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Boeing réserve une très mauvaise surprise à ses salariés en grève

Pour régler une grève, quoi de plus efficace que d’éradiquer les grévistes ?

Le groupe américain Boeing a rarement été aussi cabossé que depuis ces derniers mois : son 787 Dreamliner n’inspire plus la confiance et son 737 Max non plus. Le crash d’Air India fut la cerise sur un gâteau qui sentait déjà bien le moisi ; ce qui lui a valu une déculottée totale au salon du Bourget, au cours duquel il n’a vendu aucun avion. Boeing, qui est pourtant l’un des fleurons de l’aviation mondiale, croule sous les problèmes techniques, et l’entreprise traverse l’une de ses plus graves crises depuis sa fondation en 1916.

Pour ne rien arranger, une grève de 3 200 machinistes a éclaté depuis le début du mois d’août dans trois usines produisant des avions de chasse aux États-Unis (Missouri et Illinois). Plutôt que de rester dans le dialogue avec ses salariés, Boeing a a choisi la manière forte : menacer de remplacer définitivement ceux qui luttent pour de meilleures conditions de travail. Le raffinement social à l’américaine !

Entre le bâton et la carotte, Boeing a choisi son camp

Pour tenter d’apaiser la situation, l’avionneur avait proposé un accord, qu’il vendait comme une aubaine : +40 % de salaire en moyenne et un petit bonus de congés et de jours maladie. Pour les syndicats, notamment l’IAM (le syndicat des machinistes) Boeing joue avec les pourcentages, mais ignore l’essentiel : la vie devient plus chère. L’IAM a donc dénoncé cette offre comme étant trompeuse car, en plus de ne pas tenir compte de l’inflation, elle ne respecte pas non plus les ouvriers eux-mêmes. Le syndicat réclame donc une rémunération équitable et surtout « un contrat qui respecte l’ancienneté et l’expérience ».

Depuis, le dialogue est au point mort. Il y a bien eu une tentative de reprise des discussions le 25 août, mais elle a échoué. Plutôt que de réviser son offre, intelligemment, Boeing a choisi d’annoncer « le recrutement d’employés de remplacement permanent pour les postes de production », dixit Dan Gillian, vice-président de la division Air Dominance. Comme si la gifle n’était pas assez douloureuse : le groupe a même décidé d’organiser une foire à l’emploi le 16 septembre, histoire d’accélérer le processus.

Boeing ne voulant pas jouer les intérimaires, c’est un remplacement des postes en bonne et due forme qu’il propose à ses salariés tenant le piquet de grève. Une porte-parole l’a reconnu : si les postes sont pourvus, les grévistes concernés n’auront aucune garantie de retrouver leur emploi. Ils seront placés sur une « liste d’attente » en cas de réouverture de postes.

Une posture désespérément court-termiste : remplacer les grévistes est donc moins coûteux que de céder à leurs revendications. Un choix qui ne devrait clairement pas aider à redorer son image auprès du grand public, mais un pari très dangereux, qui pourrait à terme coûter bien plus cher que les concessions que Boeing refuse à ses salariés mécontents.

  • Boeing traverse une crise industrielle et d’image majeure, aggravée par un conflit social massif aux États-Unis.
  • Les syndicats rejettent l’offre salariale de l’avionneur, jugée trompeuse et insuffisante face à l’inflation et au non-respect de l’ancienneté.
  • La direction a choisi d’embaucher des remplaçants permanents, une stratégie de rupture sociale qui fragilise encore davantage sa crédibilité.

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