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BYD, Alibaba et Baidu bientôt blacklistés aux États-Unis ? Le ton monte à Washington

Les États-Unis réfléchissent à introduire BYD, Alibaba et Baidu, en plus de cinq autres sociétés, sur la liste des entreprises chinoises liées à l’armée. Une décision qui ne serait pas sans conséquences pour ces mastodontes de la technologie.

Dans une lettre adressée au Congrès, datée du 7 octobre et repérée par Bloomberg, Stephen Feinberg, le numéro deux du Pentagone, estime que huit entreprises chinoises devraient être ajoutées à la Section 1260H List, le registre américain des « entreprises militaires chinoises ».

Cette liste, établie en vertu du National Defense Authorization Act de 2021, est mise à jour chaque année. Elle recense les groupes qui, selon Washington, sont soit contrôlés par l’armée chinoise, soit impliqués dans les efforts de fusion civilo-militaire de Pékin, tout en ayant des activités directes ou indirectes aux États-Unis. Le spectre est large et inclut les technologies de pointe, les semi-conducteurs, l’IA, la robotique, les télécoms et même les biotechnologies.

Lors de sa dernière mise à jour, en janvier 2025, la liste comptait 134 entreprises chinoises, dont plusieurs géants de la tech et de l’industrie. Elle devrait être renouvelée dans deux mois environ.

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© humphery / Shutterstock.com

Huit entreprises sur la sellette

La missive cite trois groupes bien connus : le géant de l’e-commerce et du cloud Alibaba, Baidu, l’équivalent de Google, et BYD, le champion des véhicules électriques. C’est aussi le cas d’Eoptolink, un spécialiste des composants optiques et de Zhongji Innolight, réputé pour ses modules optiques utilisés dans les centres de données. Chacun collabore avec NVIDIA.

Hua Hong Semiconductor (deuxième plus grand fondeur chinois), RoboSense (un fournisseur de capteurs LiDAR pour la robotique et les véhicules autonomes) et WuXi AppTec (acteur majeur des biotechnologies) sont également pointés du doigt.

Si elles intègrent la liste 1260H List, ces sociétés risquent de perdre de juteux contrats, sans compter les effets indirects d’une telle décision. Leurs partenaires américains seront plus prudents et pourront potentiellement augmenter les coûts de conformité. À cela s’ajoute un impact réputationnel non négligeable, qui peut refroidir des investisseurs américains déjà frileux sur tout ce qui touche de près ou de loin à la sécurité nationale.

Dans un mail envoyé à Presse-citron, BYD déclarait que « toute allégation visant à inscrire BYD sur la liste 1260H est dénuée de tout fondement. BYD n’est pas une entreprise militaire chinoise et n’a jamais été impliquée dans une stratégie de fusion militaro-civile. En tant qu’entreprise internationale, BYD reste résolument engagé à offrir à ses clients partout dans le monde les meilleures technologies et innovations, afin d’améliorer la qualité de vie et de proposer des solutions aux impacts du changement climatique. »

Alibaba assure aussi, auprès de Reuters, que cette hypothèse est « infondée » et que l’entreprise ne participe à aucun effort militaire chinois. Elle précise, en outre, que son inclusion sur la liste n’affecterait pas sa capacité à mener ses activités, notamment parce qu’elle n’a établi aucun contrat lié à la défense américaine. Si Washington franchit effectivement le pas, les relations sino-américaines pourraient se tendre un peu plus, dans un contexte déjà électrique.

  • Les États-Unis envisagent d’ajouter huit entreprises chinoises, dont Alibaba, Baidu et BYD, à leur liste des sociétés liées à l’armée.
  • Cette inscription pourrait leur faire perdre des contrats et compliquer leurs relations avec des partenaires américains, tout en ternissant leur réputation.
  • Si la décision se confirme lors de la prochaine mise à jour de la liste en janvier, elle risque d’accentuer encore un peu plus les tensions sino-américaines.

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