C’est une polémique qui n’en finit plus de prendre de l’ampleur. Vendredi, le Washington Post, propriété de Jeff Bezos depuis 2013, et un des plus prestigieux médias américains, a décidé de ne soutenir aucun candidat lors de l’élection présidentielle américaine du 5 novembre prochain. Ce choix de neutralité a été très mal accepté par ses lecteurs, souvent démocrates, qui lui reprochent de manquer de courage alors que le destin des États-Unis se joue dans quelques jours.
Un choix qui coûte cher au Washington Post
La décision n’a pas été prise par les journalistes ou les chefs du journal, mais par Jeff Bezos lui-même. De quoi renforcer les critiques et entraîner le départ de 200 000 abonnés qui ont lancé un appel au boycott, soit 8 % des 2,5 millions de clients. Des personnalités de premier plan, telles que Stephen King et Mark Hamill ont par exemple annoncé avoir annulé leur contrat.
Le fondateur d’Amazon a finalement pris la plume ce lundi et s’est fendu d’un éditorial pour se défendre. Il reconnaît d’emblée la tempête créée par sa décision :
J’aurais aimé que nous ayons fait ce changement plus tôt que nous ne l’avons fait, à un moment plus éloigné de l’élection et des émotions qui l’entourent. C’était une planification inadéquate, et non une stratégie intentionnelle.
Alors que certains l’accusent de vouloir protéger les intérêts de sa société Blue Origin en cas d’accession au pouvoir de Donald Trump, le dirigeant se défend :
J’ai soupiré quand je l’ai appris, car je savais que cela fournirait des munitions à ceux qui voudraient présenter cela comme autre chose qu’une décision de principe.
Par la suite, il cite l’exemple suivant pour justifier son choix :
Aucun électeur indécis en Pennsylvanie ne dira : “Je vais avec le soutien du journal A”. Aucun. Ce que font en réalité les soutiens présidentiels, c’est créer une perception de partialité. Une impression de non-indépendance. Y mettre fin est une décision de principe, et c’est la bonne.
La neutralité est aussi un choix
Il conclut, réaffirmant son engagement : « La critique fera partie intégrante de toute nouveauté, bien entendu. C’est ainsi que va le monde. Rien de tout cela ne sera facile, mais cela en vaudra la peine. Je suis très reconnaissant de participer à cette aventure ».
Le point de vue de Jeff Bezos s’entend, mais se réfute aussi. Certains pourront en effet lui répondre qu’en certaines périodes historiques, une absence de décision et une neutralité affichée de la part d’un média connu pour son engagement démocratique est en réalité le choix du pire.
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Le propriétaire d’un média ne devrait jamais intervenir, ni dans les décisions de sa rédaction ni dans sa sensibilité politique voire sociétale.
L’Amérique est vraiment, mais alors vraiment, plus que jamais engoncée dans un mauvais trip ; que celui-ci fasse vaciller la démocratie est une chose, que le propriétaire d’un média y participe en est une autre. Mais on sait que le business est par définition amoral, il le prouve une fois de plus. Honte à Jeff Bezos et bravos aux 200 000 abonnés, soit 8 % des 2,5 millions de clients, qui quittent le journal entaché tout en lançant un appel au boycott.
Premièrement, ce sont juste des assoiffés, Trump leur a promis des baisses d’impôts drastiques.
Secondement, Trump a promis moult vengeance et purge à son arrivée au pouvoir, ils ont peur.