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Pourquoi les voitures hybrides rechargeables ne séduisent plus ?

Hier adoubée, aujourd’hui boudée. Annoncée comme le meilleur compromis entre voiture thermique et électrique, l’hybride rechargeable ne séduit plus. Mais pourquoi ?

-13%. Voilà le bilan des ventes de voitures hybrides rechargeables sur les neufs premiers mois de 2022 en France. Avec 88 555 véhicules vendus, les chiffres ne sont pas bons.

Durant les trois premiers trimestres de l’année, les consommateurs se sont tournés vers des modèles 100% électriques (140 000 unités vendues, +31%) ou hybrides conventionnels (131 000 unités, +27%). Cette tendance ne touche pas que la France mais l’Europe.

L’hybride rechargeable finalement plus polluant

« Plus lourds, moins efficaces et plus polluants, les hybrides rechargeables sont une fausse solution et n’ont aucune pertinence pour décarboner l’automobile ». Voilà comment Marie Chéron, spécialiste de l’automobile au sein de l’ONG européenne Transport & Environnement, définit les voitures hybrides rechargeables auprès du Monde.

Pour tirer ces conclusions, elle se base sur une étude de l’International Council for Clean Transportation (ICCCT) – organisme à l’origine du « dieselgate » – portant sur le comportement des conducteurs d’hybrides rechargeables. Réalisée en juin 2022, ses conclusions sont sans appel : une voiture hybride rechargeable émet « entre trois et cinq fois plus de CO2 » que le niveau retenu pour leur homologation.

Pourquoi un tel désamour ? L’hybride rechargeable promettait pourtant de réunir le meilleur des deux mondes : l’électrique en « zéro émission » pour les trajets urbains, le thermique pour les longs périples. Oui mais voilà : l’hybride rechargeable est majoritairement acheté par les entreprises (72% sont des véhicules de société).

Selon les experts, son principal avantage (rouler en électrique en ville) n’est pas du tout exploité. Du coup, l’essence même de l’hybride rechargeable est remise en question.

Mauvaise passe ?

Si les politiques européennes et les stratégies des constructeurs favorisent le passage au tout électrique, l’hybride rechargeable n’a-t-il pas encore une carte à jouer ? Alors que le coût de l’électricité augmente et que les tarifs des 100% électriques s’envolent, ne pourrait-elle pas connaître un vent favorable pour participer à la transition énergétique dans le monde des transports ?

Certains y croient encore. D’abord parce que les infrastructures pour le 100% électrique ne sont pas encore prêtes. « Avec le niveau actuel des infrastructures de recharge, la liberté de déplacement en voiture électrique reste limitée et l’on risque d’avoir des émeutes aux stations de recharge » explique au Monde Jean-Philippe Delaire, chef de projet pour les modèles hybrides sportifs chez Stellantis.

Pour Philippe Brunet, directeur de l’ingénierie mécanique de Renault, l’hybride rechargeable reste « une solution très efficace si on l’utilise correctement ». Pour preuve, les données des propriétaires de Renault Captur hybride rechargeable montrent que les consommateurs privés utilisent mieux cette technologie que les sociétés.

En rechargeant leur véhicule, ils consomment 3,5 litres aux 100 kilomètres. C’est certes deux fois moins bien que les 1,4 litre affichés sur les brochures, mais cela reste bien mieux qu’un modèle thermique.

Alors oui, l’hybride rechargeable est amené à disparaître puisque les véhicules neufs thermiques seront interdits en Europe d’ici 2035. Mais d’ici là, l’hybride rechargeable, à condition d’être utilisé convenablement, peut permettre une transition en douceur pour le grand public. En attendant que les infrastructures s’étoffent et que l’autonomie des véhicules électriques s’améliore.

Car pour l’heure, l’expérience 100% électrique reste intéressante pour les trajets du quotidien, mais pas pour les longues distances. C’est en tout cas ce qui ressort des essais auto en condition réelle. Nous avons même pu l’expérimenter chez Presse-citron lors de notre essai de la Mégane e-Tech.

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17 commentaires
17 commentaires
    1. Bonjour !

      Merci pour votre retour d’expérience. En effet, si la majorité de vos trajets sont urbains et que vous utilisez donc l’énergie électrique, votre consommation de carburant est très limitée. Comme quoi, l’hybride rechargeable reste une bonne transition avant le 100% électrique, pour certains conducteurs.

    2. Même constat que vous j’ai un Niro hybride rechargeable et je roule la plus part du temps en électrique pour moi c’est le meilleur compris.

  1. Encore faut-il pouvoir rouler de la sorte. Je roule actuellement avec un hybride rechargeable mais je ne peux pas le charger chez moi. Résultats. A l’aller 2,5l au cent et au retour….14litres minimum. Vivement mon prochain véhicule. Un diesel

    1. Bonjour,

      En effet, l’hybride rechargeable n’a d’intérêt que si on peut… le recharger. Malheureusement, il ne peut pas convenir à tout le monde, visiblement pas à vous.

      En revanche, pas sûr que le diesel soit la meilleure alternative. Il est amené à coûter plus cher que l’essence pendant encore un bon moment et le prix d’un modèle diesel est plus élevé qu’un modèle essence. Sans parler de l’entretien plus coûteux.

      Mais bien entendu, nous respectons votre choix.

      Bonne journée !

    1. Bonjour,

      Est-ce que par Full Hybride vous entendez hybride classique ? Si oui, le principe est différent : votre moteur électrique se recharge avec la force du freinage. Pour le coup, tout dépend de votre conduite. Chez certains conducteurs c’est une solution viable, chez d’autres pas du tout.

      1. Bonjour. Le full hybrid ne serait-ce pas plutôt le moteur électrique rechargé par le moteur thermique avec que la récupération de l’énergie au freinage entre autres ?

  2. Moi je suis du Québec, hiver froid et neige, j’adore mon Mitsubishi Outlander phev, je le branche à la maison, et au bureau, donc 95% de ma route pour le boulot est électrique, mais ça me permet de tracter une petite roulotte pour les vacances, et 4 roues motrices pour le chalet. Il n’existe pas encore de véhicules 100% électrique pouvant mettre d’une telle utilité. Avec une moyenne annuelle de 2,5 L/100km, je trouve ça dure à battre

    1. Bonjour Martin,

      En effet, votre expérience montre que l’hybride rechargeable peut être une bonne transition avant le 100% électrique. Vos données de consommation pour un véhicule de ce type sont aussi très intéressantes.

      Merci pour votre retour !

    2. Martin, cela me conforte dans ce modèle – plus vendu en France 🙁 – pour remplacer mon 4×4 (je veux conserver une carrosserie break).

      Dans la majorité des électriques, le tractage de remorque est impossible et pour mon usage quotidien d’automobiliste, le chargement électrique toutes les nuits à la maison est suffisant.

      Autre avantage le reste du temps, aller loin sans soucis de bornes électriques, recharger sur la route avec le moteur thermique ou conserver de l’électricité pour une fois arrivé à destination (je vais souvent dans la famille en Bretagne, à Rennes ou dans le Golfe du Morbihan (sans prise sur le parking dans ce cas), ou à Lyon (sans prise non plus), et les ZFE arrivent aussi là bas) tout en consommant bien moins que mon moteur actuel.

  3. Quand tu es sur le thermique tu te traines le poids de la batterie, ce qui engendre une surconsommation d’essence, et en électrique tu as une autonomie famélique et plus de te trainer le poids du thermique… Quelque soit le mode utilisé, tu traines un poids mort conséquent…

  4. Une fois encore tout découle de votre besoin et en l’espèce nous sommes tous différents. Je roule en hybride simple car retraité, je ne sors plus tous les jours pour aller travailler. Le tout électrique n’a pas plus d’intérêt pour moi car trop cher pour ma bourse, mais il est vrai que je pourrais louer au lieu d’acheter. je rêve d’un monde dans lequel nous aurions le choix mais la société actuelle veut nous imposer le tout électrique ce qui me paraît une hérésie car il existe d’autres solutions. Enfin quand je vois ONG je lis Groupe de pression et idéologie.

  5. merci de dire pourquoi ça ne marche pas dans les entreprises : les usagers ont souvent des cartes carburant GR, la boîte paye l’essence mais s’il faut charger la nuit au domicile, c’est dans le porte monnaie de l’employé que c’est pris, donc il a vite fait de se contenter de l’essence…

    Alors qu’un particulier fera le contraire car ça lui coûte moins cher en électricité qu’en carburant…

    Mais bon, n’oublions pas que ce sont les vendeurs qui font mal leur boulot, il y a peu, ils vantaient les bienfaits du diesel pour les petites voitures en ville, maintenant ils vendent surtout la bonus ou la prime “électricité” sans pousser le consommateur vers une utilisation idéale de leurs produits (surtout le consommateur “société”)

  6. Je suis à 0.8 L / 100 kms sur 20.000 kms avec un PHEV Niro.

    Effectivement les entreprises qui donnent un PHEV avec une carte carburant, forcement ils vont pas l’a recharger…

  7. Je possède un véhicule hybride rechargeable Mercedes classe B, et je suis très content de mon choix! C’est très bon compromis avec la plus part des mes trajets en ville, je suis à 0l/100 sur les deux derniers mois.
    Il m’arrive de mettre un plein pour les longs déplacements (vacances…) et si l’on gère bien sa conduite la consommation reste très correcte aux alentours de 4-5l/100. L’autre avantage est que les longs trajets se font en essence et une fois arrivé sur place on passe en électrique ce qui fait des économies et moins d’émissions en ville.

    Si je devais changer de voiture, je repartirais sans hésiter sur une hybride rechargeable

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