La mission chinoise Chang’e, cinquième du nom, vient de se poser sur le sol inhospitalier et poussiéreux de notre satellite. Au cours de cette mission éclair, qui ne devrait que quelques jours la sonde va essayer de rapporter des échantillons du sol lunaire. Ce serait la première fois depuis la fin des missions Apollo que de la matière lunaire revenait sur Terre.
Véritable démonstration de force de l’agence spatiale chinoise, cette mission est un préambule à l’arrivée, presque inévitable, de taïkonautes (le nom donné aux astronautes chinois) sur notre satellite. Car Pékin ne compte pas envoyer des sondes éternellement sur la Lune. L’objectif est bien d’y aller, au cours de missions habitées. À la manière de ce que peut prévoir Elon Musk et SpaceX, dans un futur plus lointain, pour Mars, la Chine a bien l’intention d’aller sur la Lune, et surtout d’y rester.
Les projets de colonisation de notre satellite naturel, notamment de son Pole Sud, qui semble assez riche en glace d’eau, sont une réalité. Et le CNSA (l’agence spatiale chinoise) espère pouvoir commencer la construction d’une base lunaire dans les 10 ans à venir.
Une sonde avec une mission express
Mais pour le moment, seul la sonde Chang’e 5 est sur le sol de la Lune, dans l’océan des Tempêtes. Il faut maintenant, pour que le programme continue sans encombre, que la sonde arrive à récolter de la matière lunaire, puis la rapporter sur Terre. Une mission périlleuse qui n’a pas été menée depuis près de 40 ans, pourtant la Chine affiche une sérénité à toute épreuve.
À la différence des missions Apollo et Luna (mission lunaire soviétique des années 70), Chang’e 5 a fait cap vers une partie très « jeune » de la Lune, et c’est en ça que réside tout l’intérêt scientifique de cette mission. En effet, des morceaux de roche lunaire, il en existe en bonne quantité sur Terre, les missions Apollo en ont rapporté 380 kilogrammes, mais ces échantillons proviennent de zones très âgées de notre satellite, qui donnent des informations sur le début de la vie de la Lune, mais pas plus. Avec des échantillons comme ceux que Chang’e 5 espère ramener, il serait possible de faire un comparatif et ainsi de voir une évolution dans la vie du sol lunaire.
Une mission scientifique et politique
La collecte d’échantillons devrait durer quelques jours tout au plus. La sonde n’a pas été pensée pour rester trop longtemps à la surface de la Lune, et elle devrait d’ici quelques jours, rejoindre son orbiteur avant de renter vers la Terre. L’atterrissage sur notre planète bleue est prévu pour le milieu du mois de décembre.
Si cette mission vient à être une réussite, la Chine ne sera que le troisième pays à réussir cet exploit, derrière l’URSS et les États-Unis. En sachant que seule l’URSS a collecté des roches lunaires avec l’aide d’une sonde, et que sur les 24 tirs des missions Luna, trois seulement ont réussi et en sont revenues. Puissance affirmée du nouveau monde du spatial, la Chine semble être le seul concurrent crédible à la NASA dans son projet Artemis, qui prévoit à terme, l’arrivée de l’espèce humaine sur le sol de Mars.
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