Le VPN n’est plus un outil de geek. En France, il s’est installé dans le quotidien de millions d’internautes pour se protéger sur le Wi-Fi d’un hôtel, regarder un programme depuis l’étranger ou échapper au regard de son FAI. Le 4 juin 2025, quand Aylo a rendu Pornhub inaccessible dans l’Hexagone pour protester contre les nouvelles règles de vérification de l’âge, Proton VPN a vu ses inscriptions bondir de 1 000 % en une demi-heure. La demande est là, elle est massive et une bonne partie de ces nouveaux utilisateurs ne veulent pas payer.
C’est précisément sur ce terrain qu’Avast vient de s’avancer. Depuis le 4 novembre, l’éditeur tchèque propose en France un VPN gratuit. Il suffit d’une adresse e-mail pour s’inscrire : pas de carte bancaire, pas de période d’essai qui se transforme en abonnement, et pas de date d’expiration non plus. “Les VPN gratuits ont conditionné les utilisateurs à toujours s’attendre à une contrepartie, tandis que le reste des offres les a convaincus que la liberté d’accès à Internet est un privilège”, résume Richard Watts, directeur d’Avast.
Sur le papier, l’offre a de quoi surprendre par sa générosité : les données ne sont pas plafonnées, le nombre d’appareils non plus, sur Windows, Mac, Android et iOS. La connexion est chiffrée avec le protocole WireGuard qui s’est imposé comme la référence du secteur, et l’application intègre un kill switch qui coupe Internet si le tunnel VPN tombe ainsi qu’une protection contre les fuites DNS. On peut même mettre le VPN en pause pendant 15, 30 ou 60 minutes, le temps de consulter une application bancaire récalcitrante, avant qu’il ne se réactive tout seul.

Trois pays, choisis une bonne fois pour toutes
Au moment du premier lancement, l’application demande de sélectionner trois emplacements de serveurs parmi une liste de 40 disponibles, de Paris à Tokyo en passant par Londres, Madrid ou Chicago. Une fois la sélection confirmée, il vous sera alors impossible de revenir en arrière : vous pouvez ensuite basculer ensuite librement d’un serveur à l’autre, mais seulement entre ces trois-là.
La contrainte peut sembler sévère mais elle est en réalité bien pensée – et c’est sans doute la meilleure idée de cette offre. Chez Proton, l’autre grand nom du VPN gratuit, c’est le service qui choisit le pays de connexion parmi une petite dizaine sans que l’utilisateur ait son mot à dire (et sur un seul appareil). Avast fait le pari inverse : moins de variété, mais des destinations que l’on a choisies soi-même.
C’est ultra pratique parce que cela vous garantit la possibilité d’avoir une IP dans trois pays donnés (ce qui n’est pas le cas chez Proton, où vous aurez une IP dans un pays qu’il aura lui-même choisi, ce qui rend le VPN très frustrant et limité). Par exemple, vous pouvez choisir un serveur en France pour retrouver vos plateformes habituelles en vacances ou en déplacement, un autre aux États-Unis ou au Royaume-Uni pour les contenus de plateformes vidéos qui y sont réservés ou encore un dernier tout proche pour profiter des meilleurs débits : pour l’immense majorité des usages, le compte est bon.
Je découvre le VPN gratuit d’Avast
« Nous n’avons pas conçu Avast VPN en évaluant les limites que nous pouvions imposer aux utilisateurs. Nous nous sommes demandé ce qu’un VPN devait réellement offrir, puis nous avons décidé de le proposer gratuitement », explique Himmat Bains, responsable produit d’Avast VPN. En revanche, il faudra tirer un trait sur des fonctionnalités plus avancées (et moins utiles pour le grand public) comme le tunnel fractionné, le double VPN, le bloqueur de traqueurs ou l’accès aux 140 emplacements. Dernier point utile à savoir : le débit est bridé sur le VPN gratuit, vous aurez donc une vitesse légèrement plus faible que sur la version Avast Premium VPN (c’est pareil chez Proton VPN).
Une gratuité qui ne se paie pas en données
Il ne reste désormais plus que la question qui fâche et qui colle à la peau des VPN gratuits depuis des années : si le service ne coûte rien, comment se finance-t-il ? Trop d’applications ont répondu en truffant leur interface de publicités ou, pire, en revendant l’historique de navigation de leurs utilisateurs. Avast assure ne rien tracer, ne rien stocker et ne rien revendre. Sa politique de non-conservation des journaux fera l’objet d’un audit indépendant annuel qui sera confié au cabinet VerSprite et dont le premier est prévu ce mois-ci (les résultats seront publiés sur son site, mais l’effort montre l’envie de transparence).
Le modèle économique n’a rien de mystérieux : c’est celui du freemium qu’Avast pratique depuis des années avec son antivirus gratuit qui est le meilleur de sa catégorie : vous avez version gratuite solide qui donne envie à une partie des utilisateurs de passer un jour à l’offre payante. Il y a donc une grande nuance avec tous les autres acteurs sur le gratuit (Proton fait de même) : c’est une logique qui ne repose pas sur l’exploitation des données mais sur la qualité du produit.
Avec cette offre, Proton perd en tout cas son quasi-monopole sur le VPN gratuit et sérieux. Pour qui cherche un service fiable, sans quota, utilisable sur tous ses appareils et dont on choisit soi-même les pays, Avast VPN coche aujourd’hui toutes les cases. Et ne coûte rien.
Je découvre le VPN gratuit d’Avast
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