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En Europe, l’hyperloop fait parler de lui avec un nouveau record

Traverser l’Europe dans des tubes sous-vide à des vitesses proche de celle du son, voici en quelques mots le projet d’Hardt Hyperloop.

Les films de science-fiction l’ont déjà écrit, le futur de la mobilité se trouve dans l’hyperloop. Avec ce nouveau train, plus rapide qu’un avion de ligne, voyageant dans un tube sous vide, les transports de demain ont trouvé leur porte-étendard.

Mais depuis la théorisation de cette idée par Elon Musk en personne, les projets d’hyperloop naissent et meurent au rythme des saisons. Difficile de voir un programme se détacher de la masse, tant les projets techniques à faire sont encore énormes.

Si l’hyperloop peut apparaître comme une technologie futuriste, encore assez lointaine, l’entreprise européenne Hardt Hyperloop vient de prouver le contraire. Un prototype de train à sustentation magnétique vient de flotter et d’atteindre la vitesse “folle” de 30 km/h.

Cela paraît très peu, c’est normal. Mais ce premier essai n’en reste pas moins un record continental. C’était surtout une démonstration de la technologie de la société. L’objectif est maintenant de progresser et de rapidement atteindre les 100 km/h. L’entreprise, originaire des Pays-Bas, voudrait construire d’autres prototypes, plus puissants. Le premier voyage habité pourrait avoir lieu en 2030 selon son calendrier, ultra-optimiste.

Hyperloop : un rêve impossible ?

Amoureux de la science-fiction, le retour à la réalité risque de faire mal. Mais l’hyperloop est encore bien loin de voir le jour. Si les projets de développement sont nombreux, aux quatre coins du monde, ils rencontrent tous les mêmes problèmes.

La recherche n’avance que très peu sur ce sujet et si les avantages de mobilité sont évidents (réaliser un Paris-Marseille en 60 à 70 minutes), le rapport coût/bénéfice est lui plus que déséquilibré. De nombreuses études ont mis en avant les besoins énergétiques colossaux d’un tel programme, même une fois que les trains entreront en circulation.

De tels frais de fonctionnement et d’entretien risquent de faire exploser le prix des billets, rendant cette mobilité, de facto, beaucoup moins populaire.

L’exemple d’Hyperloop One

À ce jour l’un des projets autour de l’hyperloop le plus avancé est mené par l’entreprise Hyperloop One. Cette société a même réussi, en 2020, le premier voyage habité de l’histoire. Deux personnes ont ainsi traversé une partie du Nevada, atteignant 170 km/h en vitesse de pointe.

Malgré cette première très encourageante, les finances trop fragiles de la société ont fini par avoir raison du département de R&D. Hyperloop One met la clé sous la porte le 31 décembre dernier, faute de moyens pour atteindre ses objectifs.

La concurrence du TGV et de Maglev

En plus du coût de développement de la technologie, qui est déjà énorme, il faudra ensuite, pour les entreprises qui arrivent à produire un Hyperloop fonctionnel, convaincre les états d’investir dans cette technologie. Aujourd’hui l’Europe, et la France en premier lieu, mise tout sur le train et les lignes à grande vitesse.

Des projets de LGV fleurissent un peu partout dans le pays, avec un coût de déploiement qui plombe déjà les finances du secteur. On ose à peine imaginer comment un projet d’infrastructure pour un Hyperloop serait accueilli du côté de Bercy.

À titre de comparaison, un kilomètre de LGV coûte environ 10 millions d’euros. C’est déjà énorme, mais ce n’est qu’une bouchée de pain à côté de l’Hyperloop. En 2019 une étude avait évalué le coût de fabrication des infrastructures autour de 80 millions d’euros par kilomètres.

Une ligne entre Paris et Marseille pourrait donc coûter 60 milliards d’euros. Pour se faire une idée, le budget de l’armée en France est de 35 milliards d’euros par an. Une telle dépense est tout simplement impossible à envisager, surtout avec la conjoncture économique.

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