Depuis sa première édition en 2024, l’Esports World Cup (EWC) s’est imposée comme l’événement esport le plus important de la scène compétitive mondiale. Avec 25 tournois différents au total sur des jeux très variés (Valorant, Counter-Strike 2, Rocket League, Dota 2 ou Street Fighter 6 pour les plus connus), la compétition a rassemblé plus de 200 clubs et 2 500 joueurs du monde entier en 2025. Née à Riyad, capitale mondiale du sport électronique, en Arabie saoudite, l’édition de cette année devait, cet été, répliquer le succès de celle de l’année passée, mais avec un prize pool encore plus important, dépassant les 75 millions de dollars.
Mais selon une enquête de GamesBeat, confirmée par trois sources indépendantes issues du milieu, les organisateurs ont informé leurs partenaires et parties prenantes que la compétition se tiendrait finalement à Paris. Aucun communiqué officiel n’a suivi et l’EWC Foundation a d’ailleurs refusé de commenter, alors que les rumeurs circulaient déjà depuis plusieurs jours. Pour l’instant, le site officiel mentionne toujours Riyad comme ville d’accueil, et Ralf Reichert, PDG de l’EWC Foundation, avait publiquement exprimé l’espoir que cette troisième édition se tienne encore en Arabie Saoudite. Néanmoins, l’escalade des tensions géopolitiques dans la région risque bien de faire pencher la balance en faveur de la Ville Lumière.
Game over pour la capitale saoudienne
Aux mois de février et mars, Riyad et l’aéroport international King Khalid ont été ciblés par des drones et missiles iraniens, dans le cadre du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et Israël. De nombreuses compagnies aériennes ont annulé ou suspendu leurs vols vers la région jusqu’en octobre 2026. L’acheminement des participants serait un cauchemar logistique, et même en supposant que tout le monde y arrive, il est impensable qu’une alerte aérienne se déclenche en pleine compétition.
L’EWC doit normalement se tenir dans un peu moins de deux mois (du 6 juillet au 23 août), les organisateurs n’ont donc pas le luxe de prospecter. Il leur fallait une ville capable d’accueillir tout ce beau monde et Paris avait une longueur d’avance que peu de métropoles pouvaient revendiquer.
La capitale française ayant déjà accueilli le Six Invitational 2026 (championnat du monde de Rainbow Six : Siege) en février et les VALORANT Champions 2025 (championnat du monde du FPS tactique de Riot Games). Les infrastructures sont donc largement suffisantes pour garantir la tenue des tournois dans des conditions optimales, avec des prestataires rodés à l’exercice. Elle dispose également d’un réseau aérien dense la reliant au monde entier, ainsi que suffisamment d’hôtels pour loger les participants.
Il faudra tout de même adapter l’EWC aux contraintes de la ville puisque son format est un peu particulier : organisé comme un campus ou un festival, toutes les arènes sont regroupées au même endroit. Les spectateurs peuvent passer de la scène dédiée à CS2 à celle de Rocket League à pied, dans la même journée, sans avoir à planifier quoi que ce soit.
Paris, elle, ne dispose pas de ce type d’infrastructure centralisée. Ses grandes salles (Accor Arena, Paris La Défense Arena, Adidas Arena) sont réparties sur une vaste zone géographique, bien reliées par les transports de la RATP, mais séparées parfois de dizaines de kilomètres. Cela compliquera certainement la logistique pour les organisateurs, même si la ville a déjà prouvé qu’elle savait héberger les grands événements ; les JO 2024 en sont le meilleur exemple.
Si le déménagement venait à être confirmé par l’EWC Foundation, cela ravira sans aucun doute une partie de la communauté esport qui réclamait ce départ depuis deux ans, sans jamais avoir réussi à l’obtenir. L’Arabie Saoudite n’étant pas le pays le plus « moderne » qui soit (criminalisation des personnes homosexuelles, droit des femmes arriéré, liberté d’expression inexistante, peines de mort par décapitation publique…) les appels au boycott avaient fleuri à chaque édition. Sans jamais peser suffisamment lourd pour que cela ne change quoi que ce soit, car l’EWC avait besoin d’argent pour survivre, et le Fonds souverain saoudien suffisait à rendre les débats inaudibles. Autant en profiter : Paris sera une hôte autrement plus présentable et n’a pas besoin des pétrodollars pour donner ses lettres de noblesse à ce cru de 2026.
- L’Esports World Cup 2026 pourrait être déplacée de Riyad à Paris en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
- La logistique de l’événement est compliquée à Riyad, tandis que Paris dispose des infrastructures nécessaires pour accueillir la compétition.
- Un déménagement vers Paris pourrait satisfaire une partie de la communauté esport qui critique l’Arabie Saoudite pour ses violations des droits humains.
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