Parfois, le succès ou l’échec d’un film ou d’une série ne tient pas à grand-chose. Avant, il y avait le bouche-à-oreille. Aujourd’hui, il existe toujours, mais il a évolué. Les agrégateurs d’avis comme Rotten Tomatoes ou AlloCiné peuvent faire basculer le sort d’un programme mais c’est également le cas des réseaux sociaux. Si les internautes prennent un film ou une série sous leur aile, les conséquences peuvent être renversantes.
C’est l’histoire du film Le Consentement, actuellement diffusé dans les salles obscures de l’Hexagone. Lors de sa première semaine d’exploitation, le film a rassemblé 59 000 spectateurs. Mais la deuxième semaine d’exploitation a créé la surprise dans le milieu du cinéma : Le Consentement a enregistré une hausse de 39% de ses entrées au box-office. La raison ? TikTok.
Quand les réseaux sociaux ont une influence positive sur le cinéma
Disponible dans les salles de cinéma françaises depuis le 11 octobre 2023, Le Consentement met en scène la relation de Vanessa Springora, alors adolescente, et l’écrivain Gabriel Matzneff âgé de 49 ans. Le long métrage réalisé par Vanessa Filho adapte le roman autobiographique écrit par Vanessa Springora. Le Consentement est loin d’être un blockbuster, il s’agit d’un drame indépendant sorti chez le distributeur Pan.
On ne peut pas dire qu’un film doit obligatoirement cartonner dès la première semaine s’il espère le succès. Mais un bond de presque 40% reste un exploit que Le Consentement doit à TikTok. De nombreux utilisateurs du réseau social se filment avant et après avoir découvert le long métrage avec Jean-Paul Rouve, Kim Higelin et Laetitia Casta. Sur TikTok, le hashtag #leconsentementfilm cumule actuellement 2,4 millions de vues.
Le même phénomène a déjà été observé l’année dernière, lors de la sortie de Simone, le voyage du siècle, le biopic consacré à Simone Veil. Grâce à des louanges diffusées sur les réseaux sociaux, surtout sur TikTok, le film d’Olivier Dahan avait rassemblé plus de 2 millions de spectateurs dans les salles obscures de l’Hexagone.
Mais ce phénomène n’est pas exclusif aux films tricolores. Le phénomène “Barbenheimer” a été une aubaine pour les cinémas des quatre coins du monde cet été. Barbie et Oppenheimer sont deux films que tout oppose sortis le même jour dans les salles de cinéma.
Si certains internautes parlaient d’un duel, la réalité fut encore mieux : les spectateurs n’allaient pas voir Barbie ou Oppenheimer, ils allaient voir Barbie et Oppenheimer. Finalement, les deux longs métrages, bien que différents, ont permis de réaliser le week-end le plus lucratif de l’année pour les salles de cinéma. On parle même du quatrième week-end le plus rentable de l’Histoire du cinéma. De quoi démontrer, une nouvelle fois, la puissance d’une tendance ou d’un meme sur les réseaux sociaux.
N’oublions pas de mentionner la tendance raffinée qui a accompagné la sortie du film d’animation Les Minions : Il était une fois Gru. Pour célébrer le retour des drôles de bonhommes jaunes, les adolescents et jeunes adultes se sont mis sur leur 31 et n’ont pas hésité à sortir le costard. À l’inverse, Morbius n’a pas été épargné par les réseaux sociaux et a connu un échec cuisant. Sony Pictures s’était même fait troller pour ressortir le film dans les salles… Pour revivre un flop.
Mais l’influence de TikTok et des réseaux sociaux est similaire lorsqu’il est question des séries. Avec une diffusion hebdomadaire, des programmes comme Game of Thrones ou Euphoria revenaient chaque semaine sur le devant de la scène, véritable rendez-vous que les fans attendaient avec impatience. Encore plus que l’épisode en lui-même, les spectateurs avaient hâte de partager leur ressenti, leurs blagues ou encore leurs analyses sur X (ex-Twitter) ou TikTok.
Lire aussi – Pourquoi le binge-watching fait perdre son charme aux séries
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
L’effet mouton de Panurge. Ainsi nous serions nombreux, si nombreux à aller ou non voir un film, un spectacle, à nous rendre dans un salon, visiter une exhibition selon l’avis de l’autre, puis les autres, à lire ou non un roman au gré d’une critique flatteuse ou accablante. Pathétique.
Pourquoi ne pas envisager de décider par nous-mêmes ? C’est le cas assurément de certains, suivis alors par les moutons. Comme toujours.