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Elon Musk sous pression : l’Europe veut concurrencer Starlink et Tesla

Musk voulait jouer dans la cour des grands en politique, mais aurait peut-être dû lire les règles avant.

L’alliance entre Elon Musk et Donald Trump pourrait coûter cher au magnat de la technologie. Pendant que le multimilliardaire pavane aux côtés du président américain tout en gérant ce département gouvernemental fantoche qu’est le DOGE, ses rivaux européens avancent leurs pions. Deux secteurs sont dans leur viseur : les communications satellitaires et les véhicules électriques.

Modus operandi ? Tirer parti des inquiétudes grandissantes autour des implications politiques de l’empire commercial de l’homme d’affaires sud-africain.

Starlink : la fronde européenne

Depuis le début de l’invasion russe en 2022, le service internet par satellite Starlink de SpaceX a joué un rôle déterminant dans les communications militaires ukrainiennes. Les forces armées ont pu communiquer, coordonner leurs opérations et recueillir des renseignements grâce à un réseau plus résilient face à la déferlante russe. Sans l’entreprise de Musk qui a fourni gratuitement ; en grande partie ; ses services au pays, le conflit aurait pris une autre tournure.

Revers de la médaille : une dépendance technologique inquiétante. Musk, en tant que propriétaire de SpaceX, a un contrôle unilatéral sur le service Starlink ; cela signifie donc qu’il a le pouvoir de couper le réseau de l’Ukraine à tout moment, pour quelque raison que ce soit. Et c’est peut-être ce qui se trame en ce moment même dans les coulisses de Washington.

Selon des informations rapportées par Reuters, des responsables américains auraient évoqué la possibilité de couper l’accès de Kiev à Starlink. Bien que Musk ait démenti cette information, les récents agissements du Gouvernement américain vis-à-vis de l’Ukraine laissent à penser que ce risque ne peut être ignoré.

Il n’en fallait pas plus pour l’entreprise française Eutelsat, géant du secteur des communications par satellite en Europe, pour saisir l’occasion. Elle a annoncé mardi être en pourparlers avec l’Union européenne pour étendre son service internet à l’Ukraine, une alternative qui bouterait Starlink hors du pays. Cette annonce a propulsé les actions de l’entreprise, qui ont bondi de 77 % en une seule journée.

La méfiance envers Starlink grandit, et s’est également manifestée dans les propos du PDG de Thales, Patrice Caine : « Les acteurs gouvernementaux exigent fiabilité, transparence et constance. Un intervenant qui – comme on l’a constaté à maintes reprises – confond intérêts économiques et motivations politiques n’inspire guère confiance à certains clients ». Un tacle à la gorge à peine déguisé.

Tesla dans le viseur de Polestar

Les répercussions des prises de position politique de Musk continuent à se répandre comme une traînée de poudre. En interne, ça gronde depuis le début d’année au sein même de l’entreprise et outre-Atlantique, des manifestations anti-Musk ont été menées la semaine dernière et la réaction de ce dernier n’a pas convaincu.

Quoi de mieux que la bérézina ambiante pour jouer ses cartes ? Polestar (constructeur automobile suédois spécialisé dans les véhicules électriques haut de gamme) a rapidement capitalisé sur ce contexte en proposant des remises aux propriétaires de Tesla souhaitant acquérir son nouveau SUV.

D’après Jordan Hofmann, responsable des ventes de Polestar aux États-Unis, cette stratégie a rencontré un succès fulgurant. « Cette semaine a connu certains des jours de commandes les plus élevés pour la Polestar 3 », a-t-il écrit sur LinkedIn.

La stratégie visant à exploiter les controverses politiques de Musk semble donc porter ses premiers fruits. L’ancienne coqueluche des marchés aurait-il oublié une des règles d’or du capitalisme à mesure qu’il tente de se frayer un chemin en politique ? Quand on devient un risque ou une nuisance pour le business, on lui trouve rapidement un remplaçant.

  • Le rapprochement entre Elon Musk et Donald Trump suscite des inquiétudes qui fragilisent ses entreprises, offrant une opportunité aux acteurs européens dans les secteurs des satellites et des véhicules électriques.
  • L’Europe cherche à réduire sa dépendance à une infrastructure contrôlée par Musk, notamment en Ukraine, où des alternatives à son réseau de communication émergent.
  • Les choix politiques du milliardaire commencent à peser sur Tesla, incitant des concurrents à attirer ses clients avec des offres ciblées et profitant ainsi du climat de défiance croissant.

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