- Emmanuel Macron a lié les violences de ces derniers jours en France à la pratique des jeux vidéo
- Au cours des nombreuses études scientifiques menées sur le sujet, aucun lien formel entre le gaming et la violence n’a pu être établi
- De manière surprenante, le président ravive une polémique toute droit sortie des années 90
« On a le sentiment parfois que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués ». Cette phrase d’Emmanuel Macron prononcée vendredi dernier en réactions aux émeutes a beaucoup fait réagir. Elle a d’autant plus surpris que le président français avait plutôt tenté de séduire les gameurs au cours des derniers mois, notamment en communiquant abondamment avec des vidéastes de renom, et en soutenant l’e-sport.
Des études unanimes
Précisions que l’argumentation du chef de l’État part des réseaux sociaux, et notamment de Snapchat et TikTok où l’on observe selon lui « une forme de mimétisme de la violence ». Dès lors, les jeunes sortent du réel et revivent dans la rue leurs parties de gaming.
Disons le d’emblée, Emmanuel Macron a parfaitement le droit de tenir ces propos, au même titre que n’importe quel citoyen peut commenter l’actualité, mais sa déclaration ne repose en rien sur des faits scientifiques. Sur Presse-citron, nous sommes déjà revenus sur le sujet à plusieurs reprises, et aucune étude n’a pu établir de lien formel entre la pratiques des jeux vidéo et la commission de violences.
On peut notamment citer Joanne Orlando, chercheuse à l’Université occidentale de Sydney, qui s’est penchée sur la littérature scientifique pour voir s’il existait un lien entre les pratiques de jeu excessives et les troubles tels que la dépression et l’agressivité.
Elle confirme bien que ce n’est pas le cas, même si une étude londonienne a bien pu établir une corrélation. Toutefois, les gameurs souffraient déjà de problèmes de santé mentale, et dans ce cas, ils étaient plus sensibles à la violence dans les jeux.
En 2021, la chercheuse, Agne Suziedelyte, de la City University of London, a mené une étude auprès de jeunes garçons âgés de 8 à 18 ans. En appliquant des méthodes statistiques, elle a souhaité savoir s’il pouvait exister un lien de causalité entre la pratique des jeux vidéo violents et la violence dans la vraie vie.
Elle n’a pu trouver aucune preuve validant cette hypothèse au terme de son travail même si « les parents ont signalé que les enfants étaient plus susceptibles de détruire des objets après avoir joué à des jeux vidéo violents ».
Et la scientifique d’expliquer :
Pris ensemble, ces résultats suggèrent que les jeux vidéo violents peuvent agiter les enfants, mais que cette agitation ne se traduit pas par de la violence contre d’autres personnes – qui est le type de violence qui nous préoccupe le plus.
Elle prévient donc les politiques : « Les restrictions sur la vente de jeux vidéo aux mineurs ont peu de chances de réduire la violence. »
Des controverses récurrentes
Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron est loin d’être le premier homme politique à pointer du doigt la violence de certains titres. C’était notamment souvent le cas durant les années 90 et au début des années 2000. Les jeux GTA ont notamment été énormément critiqués et sont l’objet de polémiques récurrentes.
D’ailleurs, lors des différentes fusillades et drames survenant aux États-Unis, les hobbies des tueurs sont souvent passés au crible et on ne manque jamais de signaler lorsque ces derniers sont des joueurs assidus. On pensait ces polémiques derrière nous, mais il va falloir s’y faire, les préjugés sur le gaming ont encore de beaux jours devant eux.
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JY Alric, à l’évidence ce que le Macron pointe relève de la réaction d’un ado. Rien d’étonnant à ça, on a malheureusement l’habitude des sorties de ce petit pervers malsain qui détruit consciencieusement et sur ordonnance la France.
Mais ne pas avoir conscience que des jeux vidéos bourrés de scénarii guerriers, de combat singulier façon “héro solitaire” à la yankee, d’obsession à détruire des “cibles” en tout genre, font un mal profond dans les âmes des joueurs relève du déni pour confort personnel…
C’est juste du bon sens, cher Jean Yves… mettez-vous à jouer fébrilement devant un écran dans un jeu sans fin qui met votre esprit intentionnellement en tension et tachez de sentir comment vous vous sentez après…
Comment peut-on vouloir défendre ces divertissements (et tant d’autres du même tonneau) qui abrutissent et pire, conditionnent les jeunes cerveaux à n’être rien d’autres que de futurs exécutants qui ne pensent pas beaucoup et surtout qui trouveront tout à fait normal de vivre dans un monde de concurrents à éliminer, de gains à accumuler, de points à gagner, d’emploi de la violence primaire comme unique moyen d’exister ?
Les émeutes qui se déploient aujourd’hui en France et qui ne sont pas les premières (pour ceux qui ont de la mémoire…) ne sont-elles pas la transposition impeccable des actions que le joueur en vidéo applique ?
Remettre en cause les propos imbéciles du Macron, c’est bien, mais de grâce, ne tombez pas dans l’innocence de l’enfant qui joue en tuant, même virtuellement, il en reste toujours quelque chose et pour longtemps.
Chère Séverine, comme beaucoup, vous faites un terrible amalgame entre causes et effets, tout du moins vous inversez les rôles. Les jeux vidéos ne sont que le reflets de notre sociétés, souvent exagérés, mais ils n’ont rien inventé en somme. Tout ces comportements existent déjà naturellement. Sinon la question peut se poster à quel jeux vidéo jouaient nos ancêtres du moyen-âge tant leurs société étaient infiniment plus violente que la notre
Oui, ils existent naturellement mais le jeu les normalise dans le cerveau quand on passe des dizaines d’heures par semaine sur un FPS. C’est un entrainement. C’est sur que les RPG, ça n’a pas d’impact.
Pouvez-vous nous donner des exemples de jeux vidéos que jouaient nos ancêtres du moyen-âge ??? SIC
La majorité des violences de l’époque était due “aux jeux de pouvoir”,mais surtout du fait de l’impact des croyances et donc des religions…
ben voyons, une bavure policière totalement ignorée par le gouvernement déclenche des émeutes dans des quartiers sous-financés et abandonnés par l’état et c’est la faute des jeux vidéo? Réfléchissez un peu…
cherchez la vidéo youtube ” POURQUOI LES “JEUNES” DE BANLIEUE “BRÛLENT TOUT ” et vous entendrez une spécialiste du sujet… n’écoutez pas les détournements stupides du gouvernement qui refuse d’endosser sa responsabilité évidente!
JY Alric, les pseudos études que vous citez n’ont absolument aucune valeur scientifique quoique vous pensez !
A titre personnel et bien que cela puisse paraitre subjectif,j’ai bien constaté qu’il y a bien un lien de causalité depuis l’apparition des films de type Marvel ou dans le même genre de l’augmentation la violence auprès des femmes ou jeunes femmes qui s’imaginent avoir acquis de super pouvoirs ou une super force qui conduit très souvent à des drames…
J’ai un exemple concret et vécu d’une jeune femme faisant à peu près 1,55 ou 1,60 m qui se trouvait face à moi dans le métro et qui m’avait bien vu et pourtant d’un pas alerte et bien décidé elle avait décidé d’aller à la confrontation pour voir qui de nous deux allaient céder le premier et donc qui allait céder le passage.
Au final,au lieu de me bousculer elle a valsé mais sans complètement chuté, puis elle s’est mise à m’insulter tandis que je me suis mis à rigoler. Dans son esprit,on sentait qu’il s’agissait d’une forme de jeu et donc cela n’a pas été plus loin.
C’était il y a largement plus de 10 ans et ce genre de films se sont de plus en plus diffusés et ne parlons même pas des jeux vidéos…
N’oublions pas non plus que la violence psychologique est le plus souvent le fait des femmes alors qu’elle laisse pas ou moins de trace visible au premier abord alors que cette même violence psychologique peut avoir de gros impacts sur le moyen ou long terme…
Et presse-citron qui se prend encore pour des scientifiques ! 😀
Et quand les robocop de l’Intérieur s’entrainent au tir et au close combat, en vrai, ça les rend plus violents ? Envers les gamins des cités ou les leurs et leur conjoint/conjointe ? Il y a des preuves accablantes aussi ?
Ou bien la scientificité que peut pondre nos cultures et les paroles de ses membres à ce propos (vive la loi anti-fessée de 2019 et les paroles de Moutouh, quelle cohérence !) ne valent pas tripette car la violence est simplement la base de notre civilisation d’auto-domestication et qu’elle est institutionalisée ?
Le débat avance, c’est sûr.