Passer au contenu

Comment Instagram tente de se racheter une bonne conscience sur la santé des jeunes

Comment une entreprise tech peut essayer de redorer son blason ? En ouvrant ses données aux chercheurs ainsi que ceux-ci étudient l’impact de sa plateforme sur la santé mentale des jeunes.

Confrontée à une vague croissante de reproches quant à ses effets potentiellement négatifs sur l’équilibre psychique des jeunes utilisateurs, Instagram a décidé de prendre les devants. En s’associant au Center for Open Science (COS), la plateforme s’engage à offrir un accès privilégié à ses données à une communauté de chercheurs. Doit-on y voir une véritable quête altruiste de vérité scientifique ou un simple désir marketing de se réhabiliter aux yeux du public ?

Transparence ou opération de charme ?

La filiale de Meta a ainsi annoncé le lancement d’un programme expérimental en collaboration avec le COS, permettant à un cercle restreint de scientifiques d’explorer ses données pendant une période de six mois. Ces derniers auront notamment accès à des informations telles que le nombre d’abonnements des adolescents, leur temps de connexion ou encore leurs paramètres de compte. Les seules informations qui resteront hors de portée des chercheurs seront les données démographiques ainsi que le contenu des publications, commentaires.

Curtiss Cobb, vice-président de la recherche chez Meta, a déclaré : « Parents, décideurs politiques, universitaires et entreprises technologiques s’efforcent de trouver la meilleure façon d’accompagner les jeunes dans leur exploration des espaces en ligne, mais nous avons besoin de plus de données pour comprendre pleinement la situation ».

Qu’on se le dise franchement, cette assertion semble toutefois plus destinée à apaiser les inquiétudes et à démontrer la bonne foi de la plateforme qu’à véritablement résoudre les problèmes soulevés.

Un passé controversé à racheter

L’affaire Haugen (surnommée « Facebook Files »), qui éclata en 2021, mit au jour des documents confidentiels de Facebook révélant (entre autres) que « les adolescents pointaient du doigt Instagram pour l’augmentation des troubles anxieux et dépressifs ». Ces révélations exercèrent une pression considérable sur Meta, engendrant des appels de plus en plus pressants à davantage de transparence et à un encadrement plus strict de ses pratiques.

Face à cette situation, Instagram déploya un arsenal de fonctionnalités visant à préserver l’intégrité de ses jeunes utilisateurs. Néanmoins, ces dispositions, perçues comme superficielles, ne parvinrent guère à dissiper les inquiétudes grandissantes. L’initiative d’ouvrir l’accès aux données à des chercheurs indépendants apparaît dès lors comme une nouvelle tentative de reconquête de la confiance perdue. Autrement dit : Instagram veut montrer patte blanche.

Cependant, Meta s’est abstenu de toute implication dans la sélection des projets de recherche, déléguant cette responsabilité au COS. Cette décision pourrait être interprétée comme un gage de transparence authentique. À moins qu’il ne s’agisse là d’une manœuvre habile visant à se prémunir contre d’éventuelles accusations de manipulation des conclusions scientifiques ? Nous verrons cela dans six mois !

  •  Instagram va collaborer avec le Center for Open Science pour ouvrir ses données aux chercheurs pendant six mois.
  • Une initiative visant à évaluer les effets de l’utilisation de sa plateforme sur la santé mentale des plus jeunes.
  • Une démarche qui pourrait également être perçue comme une stratégie pour regagner la confiance du public plutôt qu’une volonté réelle de régler les problèmes.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

TousAntiCovid
TousAntiCovid
Par : Gouvernement français
4.4 / 5
k324.5 avis