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“Désinformation et toxicité”, un rapport dénonce un changement d’algorithme sur Facebook

Les effets négatifs de l’algorithme sur la démocratie sont notamment pointés du doigt.

Décidément, c’est une semaine très délicate pour Facebook. Le Wall Street Journal enchaîne en effet les révélations sur la firme de Mark Zuckerberg après avoir mis la main une série de rapports internes assez accablants.

La dernière enquête en date concerne une modification de l’algorithme de recommandation du fil d’actualité intervenue en 2018. Ce dernier choisit les contenus auxquels l’utilisateur sera confronté. À l’époque, ces changements étaient clairement annoncés par les dirigeants du géant de la Tech.

L’idée était de limiter les interactions avec les contenus produits par des « professionnels » pour montrer davantage de publications de nos proches. Tout cela étant justifié par des motifs de protection de la santé mentale. Selon un mémo interne qu’ont pu consulter nos confrères, il s’agissait en fait d’une stratégie visant à répondre à une baisse d’utilisation de la plateforme.

« Les contenus violents sont anormalement prévalents »

Les conséquences ont été très problématiques puisque selon les observations des chercheurs, l’effet a été inverse. On a ainsi assisté à une plus grande mise en avant de publications incendiaires :

La désinformation, la toxicité et les contenus violents sont anormalement prévalents dans les contenus repartagés. (…) Notre approche a eu des effets collatéraux malsains sur d’importantes parties des contenus, notamment en politique et en actualité. Notre responsabilité est grandissante. Beaucoup d’interlocuteurs nous ont dit qu’ils craignaient, sur le long terme, les effets négatifs que peut avoir cet algorithme sur la démocratie.

Les conséquences ont été importantes pour certaines organisations politiques et médias qui ont revu leurs stratégies en s’orientant vers une communication sensationnaliste et outrancière pour booster l’engagement. On connaît malheureusement la suite de l’histoire et notamment la multiplication des campagnes de désinformation en ligne.

Mis en cause par le média américain, Facebook n’a pas manqué de réagir. Cité par Business Insider, un porte-parole se défend :

Un changement de classement est-il la source des divisions du monde ? Non. La recherche montre que certaines divisions partisanes dans notre société ont augmenté depuis plusieurs décennies, bien avant que des plateformes comme Facebook n’existent. Elle montre également qu’un engagement significatif avec les amis et la famille sur notre plateforme est meilleur pour le bien-être des gens que l’alternative.

Rappelons que cette semaine, le Wall Street Journal a diffusé deux autres enquêtes sur la firme de Mark Zuckerberg. La première concerne l’existence d’un programme de modération différencié qui serait appliqué à 5,8 millions d’utilisateurs VIP. La seconde touche à Instagram qui a des conséquences très néfastes sur la santé mentale des adolescentes.

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Par : Facebook, Inc.
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