Klarna, la fintech suédoise du paiement fractionné, a atteint les 100 millions de clients en 2021, peut-on apprendre dans son dernier rapport économique. L’annonce, qu’elle a profité de mettre en avant pour montrer son déploiement international, n’épargne pas une autre donnée, bien moins sympathique à première vue.
Pour pouvoir s’installer en Europe (en France y compris), mais aussi aux États-Unis et en Grande-Bretagne, Klarna a déboursé beaucoup d’argent. L’équivalent de 560 millions de livres sterling, soit 670 millions de dollars, rien qu’en 2021. De telles pertes sont à mettre en exergue d’autant plus que celles-ci ont augmenté de 500 % en un an.
Même pas peur
Afficher de telles pertes serait le cauchemar de nombreuses entreprises. Pour une startup, ce n’est pas le cas : mieux vaut se montrer agressif pour appuyer l’innovation et nourrir sa croissance. C’est d’autant plus vrai si les investisseurs continuent de répondre à l’appel pour injecter à nouveau de l’argent frais. C’est ainsi que la société recensait 147 millions de dollars en 2020 et 670 millions en 2021.
Klarna reste un cas extrême, d’autant plus dans un secteur aussi compétitif et évolutif que celui des solutions de paiement. Chez le Français Younited, qui propose aussi du paiement fractionné, les pertes s’élevaient à 20 millions d’euros l’année dernière, un nombre bien en deçà de Klarna.
Quelle est l’offre de Klarna ?
Pour pouvoir rentabiliser ses 100 millions d’utilisateurs, Klarna a bâtit une série de produits autour du paiement fractionné. Chez l’un des commerçants en ligne partenaires de la société, il est aussi possible de payer en une fois, d’obtenir des points de fidélité, et de profiter de rabais. Selon la société, qui ne veut pas se faire de mauvaise publicité, le paiement immédiat représente 40% des opérations.
“Mettons les pendules à l’heure une fois pour toutes. Les consommateurs doivent d’abord et avant tout payer avec l’argent dont ils disposent. Point final. C’est pourquoi nous continuons à étendre notre option de paiement immédiat”, expliquait son PDG Sebastian Siemiatkowski dans un communiqué. En France, la fonctionnalité est arrivée la semaine dernière.
Toutefois, les paiements fractionnés restent au centre de toute la stratégie et toute la rémunération de la société pour l’heure, car ils sont bien plus rentables. D’autres, comme Younited Credit en France, ont aussi senti venir l’intérêt économique d’un tel produit, mais restent persuadés que l’activité de crédit reste plus rentable et soutenable sur la durée.
40 milliards de $ de valorisation
En reste que pour pouvoir sortir du lot, pas d’autres choix que de se déployer partout, ce que semble réussir Klarna, valorisée à plus de 40 milliards de dollars et qui a généré plus de 80 milliards de dollars de vente via sa plateforme de paiement, en hausse de 42% sur un an.
Softbank qui a participé à la dernière levée de fonds de Klarna en juin 2021, se concentre davantage sur ces informations que sur les pertes. Lors de sa dernière opération, c’est d’ailleurs 639 millions de dollars qui ont renfloué les caisses de la fintech en provenance du conglomérat japonais.
Il ne sera pas surprenant alors que les futurs bilans de Klarna, comme de ses concurrents, continuent d’être dans le rouge et que les opérations de financement se poursuivent, avec des tours dépassant à chaque fois les 500 millions de dollars.
Sur un autre marché, plus traditionnel, la banque en ligne Boursorama a longtemps (et aujourd’hui encore) délaissé la rentabilité pour se pencher sur des investissements massifs. Résultat, grâce à cette prise de risque, l’établissement s’est érigé sur la première place en France avec plus de 3,3 millions de clients.
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