550 NFT. Voilà le préjudice évalué par Nike elle-même. L’entreprise attaque en justice StockX, un revendeur de sneakers en NFT. Elle l’accuse d’avoir vendu plus de 550 NFT de baskets affublées de la célèbre virgule alors que ces collections n’ont pas été approuvées par la marque.
Nike reproche à StockX d’utiliser « la marque Nike en les vendant (les NFT) à des prix gonflés à des consommateurs peu méfiants qui croient ou sont susceptibles de croire que ces ‘actifs numériques’ sont approuvés par Nike alors qu’ils ne le sont pas ». L’entreprise porte plainte pour vol et contrefaçon, réclame des dommages et intérêts et, surtout, demande la cessation immédiate des ventes.
Le business juteux des NFT
Cette plainte survient alors que, à l’instar de nombreuses autres marques, Nike s’est lancée corps et âmes dans le business juteux des NFT. L’américain a acquis en décembre dernier une entreprise spécialisée dans le domaine pour créer des chaussures virtuelles pour le métaverse. Alors, forcément, une plateforme qui revend des baskets frappées de son sceau pour plusieurs milliers d’euros la paire, ça ne plaît pas.
Trop naïfs chez Nike ? Sans doute. L’entreprise semble en effet découvrir les “dérives” du marché des NFT. « Ce nouvel horizon est rapidement devenu un terrain de jeu pour les acteurs de la contrefaçon (…) qui utilisent des marques déposées sans autorisation pour vendre leurs produits virtuels et générer des profits mal acquis » a déclaré Nike.
Peut-on parler de dérives ?
Peut-on réellement parler de dérives lorsque l’essentiel du marché des NFT repose sur des pratiques bafouant toutes les notions de propriété ? OpenSea, la plus grande plateforme d’échange et de création de NFT le reconnaît elle-même : plus de 80% des NFT créés gratuitement sur sa plateforme sont des faux, des plagiats ou des spams.
« Nous travaillons sur plusieurs solutions pour nous assurer que nous soutenons nos créateurs et créatrices tout en dissuadant les malfrats » a voulu rassurer OpenSea sur Twitter.
Pourtant, pas un jour ne passe sans que l’on entende parler d’une arnaque aux NFT. Metamask s’est fait volé ce week-end pour 3 millions de NFT par exemple. Le système manque tellement de contrôle que des vendeurs de NFT parviennent à tricher en rachetant leurs propres œuvres pour faire grimper leur valorisation. 262 vendeurs ont réussi à tirer un profit de 7 millions d’euros en utilisant cette méthode.
Il semble alors difficile de faire valoir ses droits sur un marché pour le moment anarchique. Et si l’idée de base des NFT semblait prometteuse, la tournure des évènements en fait pour le moment un marché de pure spéculation, avec ses gagnants et, surtout, ses perdants.
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Quelle arnaque ces NFT !