- L’IA s’est invitée au dernier salon aéronautique du Bourget, quitte à causer quelques turbulences parmi les pilotes
- Airbus est en train de faire plus de place à l’intelligence artificielle dans le cockpit au point de pouvoir totalement remplacer les pilotes pendant certaines phases de vol
- Le SNPL, principal syndicat des pilotes, décrit cette technologie comme un vrai cauchemar
Plusieurs phases de vol sont déjà largement automatisées dans les avions de ligne, mais l’attention, l’expérience et le talent des pilotes restent toujours la pierre angulaire de la sécurité du transport aérien. De facto, les systèmes de pilotage automatique actuels sont programmatiques, et ne reposent pas (ou très peu) sur de l’intelligence artificielle.
Mais cela pourrait très vite changer, comme en témoigne le projet eMCO que développe Airbus. Très concrètement, ce programme vise à “améliorer la gestion de la fatigue des équipages sur les vols long-courriers et à leur permettre de mieux organiser leur présence dans le cockpit pendant les phases de croisière, grâce à des fonctions automatisées supplémentaires”, explique un porte-parole d’Airbus à nos confrères de 20minutes.
Airbus veut que l’IA puisse prendre totalement les commandes des avions de ligne
Pour cela, Airbus compte donner plus de prérogatives à l’IA dans le cockpit. Au risque, selon le SNPL, principal syndicat des pilotes, que ces pilotes automatiques d’un nouveau genre “viennent [à terme] remplacer un pilote humain”. Un commandant de bord chez Air France décrit ainsi la possibilité qu’une “intelligence artificielle prenne seule les commandes de l’avion, tandis qu’un pilote dort à l’arrière et que le deuxième dort aussi peut-être à l’avant” , comme une vision cauchemardesque.
En fait, comme le rappelle 20 minutes, à l’heure actuelle, il peut y avoir jusqu’à quatre pilotes dans les vols long-courriers, dont deux en permanence aux commandes. Une manière de préserver la fatigue, en organisant des rotations, mais aussi d’effectuer plus de vérifications croisées. Avec son nouveau système, Airbus pourrait convaincre à terme la plupart des compagnies de se contenter désormais d’un minimum de deux pilotes par soucis de rentabilité.
Avec une IA capable de prendre totalement relais en cas de fatigue ou de malaise. Airbus a d’autres projets semblables dans les cartons, comme le projet DragonFly – mais ces derniers sont moins clivants. Avec DragonFly, en effet, il s’agit surtout de pouvoir automatiser les atterissages d’urgence en cas d’avarie. Une assistance qui peut se révélér précieuse en cas d’incident.
A en croire le SNPL, la technologie eMCO pourrait arriver très vite, d’ici à peine 2 ans, en commençant par les A350. De son côté Airbus se défend de toute intention hostile envers la profession, et souligne que le dispositif ne vise qu’à accroitre “la sécurité des vols et l’efficacité des compagnies aériennes”. Et l’avionneur d’insister : “nous pensons que les pilotes resteront au cœur des opérations dans le futur”.
Pensez-vous également que le métier de pilote restera indispensable dans les 10 prochaines années ? Ou au contraire que la profession va subir comme de nombreux autres secteurs les effets grandissants de l’IA ? Partagez votre avis dans les commentaires.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.