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L’app de trading Robinhood cachait quelque chose, et pourrait le payer très cher

Grâce à une enquête de la SEC, la plateforme de trading sans commission dévoile un peu plus son secret.

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Robinhood
© Robinhood

Être un courtier et ne pas faire payer de commission, voilà comment la startup américaine Robinhood est arrivée au fil des années à faire sa place dans le monde du trading. Jusqu’au point de devenir une licorne, puis une décacorne, avec près d’un milliard de dollars levé depuis le début de l’année 2020.

Pourtant, les derniers mois de Robinhood n’ont pas été les plus simples. En mars, lors du krach boursier, la plateforme avait connu un bug d’une journée faisant perdre de l’argent aux utilisateurs qui n’avaient plus accès à leur portefeuille. En même temps, son modèle ultra-disponible à tous avait connu des déboires avec en particulier le suicide d’un jeune qui avait perdu plus de 700 000 dollars en bourse via Robinhood.

Cette semaine, le Wall Street Journal rapporte qu’une autre difficulté est venue s’ajouter dans la foulée. Le SEC (Securities and Exchange Commission), qui contrôle les marchés financiers américains, aurait ouvert une enquête sur Robinhood au sujet de la divulgation tardive d’une information liée à son modèle d’affaires.

On en sait maintenant plus sur le modèle de Robinhood

La startup aurait omis d’informer que son modèle se basait sur de la vente de flux d’ordres de ses clients à des sociétés de trading à haute vitesse. L’ensemble des données à grande échelle des ouvertures de positions achat ou vente des utilisateurs Robinhood était vendu à d’autres sociétés pour que celles-ci puissent avoir un coup d’œil sur le marché et les mouvements en temps réel, voire qu’elles puissent faire passer des ordres avant mêmes ceux des clients Robinhood.

La SEC ne chercherait pas à enquêter sur cette pratique en tant que telle, qui est courante dans le milieu, bien que critiquée pour le conflit d’intérêts qu’elle installe. Selon les sources proches du dossier interrogées par le Wall Street Journal, le problème viendrait plutôt du fait que Robinhood n’ait pas renseigné cette activité de 2013 à 2018. Et aujourd’hui encore, l’information n’est pas explicite pour les utilisateurs.

Quand c’est gratuit, c’est que c’est…

La situation est la suivante : une amende de 10 millions de dollars suspendrait au-dessus de l’application de trading. Si Robinhood ne décide pas de la régler, alors l’organisme de régulation pourrait continuer son enquête. Au WSJ, Robinhood a déclaré qu’ils s’efforçaient de « maintenir des relations constructives avec nos régulateurs et de coopérer pleinement avec eux ».

Si l’amende ne fait pas peur, une remise en cause de ce modèle d’affaires pourrait fortement impacter la plateforme et ses utilisateurs gratuits. Mais au moins, si l’affaire se médiatise, ce sera une bonne occasion de rappeler que même dans l’univers de la finance, les offres sans abonnement suivent la même logique que sur le reste d’internet : quand c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit.

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