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Accès aux conversations chiffrées : l’attentat à Arras ravive la controverse

L’attentat qui a eu lieu à Arras soulève de vives interrogations à propos de l’accès aux messages chiffrés par les enquêteurs sur des plateformes comme Signal ou WhatsApp.

Le terrible attentat du 13 octobre qui aura coûté la vie de Dominique Bernard, professeur de lettres au collège Gambetta d’Arras est encore dans tous les esprits. Ce triste événement, en plus de soulever à nouveau le débat de la sécurité des enseignants, met en lumière une autre problématique : celle de la complexité d’accès aux conversations par les enquêteurs lorsqu’elles passent par des applications de messageries chiffrées. Un débat qui n’est pas sans rappeler celui de 2015, ou Telegram avait été pointé du doigt pour son rôle dans les attentats de Paris.

La difficulté d’accès aux messageries chiffrées

L’assaillant était fiché S, et les écoutes téléphoniques qui le concernaient n’avaient rien donné jusque-là, selon le Ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. D’où les questions restant en suspens concernant l’utilisation potentielle d’autres services de messageries comme Signal, Telegram ou WhatsApp. Avec leur cryptage de bout en bout, tout est imaginable. Avec un tel chiffrement, l’expéditeur et le destinataire sont les seules personnes qui peuvent lire le message.

Aucune interception possible, même pour les forces de l’ordre ou les créateurs des différentes applications. Pour la vie privée, c’est sympathique ; pour mener des opérations de surveillance, cette caractéristique est clairement une entrave.

Les données que WhatsApp peut délivrer aux enquêteurs sont très limitées : des données chiffrées, la liste des interlocuteurs et les adresses IP des personnes suspectées. S’ils peuvent toujours servir, ces éléments sont clairement insuffisants pour mener une surveillance convenablement.

L’équilibre entre sécurité et vie privée

WhatsApp est plutôt transparent avec les forces de l’ordre, et une notice existe même pour eux. Pour autant, celles-ci estiment – à juste titre – que leurs accès sont insuffisants. Cela fait plusieurs années que la police et autres services d’enquête réclament un plus haut niveau d’accès. Une backdoor (mécanisme d’accès qui permet de contourner les procédures d’authentifications classiques) qui leur serait très utile, notamment dans le cas d’investigations liées à la pédopornographie ou au terrorisme.

La plateforme répond par la négative car selon elle, si une telle mesure est envisagée, c’est tout leur système de chiffrement qui serait affaibli. Cela mettrait alors en danger la confidentialité des utilisateurs. Le patron de WhatsApp, Will Cathcart a même comparé cette mesure à l’installation de caméras dans toutes les maisons individuelles.

Le seul recours qu’il reste alors pour les enquêteurs : l’installation à distance d’un logiciel espion sur un téléphone suspect. Pour l’assaillant d’Arras, cela n’avait pas été mis en œuvre par la DGSI car celui-ci n’avait pas commis d’infraction avant de passer à l’acte. Une situation qui apparaît réellement comme un sac de nœuds impossible à délier, du moins tant que les opérateurs du privé comme WhatsApp et d’autres se réfugieront derrière la sacro-sainte confidentialité.

  • L’attentat du 13 octobre à Arras fait renaître le débat à propos de l’accès des enquêteurs aux conversations se déroulant par messageries chiffrées.
  • Les forces de l’ordre demandent des accès plus simples à ces conversations dans des cas d’investigations spécifiques.
  • La plateforme WhatsApp refuse catégoriquement d’assouplir son règlement à ce niveau-là.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. mdr, quand les ricains nous ecoutaient, fallait tout chiffrer ( cf edouard snowden), mais au premier attentat, faudrait tout mettre en claire… Je pense que vraiment il y a un manque evident de cellules grise en fonctionnement… Les demandes aussi futiles qu’epehermere ne nous meme dans le mur, faute a des regles claires et intemporelle

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