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Comment la famille Trump s’est enrichie, dopée par une crypto controversée : une machine à cash à sens unique

Un peu moins d’un an et demi au pouvoir pendant lesquels lui et sa famille se sont gavé de 2,3 milliards de gains en crypto. Le deuxième mandat de Trump est, sans conteste, le plus rentable de l’histoire présidentielle américaine.

Qu’elle nous paraît lointaine l’hostilité affichée de Donald Trump pour les cryptomonnaies : une posture qu’il a tenue durant sa première présidence et jusqu’en 2021. Les temps ont bien changé : après avoir lancé en 2025 son propre token, le memecoin baptisé $Trump, le président a vu sa fortune personnelle atteindre des sommets en quelques heures seulement. Depuis passé pro dans les sombres montages crypto, une enquête de Reuters en date du 9 juin 2026 nous apprend à quel point ce regain d’intérêt lui a été lucratif.

Depuis son retour à la Maison Blanche, le clan Trump aurait engrangé au moins 2,3 milliards de dollars quand les investisseurs ayant misé sur ses produits crypto accusaient, eux, des pertes du même montant à la fin du mois d’avril. Les Trump gagnent et les autres perdent : cela n’étonnera personne d’un tant soit peu avisé qui a suivi l’ascension de la famille depuis qu’elle peaufine ce capitalisme de caniveau.

L’empire immobilier new-yorkais bâti dans les années 1970-1980 sur des montages fiscaux « créatifs » de Fred Trump (le père de Donald). Le grand mirage d’Atlantic City et ses six faillites de casinos, le piège des tours « sous licence » qui permettait de palper des millions de droits d’auteur sur des chantiers fantômes. Ou encore l’extorsion psychologique de la Trump University qui a coûté 25 millions de dollars de dédommagement pour avoir plumé des milliers d’épargnants crédules. Une liste (non exhaustive qui plus est) d’esbrouffes haut de gamme dont les cryptos ne sont, finalement, qu’une énième essoreuse financière, qui tourne à pleine vitesse sans que la régulation américaine ne puisse rien y faire.

Trump et les cryptomonnaies : une affaire de famille, aux frais des autres

Le gros du butin de la famille provient de World Liberty Financial, la coentreprise familiale lancée en août 2024 qui se présente comme un « protocole de finance décentralisée ». Son token, le $WLFI, est vendu comme un token de gouvernance : les acheteurs sont censés obtenir des droits de vote sur les décisions du protocole, sans aucune promesse de rendement financier.

Un cadre juridique pipé qui arrange bien les Trump, puisqu’il permet à World Liberty Financial d’affirmer qu’il « n’est pas un produit d’investissement ». En effet, ils détiennent 60 % de son capital et se sont attribué 75 % du produit des ventes de tokens. Ils encaissent ainsi à chaque transaction, indépendamment de ce que le $WLFI vaut ensuite. Une fois leur part prélevée à la source, ils n’ont donc aucun intérêt financier à soutenir le cours.

Par conséquent, les acheteurs se sont retrouvés avec un token dont la valeur a fondu de 84 % depuis le lancement en août 2024. Il est passé de 0,31 à 0,05 dollar l’unité et ils n’ont aucun recours, puisque, rappelez-vous le $WLFI n’est pas considéré comme un produit d’investissement. En réalité, en s’en procurant, les investisseurs ont financé un pur produit de spéculation unilatérale, où seul le clan Trump était assuré de réaliser une plus-value.

La holding familiale de l’arnaque crypto

Ce token n’est qu’un étage de l’édifice de ce gigantesque braquage, puisque le $TRUMP en est le prolongement low-cost : il permet aux Trump d’aller chercher une base d’investisseurs que le $WLFI, trop technique, n’atteignait pas. Le grand public, les petits porteurs, ceux qui n’auraient jamais ouvert un portefeuille crypto de leur vie si le nom de leur idole n’était pas apposé dessus.

Le $TRUMP ne prétend rien d’autre qu’être ce qu’il est : un pari sur un nom. C’est un actif spéculatif inutile et ses flux ne font l’objet d’aucune publication officielle, ce qui a obligé Reuters à fouiller la blockchain pour les reconstituer.

Le troisième étage de l’édifice est géré par Eric Trump, fils cadet de Donald et bras armé de l’empire familial sur les marchés. Directeur exécutif de la Trump Organization, il a cofondé American Bitcoin, entreprise cotée dédiée au minage de cryptomonnaies. En moins d’un an, elle a perdu 500 millions de dollars de capitalisation mais la fortune d’Eric a gonflé sur la même période. Comment est-ce possible ?

En tant que cofondateur, Eric a reçu des parts de l’entreprise à sa création, bien avant son introduction en bourse, à un coût quasi nul. Même si le titre a depuis décroché, la valeur de ses parts au moment de l’introduction était sans commune mesure avec ce qu’il avait investi. Il a gagné à l’entrée et les actionnaires ont tout perdu à la sortie.

Donald Trump a toujours su faire payer les autres pour financer ses ambitions et l’entretien de sa fortune personnelle. Les locataires de ses immeubles, les étudiants de sa fausse université, les créanciers de ses casinos en faillite ou les actionnaires de ses entreprises cotées. Il a trouvé dans la crypto, en compagnie de ses dauphins, le terrain d’arnaque qu’il cherchait depuis toujours : un secteur où la duperie est légale, puisque c’est lui qui en supervise la régulation depuis le Bureau Ovale tout en nommant les fidèles lieutenants dévoués à la protection de son empire.

  • La famille Trump a gagné 2,3 milliards de dollars grâce à des investissements en cryptomonnaies depuis son retour au pouvoir.
  • Le token $WLFI, détenu à 60 % par les Trump, a vu sa valeur chuter de 84 %, laissant les investisseurs sans recours.
  • Donald Trump utilise les cryptos comme un nouveau moyen de spéculation, profitant de la réglementation laxiste pour enrichir sa fortune personnelle.

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