La proposition est aussi folle que l’ambition de l’homme qui la porte. Dans une lettre ouverte adressée au directeur de la NASA, Bill Nelson, le multimilliardaire Jeff Bezos propose de prendre en charge les frais de développement de son atterrisseur lunaire. La contrepartie demandée à l’agence spatiale américaine ? Un contrat pour ce fameux module lors des missions du programme Artemis qui doivent ramener l’Homme sur la Lune en 2024.
Le retour de l’Homme sur la Lune est voulu initialement par Donald Trump qui fixe l’objectif de 2024, malgré le scepticisme de nombreux experts trouvant le calendrier intenable. Afin de retourner sur notre satellite dans les temps, sans dépenser des centaines de milliards de dollars, la NASA a très tôt fait le choix de se tourner vers le New Space et le monde privée.
Un appel d’offre avait ainsi été ouvert par l’agence américaine et trois projets viables étaient alors arrivés en concurrence. À l’origine l’agence américaine avait promis de donner des financements à deux des trois programmes, afin que ces derniers aillent plus loin dans leur developpement et soient prêt à temps pour 2024 et le premier vol habité vers la Lune.
La NASA a déjà fait un choix
Finalement, fin avril, la NASA a rendu son verdict et sur les trois entreprises présentes, SpaceX, Blue Origin et Dynetics, seule la première des trois a été retenue. Une décision qui a rendu vert de rage le fondateur d’Amazon Jeff Bezos, qui comptait beaucoup sur ce projet d’atterrisseur lunaire pour developper son entreprise spatiale.
S’il a depuis pu gouter aux joies de l’espace, la colère de l’homme le plus riche du monde est toujours la même. Après avoir attaqué en justice l’agence spatiale américaine, Bezos joue son dernier atout avec cette lettre ouverte, où il offre un pont d’or à la NASA. Comme il l’écrit noir sur blanc au sein de son laïus cette offre pourrait permettre de “remettre le projet sur les rails dès maintenant” faisant ainsi référence au calendrier plus que tendu de la NASA, qui pourrait ne pas tenir son plan de retour sur la Lune pour 2024.
Un calendrier calculé pour Blue Origin
Cette proposition de Bezos n’est qu’une nouvelle bataille politico-médiatique entre Blue Origin et les instances de la NASA. Le fondateur d’Amazon n’a en effet jamais accepté que l’agence spatiale américaine lui tourne le dos pour le projet Starship de SpaceX. Après avoir donc porté plainte et geler le financement du programme d’Elon Musk Jeff Bezos publie donc cette lettre, une petite semaine avant la décision finale du GAO, l’instance en charge du contrôle des comptes publics du budget fédéral des États-Unis.
C’est donc le premier aout que cette histoire devrait, à défaut de toucher à sa fin, prendre un nouveau tournant. Le GAO pourrait décider de casser le contrat de SpaceX et de la NASA, ou alors, de débouter les demandes de Blue Origin, mettant pour de bon le projet Blue Moon hors jeu.
Quel avantage pour Blue Origin ?
Jeff Bezos a annoncé dans sa lettre qu’il était “conscient d’être en mesure” de faire cet investissement. Sous entendant que sa fortune personnelle lui permet d’offrir deux milliards de dollars à la NASA et ainsi réduire la facture pour l’agence spatiale américaine. Mais si ce discours philanthropique est une version officielle édulcorée, la realité pourrait être tout autre. En effet, Blue Origin a énormément investi dans le développement de son HLS, Blue Moon, l’entreprise ne veut pas voir tout ce travail réduit en cendres par un choix de la NASA.
Mais également, sur une vision plus long terme, l’image du retour de l’Homme sur la Lune restera dans les livres d’histoire. Pour la postérité de Blue Origin, il est donc crucial que le premier pas de ces hommes se fassent depuis un atterrisseur Blue Moon, plutôt qu’un Starship.
Après s’être fait doubler par Richard Branson au début du mois, Jeff Bezos ne veut pas être l’éternel perdant de cette course à l’espace et il semble prêt à faire de très gros sacrifices pour décrocher la Lune, du moins, ça ne lui fait pas peur.
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les mecs de sa trempe ne sont pas des enfants de coeurs…
Sinon c’est quoi son projet pour la planète qui l’a vu naître?…