Passer au contenu

Que faut-il attendre du décollage d’Ariane 6 prévu ce soir ?

Demain, le 9 juillet, la première Ariane 6 doit prendre son envol depuis Kourou en Guyane française. Une mission historique pour le spatial européen.

Ariane 6 n’est pas une fusée comme les autres, et les enjeux qui l’entourent sont immenses. Il n’est pas seulement question de rejoindre l’orbite, l’objectif est de rendre à un continent sa souveraineté spatiale. Un échec lors de cette première mission mettrait l’Europe à genou comme elle l’a rarement été dans son histoire.

Pour comprendre tous les enjeux derrière ce vol du 9 juillet, il faut revenir sur l’historique des fusées Ariane. Développée dans les années 70 par le CNES, le Centre national d’études spatiales, la première fusée Ariane décolle en 1979 depuis Kourou. L’objectif annoncé est de donner à la France une souveraineté spatiale face aux deux blocs de l’époque, l’URSS et les États-Unis.

Les fusées Ariane vont connaître leur apogée dans les années 2000. Avec le lancement de la cinquième génération, Ariane devient une référence mondiale. La NASA choisit d’ailleurs Ariane 5 pour lancer son télescope spatial James Webb, le « remplaçant » d’Hubble.

Ariane 6 Fusee
© ArianeGroup

C’est donc avec ce passé chargé qu’Ariane 6 se présente sur le pas de tir de Kourou. La fusée doit prendre la suite d’une aînée aujourd’hui à la retraite, mais aux lettres de noblesse reconnues par tous. Ariane 6 ne peut pas être une fusée moyenne, elle se doit d’être aussi exceptionnelle que sa grande sœur.

Le temps presse

Qui plus est, les équipes d’ArianeGroup ont une tout autre pression, imposée par le calendrier. En effet, Ariane 5 ne vole plus depuis plus d’un an, le temps presse pour l’Europe. Elle doit d’urgence retrouver une indépendance spatiale. Il est hors de question pour les agences militaires et stratégiques européennes de confier leurs satellites aux États-Unis, le vieux continent doit être capable de rejoindre l’orbite par lui-même.

Ce vol du 9 juillet sera donc la confirmation du début d’une nouvelle ère pour le spatial Européen. Du moins, c’est ce que tout le monde espère du côté de Kourou. Mais de nombreux doutes planent encore au-dessus de la fusée. Elle qui a mis tant de temps à se présenter debout sur le pas de tir.

Beaucoup d’inquiétudes

Récemment, Joseph Aschbacher, le président de l’agence spatiale européenne (ESA) a reconnu que «tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné.» Ariane 6 a enchaîné les déconvenues. Le projet de développement de ce premier modèle a été considérablement ralenti par la crise du Covid-19, avant de connaître d’autres défis de taille.

L’explosion du prix des matières premières, ainsi que la guerre en Ukraine ont été d’autre coup d’arrêt pour le projet Ariane 6. Finalement la fusée se présente cet été avec plus de quatre ans de retard sur le pas de tir.

Toutes ces inquiétudes pourraient néanmoins être balayées le 9 juillet avec un vol nominal. Toutes les critiques reçues par Ariane 6 pourraient disparaître, comme par magie, après un premier vol réussi. Reste maintenant à envoyer cette fusée dans l’espace. Le créneau de vol annoncé est toujours au soir du 9 juillet, autour de 21 heures, heure française. 

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech