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Essai Mini Cooper SE électrique : Mini redistribue les karts

Avec son autonomie taillée pour la ville, la nouvelle Mini Cooper SE 100% électrique est une dévoreuse de petits espaces, mais elle le fait avec brio.

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Mini Cooper SE
© Eric Dupin pour Presse-citron

En matière d’automobile, quand on pense « Mini », généralement on pense petit véhicule à destination essentiellement urbaine. D’ailleurs, lorsque la première Mini du nom fut lancée il y a soixante ans, l’idée était de proposer pour la première fois un maximum d’espace intérieur avec un minimum d’encombrement extérieur. Et pour cette petite révolution, ce furent les anglais qui tirèrent les premiers.

Depuis la nouvelle version de la mythique citadine, relancée avec le succès que l’on sait en 2001, les déclinaisons n’ont cessé d’enrichir la gamme, des modèles les plus sportifs jusqu’à la récente Countryman hybride rechargeable. Mais il se pourrait que la vraie nouveauté soit celle qui sera disponible dès la première quinzaine du mois de mars, et qui se passe cette fois complètement de moteur thermique : la Mini Cooper SE.

Nous avons eu l’occasion de la découvrir lors d’un essai dans le sud de la France constitué d’un itinéraire mixte comprenant de la ville (Marseille), de la voie express et de l’autoroute, et des petites routes de l’arrière-pays provençal, et le verdict est plutôt positif.

Un design pratiquement inchangé

La Mini Cooper SE n’est pas une nouvelle voiture au sens où BMW n’est pas parti d’une feuille blanche pour la concevoir. Au contraire, lors du lancement du projet, le mot d’ordre était plutôt à la rationalisation des processus de fabrication, et donc aux économies d’échelle. C’est la raison pour laquelle la Mini Cooper SE, fabriquée comme les autres versions sur les chaines de l’usine d’Oxford, a été avant tout pensée pour qu’il n’y ait pratiquement aucune différence avec les autres modèles de la gamme. Le moteur, commun avec celui de la BMW i3s, est par exemple installé sur les mêmes fixations que celui de ses cousines thermiques, et même le port de charge est identique à la trappe d’essence des autres Cooper. De fait, les techniciens qui travaillent sur les chaines de montage ne font pratiquement pas de différence entre les thermiques et les électriques lors de l’assemblage.

Une cohésion de marque qui se retrouve dans le design de la Cooper SE, qui est basée pour le moment uniquement sur une version, celle de la Mini 3 portes. Seul un œil averti remarquera les infimes différences, comme la calandre pleine (marque de fabrique des voitures électriques), les jantes aéro et surtout quelques liserés jaunes ici et là, couleur qui est la signature de l’électromobilité chez BMW Group, et que l’on retrouve aussi sur la signature de son nom « E », jaune lui aussi. Dernier détail difficilement visible à l’œil nu, en raison de l’emplacement de la batterie en forme de T, la caisse est légèrement surélevée, de 18 millimètres exactement. Pour le reste, celles et ceux qui sont familiers de la marque se retrouveront en territoire connu, y compris à bord, où pratiquement rien ne change, à part encore ces petites touches de jaune ici où là. Rassurez-vous, cela reste discret, on est quand même chez Béhème. Petit détail : notre modèle rouge vif prenait particulièrement bien la lumière lors de ces journées baignées de soleil en région marseillaise fin février.

Confort et vie à bord : entre high-tech et classicisme

Quand on a déjà eu l’occasion de tâter un peu de la Mini, on n’est donc pas dépaysé dès que l’on s’assoit à bord, et plus précisément à son volant. L’intérieur tout en rondeurs et le cockpit offrant une position de conduite typée assez sportive sera peut-être un peu déroutant pour ceux qui ne connaissent pas, mais on (re)trouve rapidement ses marques. On se sent tout de suite très bien dans les sièges cuir (ou tissu selon la version) réglables en de multiples positions – mais sans aucun réglage électrique, même sur les versions les plus huppées – et la position de conduite frise la perfection, une fois que l’on a pris le temps de régler également le volant. Le temps de pousser le basculeur central (jaune) de la rangée de boutons « aviation » et le contact est mis, avec en bonus un petit son façon sci-fi qui accompagne l’allumage du tableau de bord et des deux écrans.

La nouvelle Cooper SE propose un nouveau combiné d’instruments spécifique au modèle qui se compose d’un écran couleur de 5,5 pouces au design « Black Panel » mat derrière le volant. Au centre de l’écran numérique, la vitesse de conduite s’affiche sous la forme de chiffres ainsi que sur un cadran circulaire. La vitesse est également visible sur l’anneau lumineux de l’écran central – selon le mode de conduite en rouge (mode SPORT), en blanc (MID) ou en vert (GREEN et GREEN+). Le combiné d’instruments indique également l’état de charge de la batterie haute tension, le mode de conduit sélectionné, le statut des systèmes d’aide à la conduite et les messages « Check-Control », ainsi que les indications relatives à l’autonomie disponible, la puissance moteur actuelle, la température extérieure, l’heure et le kilométrage, ainsi que les messages de l’indicateur de limitation de vitesse et les indications de guidage du système de navigation.

Côté info-divertissement, on a droit à Apple CarPlay, avec ces deux caractéristiques propres à BMW : pas besoin de câble USB puisque l’app fonctionne sans fil, et pas d’Android Auto. Le système de navigation est disponible de série et comprend un écran tactile de 6,5 pouces au centre de la planche de bord. Il permet d’utiliser le service d’information trafic en temps réel et ses données relatives à la circulation, le portail internet MINI Online et donc Apple CarPlay. Les mises à jour des cartes de navigation sont transmises automatiquement au véhicule au moyen du réseau mobile. L’application pour smartphone Mini Connected offre plusieurs fonctionnalités via le bouquet de services à distance « Remote Services », comme par exemple la possibilité d’afficher sur son smartphone des informations sur l’état de charge de la batterie et l’autonomie, ou encore des statistiques sur la consommation d’énergie de son véhicule, ainsi qu’une carte des bornes de recharge publiques les plus proches. Il est également possible d’activer certaines fonctions de la voiture via l’app mobile, comme l’appel de phares (pour la retrouver dans un parking de nuit), le verrouillage et le déverrouillage des portes, et la mise en température de l’habitacle du véhicule. Lorsque le véhicule est raccordé au réseau électrique, le conducteur peut piloter le processus de recharge au moyen des services à distance. Le pack optionnel « Connected Navigation Plus » comprend, en sus, un écran couleur 8,8 pouces et la fonction de recharge à induction pour smartphones. C’est cette version « full specs » dont nous disposions lors de notre essai.

D’une façon générale, la voiture est bien équipée, avec pour l’édition spéciale un toit ouvrant panoramique en verre, des rétroviseurs rabattables électriquement, pack le Connected Navigation, la sellerie tissu/cuir Black Pearl, les jantes en alliage léger 16 pouces, l’accoudoir central avant, le kit rangement, le Mini Excitement Package, le kit éclairage, le Bluetooth et la recharge par induction. Notre modèle d’essai disposait en outre du HUD, à savoir la visée tête haute à hauteur réglable, avec projection d’une sélection paramétrable d’informations de conduite dans un écran transparent face au conducteur au niveau du pare-brise.

Au volant, des sensations brutes

On ne va pas se mentir, les Mini ont la réputation d’être des voitures fermes, et ce côté « kart » se confirme sans équivoque avec la Cooper SE, probablement pour le plus grand plaisir des aficionados, qui encore une fois ne seront pas dépaysés. La voiture est vive et vire à plat avec une direction particulièrement précise et agréable. L’effet « sport » est renforcé évidemment par le couple immédiat du moteur électrique de 184 chevaux (135 kW) et son couple de 270 Nm qui propulse l’engin de 0 à 100 en 7,3 secondes, ce qui est tout à fait honorable et place les accélérations de la Mini dans la bonne moyenne des petits sportives. Du coup vous l’aurez compris, position de conduite « sport », châssis « kart » et couple généreux fournissent un cocktail 100% plaisir, et l’on se prend au jeu rapidement, dans un silence seulement perturbé par le buzzer devenu obligatoire sur les électriques depuis le 1er juillet 2019, qui émet un son à destination des piétons en-dessous de 20 km/h.

La ville et le péri-urbain sont donc son territoire, mais elle ne rechigne pas à aller goûter un peu d’autoroute, avec un enthousiasme étonnant, du moins jusqu’à 130 km/h, où la poussée est vive et continue, et les reprises encore une fois dignes d’une bonne sportive. La Cooper SE affiche quand même un poids à vide de 1 365 kg, soit 145 kg de plus que le modèle thermique équivalent, la MINI Cooper S 3 portes équipée de la transmission Steptronic. On va dire qu’avec un plein d’essence sur la Thermique, la différence tombera en-dessous des 10 kg (rappel : quand on fait le plein de charge d’une voiture électrique, elle ne pèse pas plus lourd, étonnant non ?) 🙂

Une autonomie… suffisante pour la ville

Si vous planifiez un long roadtrip en revanche, il se peut que cette voiture ne soit pas le meilleur choix. La Mini Cooper est clairement conçue pour un usage quotidien en ville et périphérie. Parfaite pour se rendre au travail ou au restaurant, elle montrera rapidement ses limites en raison d’une autonomie qui n’est pas taillée pour les grands espaces. Sa batterie lithium-ion d’une capacité de 32,6 kWh (dont 29,6 utiles) permet d’atteindre 234 kilomètres d’autonomie selon la norme WLTP avec une consommation moyenne de 15,2 à 15,9 kWh/100 km. Lors de notre essai nous avons plutôt constaté entre 16 et 19 kWh/100 km sans pour autant avoir adopté une conduite particulièrement énergivore. Dans ces conditions, l’autonomie réelle se situera plutôt entre 155 et 185 kilomètres. Sachant que l’on parcourt généralement moins de 50 km par jour, il faudra au pire recharger se Cooper SE tous les trois jours sur une prise domestique à domicile ou sur une borne publique.

Mini Cooper SE Ionity

Le moniteur de charge Ionity est avare en indications

Mini Cooper SE Ionity

L’autre option est d’utiliser un service de charge rapide comme par exemple Ionity, compatible avec la Mini Cooper SE. Nous avons testé sur l’aire de Cambarette sur l’autoroute A8 entre Aix en Provence et Cannes. Si les bornes Ionity actuelles proposent une puissance de charge de 150 kW, la capacité de recharge de la Cooper SE est limitée à 50 kW, mais il nous a fallu près de 40 minutes pour recharger de 42% à 100% car les derniers kW sont les plus longs à récupérer. On sait que le temps de recharge idéal se situe entre 5 et 80% et que la vitesse de charge chute considérablement au-delà de 80%, mais nous souhaitions justement faire ce test. Un cas de figure qui se produira rarement dans un usage quotidien, où il est de toute façon recommandé de ne pas abuser des chargeurs trop puissants et de limiter la charge à 80% afin de ne pas dégrader trop rapidement les batteries.

Une aire 100% électrique avec Ionity et Tesla face à face, tout un symbole 🙂

Un mot sur les différents modes de conduite, au nombre de quatre : Sport, Mid, Green et Green+. Si l’on comprend aisément la fonction des trois premiers, le Green+ n’est qu’une déclinaison du Green, auquel on a simplement ajouté la désactivation du chauffage, de la climatisation et du chauffage des sièges, en un clic.

Le freinage régénératif avec conduite « à pédale unique » remplit parfaitement son office, de par sa puissance. Après un petit temps d’adaptation, le bon usage du frein moteur permet de ne pratiquement plus jamais utiliser la pédale de frein, sauf en cas d’urgence. Cette conduite typique de l’électrique a deux effets induits : pratiquement pas d’émission de particules fines en provenances des freins, et des jantes qui ne noircissent pas. Amusez-vous à regarder les roues d’une voiture électrique, notamment celles à grands bâtons d’une Tesla, et vous verrez qu’elles sont toujours d’une propreté immaculée. Le freinage régénératif de la Mini Cooper SE offre deux niveaux de freinage : un commodo situé à gauche du bouton Start-Stop permet, indépendamment des modes de conduite, de choisir une récupération plus intense ou plus légère et une décélération adaptée, pour ceux qui n’aiment pas avoir l’impression que leur auto freine brusquement à chaque lever de pied de l’accélérateur.

Prix et disponibilité de la Mini Cooper SE

La Mini Cooper SE sera disponible à partir du 10 mars 2020 en deux versions : Greenwich à 37 600 euros et Yours à 40 800 euros. Des tarifs desquels il faut déduire la prime écologique de 6000 euros. Une offre de financement permettra de l’obtenir moyennant 360 euros par mois sans apport pendant 36 mois et 30 000 km, entretien et extension de garantie inclus.

En conclusion

Avec son autonomie limitée, la Mini Cooper SE a certainement un peu déçu celles et ceux qui hésitent à passer à l’électrique et qui sont encore frappés par la fameuse « range anxiety ». Mais le choix de BMW parait finalement assez cohérent, car il fallait que cette auto ne trahisse pas son ADN et reste agile malgré l’embonpoint que représente la batterie, compensé il est vrai par un moteur électrique plus léger que son équivalent thermique. Un choix qui s’est fait au détriment de l’autonomie, mais qui permet de garder un plaisir de conduite et une vivacité intacts, pour une clientèle essentiellement urbaine qui roule tout au plus quelques dizaines de kilomètres par jour, et qui reste pour autant très attachée au style, au look et aux équipements « premium ».

On aime

  • Le look
  • La vivacité
  • Les équipements de série
  • L’habitacle et le plaisir de conduire

On aime moins

  • L’autonomie
  • Pas de sièges électriques
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