Passer au contenu

Crise inédite : les 3 couloirs de transports du pétrole sont fermés au Moyen-Orient (Ormuz, Bab el-Mandeb, oléoduc Est-Ouest)

Les trois artères vitales par lesquelles l’Arabie saoudite expédie son pétrole sont totalement paralysées. Une rupture logistique sans précédent qui menace d’expédier les prix à la pompe vers de nouveaux sommets.

L’Arabie saoudite s’appuie sur trois grands itinéraires pour exporter son pétrole. Problème, ils sont simultanément bloqués ou neutralisés, une situation totalement inédite. Car la voie principale (et la plus connue), le détroit d’Ormuz, est au ralenti absolu à cause des tensions militaires majeures entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Ainsi, son trafic est tombé à son niveau le plus bas depuis 13 ans, et les pétroliers qui tentent de le naviguer risquent littéralement d’être pris pour cible.

Afin de le contourner, Riyad utilisait son oléoduc Est-Ouest, une immense conduite de 1 200 kilomètres qui transporte d’ordinaire le brut depuis les gisements du Golfe jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge, d’où partent les deux autres routes. Or, la première, celle du sud-ouest, est paralysé par les rebelles Houthis, un groupe armé basé au Yémen et soutenu par l’Iran. S’opposant aux intérêts saoudiens, il impose un embargo maritime strict dans le détroit de Bab el-Mandeb, ciblant directement les navires du royaume.

Il ne restait plus qu’une option à l’Arabie saoudite : la route du nord-ouest. Mais ce 10 septembre, des attaques de drones menées depuis l’Irak ont endommagé l’infrastructure, contraignant le gouvernement à en couper totalement le flux. Les réparations pourraient durer jusqu’à six semaines.

Le marché mondial est pris en étau

Trouver une alternative à ces trois chemins s’avère un véritable casse-tête logistique. Afin d’acheminer le pétrole vers l’Asie, son principal client, l’Arabie saoudite est en effet contrainte de contourner l’ensemble du continent africain par le cap de Bonne-Espérance. Un détour qui rallonge les voyages de 25 jours et fait donc exploser les coûts de transports. Les volumes livrés sont aussi moins importants.

Ormuz
© NASA

Mais la situation est aussi critique à l’échelle globale : près de 30 millions de barils par jour sont aujourd’hui bloqués ou menacés, soit près du tiers de la consommation mondiale. Même la libération de stocks stratégiques par les pays occidentaux ne suffit plus à éponger un tel déficit.
Et pour ne rien arranger, la voie diplomatique semble, elle aussi, au point mort. Un sommet régional décisif entre l’Iran et les pays du Golfe, prévu à Oman pour apaiser les tensions maritimes, a été annulé en urgence juste après l’attaque de l’oléoduc.

Une situation qui risque, très malheureusement, d’affecter directement les consommateurs, avec une hausse marquée des prix du carburant à la pompe, rapidement suivie par un renchérissement des factures d’énergie de chauffage et de l’électricité.

  • Pour la première fois, l’Arabie saoudite ne peut plus exporter son pétrole, ses trois voies d’acheminement étant simultanément fermées ou bloquées.
  • Près de 30 millions de barils par jour sont hors ligne ou menacés, soit près du tiers de la consommation mondiale.
  • Cette crise fait peser un risque immédiat de hausse des prix du carburant et de l’inflation.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech