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La Chine rattrape SpaceX : pour la première fois, elle réussit à récupérer un étage de fusée après sa mise en orbite

Le pays n’en est qu’à ses débuts dans sa conquête de l’espace, mais il ne lui a fallu que 11 ans pour chasser sur les terres de SpaceX. L’entreprise de Musk n’a plus le monopole de la réutilisation des lanceurs et Pékin ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Souvenez-vous du 21 décembre 2015 : à Cap Canaveral, un premier étage d’une Falcon 9 redescendait se poser à la verticale sur la Landing Zone 1, quelques minutes après avoir expédié onze satellites Orbcomm en orbite basse. SpaceX venait de réaliser ce qu’aucune entreprise ou agence spatiale n’avait jamais réussi : ramener intact l’étage d’une fusée orbitale et le préparer à de nouveaux tirs ; un exploit. Depuis, cette procédure est quasiment devenue une routine pour la firme d’Elon Musk, avec plus de 600 récupérations à son compteur, étendues aujourd’hui à plusieurs de ses lanceurs, comme le Starship (SuperHeavy) ou la Falcon Heavy.

Si Pékin s’était déjà essayé à plusieurs reprises à l’exercice, la CASC (China Aerospace Science and Technology Corporation) et la société privée Landspace avaient raté leur objectif. La fusée Long March 12A et le lanceur Zhuque-3, en décembre dernier, avaient bien atteint l’orbite, mais leurs premiers étages s’étaient écrasés au retour.

Ce vendredi 10 juillet 2026, à 6 h 15 heure française, la Chine a enfin décroché le trophée : pour son vol inaugural, le lanceur Long March 10B a placé un satellite en orbite avant de ramener son premier étage sur une plateforme flottante en mer. Une victoire nationale qui sonne comme un avertissement à l’encontre des États-Unis : l’ère de l’accès low-cost à l’espace n’appartient plus à celui qui l’a inventée.

Rattraper l’irrattrapable : un retour de flamme signé Pékin

La Long March 10B a décollé depuis le site de lancement de Hainan, près de la ville de Wenchang, au sud du pays, une île bordée par la mer de Chine méridionale. Propulsée du sol par son premier étage, elle s’est arrachée à la rampe sous la poussée de moteurs brûlant du kérosène et de l’oxygène liquide. Ce module inférieur, le plus puissant et le plus lourd, porte le lanceur jusqu’à ce que ses réservoirs se vident ; il se coupe alors et se sépare du second étage, qui file seul achever sa mission en orbite.

Le premier étage, six minutes après la séparation, s’est retourné pour orienter ses moteurs vers le sol, les a rallumés une première fois pour casser sa vitesse et se placer sur une trajectoire de retour, puis une seconde fois dans les basses couches de l’atmosphère pour freiner sa chute. Redressé à la verticale, il est venu se poser délicatement au centre d’une plateforme de récupération installée sur un navire, équipée d’un vaste filet (voir vidéo du post X ci-dessus).

Bien que la Long March 10B ne bénéficie pas de la même couverture médiatique (en Occident, tout du moins) que la Falcon 9, elle boxe pourtant dans la même cour. C’est un gros cheval de trait d’environ 70 mètres de haut et elle est capable de placer environ 16 tonnes de charge utile en orbite basse.

Elle est dotée, en tout, de huit moteurs : sept YF-100K équipent le premier étage et crachent 890 tonnes de poussée au décollage. Le second étage, lui, n’en comporte qu’un, le YF-219, moins puissant avec ses 140 tonnes de poussée, mais plus économe et adapté au vide spatial, parfaitement conçu pour placer des satellites en orbite.

Le sursaut rouge

Pékin prévoit déjà de la faire redécoller d’ici la fin de l’année, pour monter la cadence vers un rythme industriel, et derrière elle avancent d’autres monstres. La Long March 12A, notamment, un joli bébé développé par la Shanghai Academy of Spaceflight Technology-Aerospace, se situe au croisement entre une Falcon 9 (sur le plan opérationnel) et un mini-Starship (son carburant et ses moteurs). Toute une autre meute de fusées privées est déjà prête à l’emploi : la Zhuque-3 de Landspace, la Kinetica-2 de CAS Space, la Pallas-1 de Galactic Energy ou la Nebula 1 de Deep Blue Aerospace.

Avec elles, la Chine vise le même Graal : la réutilisation, l’arme fatale pour clore l’ère du monopole américain. Si Pékin applique à l’aérospatiale la même doctrine qu’elle a appliquée à l’automobile avec ses entreprises ultra-compétitives qui écrasent tout sur leur passage, l’avance de Washington risque de se retourner contre elle, punie par la méthode préférée du régime chinois. D’abord laisser les Américains financer la R&D dans leur coin, pour mieux rafler la mise au moment de la production de masse.

  • La Chine a réussi à récupérer un étage de fusée après son vol orbital grâce à la Long March 10B, marquant un tournant dans sa conquête spatiale.
  • Cet exploit met fin au monopole de SpaceX sur la réutilisation des lanceurs, avec des ambitions de Pékin pour un rythme de lancement industriel.
  • D’autres fusées chinoises sont en préparation, visant à rivaliser avec les entreprises américaines dans le domaine de l’accès low-cost à l’espace.

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