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Fintech

En quatre mois, Robinhood a levé près d’un milliard de dollars

L’app de trading atteint des sommets. De mai à août, la fintech a réussi à boucler trois levées de fonds à plus de 200 M$.

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Robinhood application
© Robinhood

Robinhood est maintenant une décacorne, autrement dit une startup non cotée en bourse et à la valorisation dépassant les 10 milliards de dollars. Il y a un mois seulement, la société de la Silicon Valley en était encore loin. Mais son extraordinaire croissance et les spéculations autour de la plateforme de trading ont eu leur petit effet : la fintech vient de boucler une troisième levée de fonds en seulement quatre mois.

Cette Série G a permis d’accueillir D1 Capital Partners, un investisseur qui avait déjà rejoint le capital de la fintech britannique TransferWise à la fin du mois de juillet. Pour Robinhood, la période estivale fut des plus fructueuses dans l’univers des startups. Son tour de table lui a permis d’empocher 200 millions de dollars supplémentaires, l’occasion de cumuler l’équivalent de 800 millions de dollars depuis le mois de mai, et venir se positionner comme un acteur très prometteur dans le courtage, aussi bien sur des produits classiques (actions) que sur des crypto-monnaies.

Ainsi, Robinhood est maintenant valorisé 11,2 milliards de dollars, dépassant largement les 8,6 milliards de dollars annoncés lors de la dernière Série F du 13 juillet dernier lors de laquelle l’application de trading avait levé 300 millions de dollars. La prochaine étape, si la direction de la société le confirme, sera une introduction en bourse. Une projection dantesque, alors même que son activité n’a pas encore été déployée en Europe.

Doutes sur le modèle économique

Mais son succès aux États-Unis est largement suffisant pour classer Robinhood parmi les startups en hypercroissance. Son nombre d’utilisateurs est passé de 6 millions en 2018 à plus de 13 millions selon les dernières informations officialisées par l’application de trading. Par ailleurs, à l’image des néo-banques comme Revolut et N26, son modèle économique actuel est condamné à engranger des dizaines de millions de clients pour pouvoir trouver l’équilibre économique.

C’est pourquoi à l’heure actuelle, Robinhood ne communique pas à ce sujet. La société annonce seulement avoir réussi à atteindre 180 millions de dollars de revenus lors du second trimestre, un montant tout de même très prometteur mais qui – à l’image des résultats financiers de Revolut en 2019 – n’indique rien quant au niveau des pertes : la néo-banque déclarait plus de 218 millions de dollars de revenus, mais du fait de ses sommes astronomiques en investissements, accusait de pertes de 138 millions de dollars.

Autre défi pour Robinhood : continuer à essuyer les critiques quant à son incitation à la dépense. Certains critiquent l’interface aux couleurs et aux boutons poussant aux comportements compulsifs. Il faut dire que l’application de fintech avait connu le pire des cauchemars, avec la mort d’un jeune utilisateur de 20 ans, s’étant suicidé à la suite de l’enregistrement d’un solde négatif de plus de 730 000 dollars, au début de l’été.

Pour arriver à garder son accessibilité tout en évitant les abus, la société avait mis en place tout un programme de ressources éducatives. La dernière levée de fonds a été l’occasion pour Robinhood de revenir sur le sujet. Sa nouvelle page consacrée à cette bataille aurait gagné 250 % de trafic depuis la mort du jeune utilisateur.

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