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Banques françaises : révélations explosives sur le financement des énergies fossiles

Leur financement dans le pétrole et le gaz a même augmenté entre 2021 et 2022.

Sept ONG pointent du doigt les banques BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale sur leur soutien aux énergies fossiles, dans le nouveau rapport annuel Banking on Climate Chaos. Montants à l’appui, celles-ci ont montré que les établissements français arrivaient en tête du classement des plus gros contributeurs européens aux investissements polluants, dans des entreprises comme TotalEnergies, BP et Eni.

En un an, le montant de l’investissement reviendrait à 15 milliards d’euros, partagés entre les trois plus grosses banques françaises, soit plus que le volume de financement accordé en 2021. À l’échelle mondiale, le montant de financement est toutefois en baisse de 16 % et pour la première fois rendu à un niveau comparable à 2016. Pour en arriver à ces chiffres, les ONG qui comprennent notamment les Français des Amis de la Terre et de Reclaim Finance ont pris en compte leur accès au crédit, les émissions d’actions et d’obligations, dans toutes les entreprises du pétrole, du gaz mais aussi du charbon.

10 milliards de dollars dans TotalEnergies

À l’échelle mondiale, les 60 plus importantes banques ont accumulé 673 milliards de dollars de prêts, souscriptions et financement aux entreprises du secteur des énergies fossiles en 2022. Bien que dans ces milliards une partie ne provient pas de l’argent des banques, leur statut d’intermédiaire reste bien évidemment critiqué. Les financements purs représentent 150 milliards de dollars dont 10,1 milliards dans TotalEnergies, 12,8 milliards dans TC Energy, ou encore 8,4 milliards dans Saudi Aramco.

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© Banking on Climate Chaos

L’association Reclaim Finance, par le biais de sa directrice Lucie Pinson, expliquait à l’AFP que ces révélations avaient de quoi montrer “l’échec des politiques adoptées par les acteurs financiers français” – les plus mauvais élèves à l’échelle de toute l’Europe. En parallèle, ces mêmes banques annonçaient des résultats sur l’exercice 2022 particulièrement bons malgré les difficultés (guerre en Ukraine, rehausse des taux directeurs). BNP Paribas présentait un bénéfice supérieur à 10 milliards d’euros, en croissance de 7,5 % sur un an.

Pour tirer la sonnette d’alarme, le rapport de débutait sur un constat. “En 2022, le monde a de nouveau payé un lourd tribut, des inondations record au Pakistan, des vagues de chaleur et des sécheresses dévastatrices dans l’hémisphère nord, de la Californie à la Chine. Dans le même temps, les entreprises de combustibles fossiles ont réalisé des bénéfices records et les banques ont continué à financer l’expansion des combustibles fossiles”, peut-on lire dans le rapport.

La Banque Postale, un cas à part à l’échelle internationale

En cinquième page en revanche, le rapport “Banking on Climate Chaos” citait le nom de La Banque Postale et faisait de l’établissement un exemple. Depuis 2021, elle s’est engagée à ne plus s’adresser à des entreprises dans le secteur des énergies fossiles pour ses financements, et de se retirer totalement du secteur d’ici 2030. Conformément à ces choix, les ONG confirmaient que la banque française avait bel et bien déserté ces acteurs pétro-gaziers.

Au classement mondial des banques les plus impliquées dans le soutien aux énergies fossiles, le rapport situe BNP Paribas en onzième position, entre le Canadien TD et l’Américain Morgan Stanley. Société Générale est 21e, entre Credit Suisse et la Deutsche Bank. Crédit Agricole est 23e (mais également en cinquième position au classement du financement dans l’activité pétro-gazière dans l’Arctique).

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© Banking on Climate Chaos

La Banque Postale se classe naturellement en dernière position avec 23 millions de dollars investis dans des anciens contrats. Le Crédit Mutuel est avant-dernier, avec tout de même 228 millions de dollars de financement, en forte hausse par rapport à 2021.

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3 commentaires
3 commentaires
  1. Que de bêtises. Quelles relations entre la sécheresse, les inondations et le gaz et pétrole ? L’influence supposée critique de l’homme sur le climat est une gigantesque escroquerie. Comme pour l’épisode covid celui qui va a l’encontre de la doxa est annulé. Ce n’est pas de la science. A ce stade le gaz et le pétrole sont indispensables. Les moulins à vent et les panneaux solaires ne feront pas tourner les aciéries ou cimenteries.
    Mais ici certains attendent avec impatience leur crédit carbone et d’être privé de voiture ou viande.
    Pendant que leurs maîtres voyagent en jets et yachts et achètent de nouvelles vastes propriétés au bord de la mer.

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