelques semaines. La société va au contraire prendre tout son temps pour analyser les nombreuses données collectées. Une fois cette première, longue, étape de réflexion et de correction acquise, Ariane 6 pourra reprendre du service.
Dans les couloirs de l’entreprise, on espère qu’un deuxième vol sera possible avant la fin de l’année, mais rien n’assure aujourd’hui qu’ArianeGroup tiendra les délais. La société n’a fait aucune annonce officielle concernant un deuxième vol. Elle ne devrait pas prendre la parole avant plusieurs semaines sur ce sujet.
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8600 tonnes vous êtes sûr?c’est près de trois fois le poids de la SaturnV des années 60