Passer au contenu

Adieu kilos en trop : comment transformer la graisse en brûleuse de calories

C’est une étude qui nous vient tout droit de l’Université de Californie à San Francisco qui vient de nous révéler cette technique.

Cette recherche a été publiée le 1ᵉʳ juillet dans la revue The Journal of Clinical Investigation. L’équipe de scientifiques à l’origine de celle-ci ont mis au point une technique inédite, permettant de transformer la graisse blanche, souvent pointée du doigt dans la prise pondérale, en graisse brune, réputée pour sa capacité à consumer efficacement les calories. Cette avancée pourrait donner naissance à des solutions thérapeutiques nouvelles dans la lutte contre l’obésité.

Pour rappel, l’obésité est une maladie chronique complexe caractérisée par une accumulation excessive de graisse corporelle qui présente un gros risque pour la santé. Elle est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. Selon les chiffres de l’OMS : « En 2022, 2,5 milliards d’adultes de 18 ans et plus étaient en surpoids et sur ce total, plus de 890 millions étaient obèses, ce qui représente 43 % des adultes de 18 ans et plus en surpoids (43 % des hommes et 44 % des femmes) ; cette proportion a augmenté par rapport à 1990, où elle était de 25 % ». L’obésité est donc devenue en 30 ans l’un des enjeux de santé publique mondiale les plus importants.

Une révolution dans la compréhension du rôle des graisses

De manière conventionnelle, on distingue deux types de tissus adipeux : la graisse blanche (White Adipose Tissue) et la graisse brune (Brown Adipose Tissue). La première joue le rôle de réservoir lipidique à long terme, se nichant sous l’épiderme et autour des organes pour assurer une fonction d’isolant et d’amortisseur.

À l’inverse, la graisse brune, riche en générateurs cellulaires, consume les lipides pour produire de la chaleur, s’avérant particulièrement précieuse chez les nourrissons et les mammifères hibernants (marmottes, loirs, ours ou hérissons par exemple).

Cette différenciation a longtemps servi l’espèce humaine au cours de son évolution. En effet, pendant les périodes de glaciation et de pénurie alimentaire, la graisse blanche permettait aux adultes de stocker de l’énergie pendant les périodes d’abondance pour survivre durant les périodes de famine. En parallèle, la graisse brune aidait les nourrissons et les jeunes enfants à maintenir leur chaleur corporelle, vitale pour leur survie dans des environnements froids où la capacité à générer de la chaleur interne était essentielle à la survie.

Problème : dans nos sociétés contemporaines, caractérisées par une surabondance de graisses alimentaires et une sédentarité croissante, la graisse blanche tend à s’accumuler de manière excessive, au détriment de notre santé.

Le rôle clé de la protéine Klf15

Les scientifiques Brian Feldman et Liang Li, auteurs de l’étude, ont enquêté sur les mécanismes permettant de transmuter la graisse blanche en graisse brune, cette dernière étant réputée pour sa capacité à consumer les calories. Leurs travaux se sont focalisés sur une protéine spécifique dénommée Klf15, abondamment présente dans la graisse blanche.

En éliminant le Klf15 chez des rongeurs, ils ont constaté une transformation de la graisse blanche en un tissu adipeux plus actif et thermogénique, s’apparentant à la graisse brune. Cette transmutation s’opère grâce à l’augmentation de la production d’un récepteur adrénergique (protéine située à la surface des cellules qui reçoivent et répondent aux signaux de l’adrénaline et de la noradrénaline) baptisé Adrb1.

En l’absence de Klf15, les niveaux de ce récepteur s’accroissent, facilitant ainsi la conversion de graisse blanche en graisse brune. En d’autres termes, privée de Klf15, la graisse blanche adopte un comportement similaire à celui de la graisse brune, consumant davantage de calories et générant de la chaleur. Une découverte qui laisse imaginer le développement de nouvelles approches thérapeutiques dans le traitement du surpoids et de l’obésité.

Des applications thérapeutiques très prometteuses

La mise en lumière de ce mécanisme ouvre des horizons thérapeutiques considérables. Si des études cliniques explorent actuellement l’utilisation de molécules agonistes des récepteurs Adrb3 (substances qui, lorsqu’elles se lient à ces récepteurs, les activent et mimant l’effet de l’adrénaline et de la noradrénaline) pour optimiser le métabolisme, cette recherche suggère que le récepteur Adrb1 pourrait constituer une cible thérapeutique encore plus pertinente.

Les travaux de Feldman et de ses collaborateurs ont révélé qu’en inhibant l’expression de Klf15, non seulement les cellules de graisse blanche peuvent se différencier en cellules de graisse beiges (un phénotype intermédiaire entre le blanc et le brun) mais que cette transition cellulaire s’avère également plus accessible qu’on ne le pensait initialement.  Il faut voir cette technique comme une forme de biohacking ou de reprogrammation des cellules adipeuses.

Les résultats de ces travaux sont très prometteurs, mais le plus gros reste à faire : les traduire en traitements efficaces. Néanmoins, cela ne règlera absolument pas le problème de l’obésité à la source, qui est une maladie multifactorielle : mauvais comportements alimentaires, stratégies délétères des acteurs de l’agro-alimentaire favorisant la malbouffe (un excellent reportage d’Arte traite cette problématique), facteurs génétiques, métaboliques ou environnementaux. Cela reste toutefois un immense progrès dans la compréhension des mécanismes métaboliques du corps humain.

  • Des chercheurs ont mis au point une technique permettant de convertir la graisse blanche en graisse brune pour brûler des calories plus efficacement.
  • Cette découverte pourrait mener à de nouvelles approches pour traiter le surpoids et l’obésité en reprogrammant les cellules adipeuses.
  • Malgré cette avancée, l’obésité reste une maladie complexe et si un traitement émerge un jour de ces recherches, il ne réglera pas le problème à la racine.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

TousAntiCovid
TousAntiCovid
Par : Gouvernement français
4.4 / 5
k324.5 avis