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Coup médiatique et action en justice : l’affaire Fortnite est lancée

Epic Games entre en guerre contre le monopole d’Apple et Google. Fortnite ouvre une affaire à l’ampleur inédite.

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Fortnite affaire
© Unsplash / Joshua Hoehne

Si la justice américaine ne prend pas de mesures face au monopole de ses géants technologiques, la concurrence le fera. Quinze jours après une allocution des quatre PDG des GAFA face au Congrès, la guerre antitrust prend la forme d’une guerre véritable guerre commerciales aux multiples conflits d’intérêts.

Au petit matin, le vendredi 14 août, les smartphones du monde entier se sont allumés sans plus pouvoir télécharger l’un des jeux les plus populaires de ces dernières années. Fortnite a disparu des magasins d’applications du Play Store et de l’App Store, et son éditeur Epic Games a engagé un procès contre Apple et Google.

Les plaintes sont lourdes et la couverture médiatique sera dense : comme une pièce écrite de A à Z, Epic Games a publié une vidéo symbolique, reprenant l’une des publicités phares du Macintosh, en 1984. Apple, en tout premier lieu, s’est fait avoir en devenant la cause qu’il combattait il y a de cela trente ans.

Pourquoi Apple et Google ont banni Fortnite ?

Les origines de cette affaire, qui pourrait prendre des mois à se résoudre, remontent à la veille. Sur Fortnite mobile, plateforme où des millions de joueurs ont pour habitude de payer des tenues et différents accessoires de personnalisation, Epic Games a proposé un nouveau moyen de paiement affichant des prix 20 % moins élevés. Ce n’était pourtant pas les soldes sur Fortnite, mais plutôt – et pour la première fois – un nouveau moyen de paiement « direct », ne passant pas par un achat par l’intermédiaire de l’App Store (Apple) ou du Play Store (Google).

La réduction n’était autre que la part de commission que se prend chacun des deux magasins d’application sur les revenus des éditeurs – de jeux vidéo comme d’applications classiques. Epic Games avait trouvé un moyen de contrecarrer cela. Apple, en premier lieu, mit seulement quatre heures à réagir. Le jeu fut supprimé de l’App Store, puis de Google. L’affaire #FreeFortnite débuta.

Une affaire orchestrée par Fortnite

L’affaire s’est accélérée en fin de soirée, jeudi 13 août, quand Epic Games réagit directement à la prise de décision des géants de la tech américains. L’ampleur a été inédite alors qu’un procès a directement été engagé envers la marque à la pomme, avant que l’éditeur du jeu ne publie une vidéo pour dénoncer le monopole d’Apple et faire un grand coup médiatique.

En quelques heures, la vidéo a été visionnée des millions de fois, le sujet est monté dans les tendances de Twitter et au sein du jeu la communauté pouvait visionner cette courte vidéo à la manière du dernier concert de Travis Scott sur Fortnite.

Epic Games a attaqué Apple en justice tout en cherchant à gagner l’opinion publique. Pour cela, un hashtag a été lancé, « Free Fortnite », et la vidéo dénonciatrice a soigneusement repris les codes de l’une des campagnes publicitaires les plus importantes d’Apple à ses débuts, visant à casser le monopole de firmes comme IBM. Les rôles s’inversent. Fortnite ouvre un gigantesque débat tech à l’ampleur inédite.

Affaire Fortnite

Fortnite par Epic Games compte bouleverser l’usage du jeu vidéo © Unsplash / Joshua Hoehne

Une « guerre » débutée bien plus tôt

Maintenant que les deux plus importants magasins d’applications au monde ne proposent plus Fortnite, le jeu va devoir conduire ses nouveaux utilisateurs à passer par son site officiel. Mais Epic Games l’avait certainement prémédité, et ce bannissement ne sera que profitable pour l’image du jeu. Les conflits entre Epic Games et Google et Apple ne datent pas d’hier, d’ailleurs.

En avril 2018, Fortnite avait déjà été retiré du Play Store. Le contournement des 30 % de commission par Google était déjà la raison. Le jeu avait passé près de deux ans à inviter ses utilisateurs sous Android à passer par le site officiel de l’éditeur. « Google désavantage les logiciels téléchargeables en dehors du Play Store, par le biais de mesures techniques et commerciales telles que des fenêtres contextuelles de sécurité effrayantes et répétitives pour les logiciels téléchargés et mis à jour » déclarait Epic Games au mois d’avril dernier, à ce sujet.

Google se met entre Fortnite et OnePlus

Epic Games s’est bien préparé avant de lancer cette affaire. Semble-t-il que selon nos confrères de The Verge, le procès qui mènera Google et l’éditeur en justice tournera autour d’une autre révélation. Ces derniers mois, Google aurait fait pression sur OnePlus, qui devait signer un accord pour livrer ses nouveaux smartphones avec le jeu Fortnite préinstallé.

Google « a forcé OnePlus à renoncer à l’accord », peut-on lire sur le dépôt de plainte relayé par nos confrères américains, en ajoutant que Google « a exigé que OnePlus ne mette pas en œuvre son accord avec avec Epic à l’exception limitée des appareils mobiles vendus en Inde ». L’extrait de la plainte est disponible ci-dessous.

Epic Games plainte Google

© The Verge

Une affaire controversée

Mais finalement, que cherche Fortnite à travers cette action médiatique et ces différents procès en justice ? Le jeu phénomène, attire à la fois la communauté gaming tout en travaillant à devenir une véritable plateforme sociale et culturelle. Mais il est loin d’être le produit dont il veut faire passer l’image. Derrière lui, Epic Games est déjà un géant. Valorisé 17,3 milliards de dollars, il est un acteur majeur de l’industrie vidéoludique, mais aussi et surtout détenu à 40 % par Tencent, l’autre géant de la tech, côté chinois.

Le contexte est délicat alors que la tech est devenu le champ de bataille des conflits commerciaux sino-américains. En parallèle, d’autres tensions entre les deux pays se rassemblent autour de TikTok, menacé d’être banni aux États-Unis si sa maison-mère ByteDance ne décide pas de vendre ses activités à des entreprises américaines comme Microsoft, la favorite.

Spotify s’ajoute à la lutte

Les monopoles de Google et Apple, qui sont au centre des questionnements du sous-comité antitrust à la Chambre des députés, est un point qui continue de freiner les autres acteurs de la tech. Si bien que le plus connu d’entre eux, Spotify, a rejoint le débat en publiant lui-même un communiqué. Dans ce dernier, le service de streaming musical rappelle ses différends avec Apple, que ce soit en termes de commission, mais également d’accès à l’écosystème. Spotify accuse régulièrement Apple de privilégier son application Apple Music aux utilisateurs des produits Apple, sans laisser libre arbitre à ces derniers quant à l’application de leur choix.

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