De nombreux témoignages ont déjà rapporté les méthodes de management — pour le moins discutable — d’Elon Musk. Le patron de SpaceX dicte ses règles, et il faut les suivre à la lettre. Le moindre écart est un motif de licenciement. C’est ce que dit avoir vécu Douglas Altshuler, ancien employé de SpaceX, aujourd’hui âgé de 58 ans.
Diagnostiqué avec la maladie de Crohn, une inflammation de l’intestin, il devait se rendre très régulièrement aux toilettes — jusqu’à 14 fois par jour. Une situation plus que particulière, reconnue comme un handicap. La loi américaine précise alors que l’employeur, conscient de cette particularité, doit « prendre les mesures d’accompagnement nécessaire ». SpaceX ne s’est pas donné cette peine.
À la place Douglas Altshuler dit avoir subi de nombreuses remarques, et des ultimatums. Même après l’envoi d’un mémo de son médecin, expliquant sa situation et ses besoins, ses cadres ont demandé des changements de comportement.
Des pauses chronométrées
Ils en sont venus à chronométrer ses pauses aux toilettes. L’objectif annoncé : prouver qu’il y passait trop de temps. Ainsi, si elles duraient plus de 10 minutes, il recevait, le jour même, un avertissement écrit venant de ses supérieurs hiérarchiques.
Dans cette même période, Altshuler explique avoir été moqué, mis à l’écart et ses temps de pause lors des repas ont été réduits. Son salaire a également été réduit avec comme seul motif des « performances déficientes. » Il a finalement été licencié en début d’année 2025, quelques jours seulement après avoir remis en question les conditions de travail et le non-respect flagrant de plusieurs normes de sécurité chez SpaceX.
Un cas loin d’être isolé
Difficile de savoir qui dit vrai dans cette affaire. Le témoignage de Douglas Altshuler n’est pas prouvé, c’est donc une parole contre une autre qui se retrouve aujourd’hui devant un juge fédéral. Cette nouvelle procédure met cependant le doigt sur des méthodes de travail questionnable chez SpaceX.
Dans un rapport publié l’an dernier, l’agence de presse Reuters expliquait que les accidents du travail étaient 5 à 9 fois plus fréquents chez SpaceX que ses concurrents. Dans le même temps, des soucis de « racisme endémique » ont été révélés chez Tesla.
Les entreprises d’Elon Musk qui peuvent faire rêver pour leurs capacités d’ingénierie ne seraient finalement pas si belles. Elles sont en effet des sociétés gouvernées par la réussite, ne prenant pas le temps pour des considérations humaines. Utilisant les employés comme de la matière première, de façon complètement apathique.
Du racisme chez Tesla
Du côté de Fremont, dans l’usine de fabrication de Tesla, les insultes racistes sont « trop nombreuses pour être comptées » selon une plainte fédérale. Les employés de couleurs sont stigmatisés, insultés par d’autres personnes de l’entreprise, souvent leurs supérieurs hiérarchiques.
Si toutes ces plaintes et alertes n’ont pas encore donné lieu à des condamnations, faute de preuve, elles interrogent sur les conditions de travail réelles dans ces entreprises. SpaceX comme Tesla sont des sociétés qui font rêver le monde entier, et de nombreux étudiants postulent dans l’espoir de rejoindre l’une de ces firmes.
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