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Quelle est la crypto-monnaie envoyée par l’ONU en Ukraine ?

L’Organisation des Nations unies (ONU) travaille maintenant avec des crypto-monnaies. Il y a quatre mois, elle les critiquait encore…

En Ukraine, un plan d’urgence signé par l’Organisation des Nations Unies prépare l’envoi de crypto-monnaies à destination des populations déplacées. Le but, permettre aux personnes concernées de ne pas risquer de perdre ou de se faire voler des sommes importantes en cash.

Ils pourront retirer leurs crypto-monnaies via un système de retrait sur le réseau MoneyGram, une entreprise américaine spécialisée dans les transferts de fonds. Elle possède 4 500 bornes en Ukraine. C’est l’Agence des Nations unies pour les réfugiés qui se chargera d’envoyer les fonds et profitera pour cela des avantages de la cryptographie.

L’USDC, la crypto-monnaie utilisée par l’ONU

L’ONU a fait appel à la blockchain Stellar, mais ce seront des USDC qui transiteront de ses comptes vers les réfugiés ukrainiens. L’USDC est un stablecoin dont le cours est indexé sur celui du dollar. Il est géré par un consortium baptisé Centre, fondé par Circle, d’origine américaine et dont le la plateforme d’échange de crypto-monnaies Coinbase est actionnaire.

En décembre 2022, avec l’effondrement des crypto-monnaies succédant à la faillite de FTX, les deux principaux stablecoins représentent une part importante de la capitalisation globale du secteur des crypto-monnaies. Tether, en tête (3e plus grosse crypto-monnaie), pèse pour 62 milliards de dollars. L’USD Coin (USDC) est juste derrière, sur la quatrième place, à 42 milliards de dollars.

stablecoin decembre 2022
© CoinMarketCap

Le programme veut que les réfugiés puissent retirer gratuitement les fonds sur le réseau MoneyGram, en dollars comme en euros ou dans une autre devise. Pour devancer les critiques qui rappelleront que l’ONU critiquait il y a quatre mois les crypto-monnaies, l’agence des Nations unies pour les réfugiés commentait :

“Le HCR collabore depuis des années avec le secteur de la technologie, qui a joué un rôle crucial en nous aidant à innover pour fournir une assistance plus rapidement, car la rapidité est essentielle dans l’action humanitaire”.

Au mois d’avril, l’ONU appelait à freiner l’usage des crypto-monnaies. Lors de sa Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), elle listait les points sombres de l’essor des jetons virtuels, en évoquant bien sûr leur usage possible pour le blanchiment d’argent, d’évasion fiscale, et des”coûts sociaux”.

L’aide humanitaire en crypto-monnaies

Le dossier de l’Ukraine a rapidement surpassé tous les autres sur l’utilisation des crypto-monnaies dans le cadre de l’aide humanitaire. Quelques semaines après le début de la guerre, le 24 février, le gouvernement ukrainien disait avoir dépassé l’équivalent de 100 millions d’euros d’aide en crypto-monnaies. Un niveau de donation jamais atteint, mais qui dans beaucoup de cas, entraînait des difficultés : comment utiliser ces crypto-monnaies au quotidien ?

Les plateformes d’échange de crypto-monnaies elles aussi avaient cherché à prêter main forte. Une occasion de promouvoir leur marque et l’adoption des crypto-monnaies surtout. FTX, la plateforme en faillite de Sam Bankman-Fried (qui vient d’être arrêté aux Bahamas), proposait par exemple 25 dollars à chaque Ukrainien membre de la plateforme. Même chose du côté de Binance au mois d’avril.

Pour en finir sur l’ONU et son plan d’aide, le communiqué publié pour l’occasion indiquait que l’envoi vers l’Ukraine était une phase de test. Non pas qu’elle serait temporaire, mais que si celle-ci fonctionnait correctement, alors pourrait-elle aussi être déployée dans les autres plans d’aide d’urgence de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. L’USDC toujours au coeur du processus.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Ah ben quand on a besoin d’instantanéité tout d’un coup on crache plus sur les crypto et son système décentralisé, bizarre. Encore un aveu de faiblesse a l’égard de notre système monétaire actuel(et de ses nombreux intermédiaires).

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