« Allez-y, vous êtes en Renault 4 » signale le bouton métallique cuivré niché sur le siège. Drôle d’inscription. Mais ce qui l’est encore plus, c’est bien l’ensemble du fauteuil, entièrement recouvert de jean, recto et verso compris ! Curieux habillage en effet pour le petit jeunot que je suis. Les ancêtres, eux, trouveront une inspiration tangible à l’iconique 4L qui arborait déjà cette sellerie bien singulière. Oups, j’espère n’avoir vexé personne…
Ce qui pourra à coup sûr contrarier certains se trouve sous le capot : fini les pistons qui se trémoussent dans leurs petits cylindres. Alors que la 4L goûtait volontiers aux joies du bricolage, la R4 cru 2025 reçoit fatalement un bloc électrique accompagné de sa nuée de câblages oranges qu’il vaut mieux ne pas trifouiller. L’objet du crime étant posé, revenons maintenant aux choses qui devraient mettre tout le monde d’accord.
Renault 4 électrique : un style délicieusement rétro
Oui, elle a bien grossi (4,14 m de long, soit 49 cm de plus). Oui, sa masse a très sévèrement forci (1 500 kg pour notre version, soit presque une tonne de plus). Oui, les passéistes diront qu’elle n’a plus rien à voir avec la 4L. Et pourtant, cette R4 multiplie habilement les clins d’œil avec de nombreux éléments de style inspirés de son aïeule. Son capot plat se terminant sur une calandre rectangulaire rétroéclairée englobant des feux circulaires ne vous rappelle rien ?
Que dire ensuite du logo Renault illuminé qui assure à lui seul le show une fois la nuit tombée ? Et puis, de profil, comment ne pas remarquer les bas de porte cannelés et la vitre de custode à la forme trapézoïdale caractéristique ? Impossible également de zapper le hayon très incliné mordant sur le pare-chocs, et entouré d’optiques verticales au dessin haché si singulier. Bref, il faudrait être empli de mauvaise foi pour ne pas apprécier les hommages à la 4L.
Renault 4 électrique : un habitacle assez bien conçu
Les similitudes sont moins tangibles dans l’habitacle puisque la R4 reprend intégralement la planche de bord de la R5 avec ses deux écrans nichés dans des blocs assez disgracieux. La commande de « boîte » prend place sur la colonne de direction et s’avère assez irritante à manier, avec une marche arrière qui ne passe souvent pas du premier coup. Est-ce là un parallèle malheureux avec la 4L, au levier de vitesses perché tout aussi pénible à l’usage ?
Le reste s’avère à la hauteur, avec les fameux sièges en jean évoqués en préambule. Cette garniture denim se retrouve aussi sur les contreportes ainsi que sur le tableau de bord pour égayer l’ambiance intérieure. Le rendu est réussi et le confort, présent. La boîte à gant est vaste, ce qui n’est en revanche pas le cas des bacs de contreportes avant, plus réduits que ceux dédiés aux contreportes arrière.
Renault 4 électrique : plus facile à vivre que la R5
La Renault 4 corrige aussi le plus gros défaut porté par la R5, à savoir l’habitabilité arrière. Bon, on est encore loin du jumbo jet, mais force est de constater que la R4 se montre bien plus accueillante avec une bonne garde au toit et un espace aux genoux plus acceptable. Il sera en revanche toujours très compliqué de voyager à trois sur la banquette arrière qui souffre d’une largeur aux coudes trop réduite.
Rien à voir avec le coffre qui culmine à 420 l, une excellente valeur pour la catégorie. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, son ouverture fait partie des plus larges alors que son seuil joue les rases moquettes. La banquette peut se rabattre en 2/3-1/3, offrant alors une longueur de chargement utile allant jusqu’à 2,20 m grâce au siège passager avant pouvant se mettre en tablette.
Renault 4 électrique : agréable à conduire aussi
Enchaîner autant de louanges à la minute peut paraître louche. Ai-je été grassement rémunéré par le Losange pour mes propos dithyrambiques ? Navré de vous dire que non. Navré aussi de poursuivre avec le même entrain sur la conduite, en affirmant que cette Renault 4 est réussie. Sa masse modérée couplée à un châssis de qualité rendent la française franchement agréable dans les petites courbes.
Les suspensions, que je trouve un poil fermes, freinent efficacement les mouvements de caisse sans pour autant se montrer cassantes sur les bosses. Trop assistée en mode Confort, la direction gagne heureusement en dureté sur le programme Sport pour rendre la R4 un chouïa plus précise. Le freinage régénératif est modulable sur quatre degrés jusqu’au mode One Pedal, une bonne chose étant donné la consistance hasardeuse de la pédale de frein.
Renault 4 électrique : pas vraiment une voyageuse
Gabarit compact, formes faciles à cerner, rayon de braquage honnête : la R4 est une citadine accomplie. Seul l’amortissement aurait gagné à être plus doux à basse vitesse. La visibilité arrière, elle, est entravée par les appuie-têtes, raison pour laquelle la caméra de recul vient en série. Seulement, elle est vraiment de piètre qualité. Dommage car la consommation est basse en milieu urbain puisqu’il est possible de glisser sous les 12 kWh/100 km.
Les choses se gâtent logiquement sur autoroute avec un appétit grimpant à 20 kWh/100 km par beau temps. Ce chiffre devrait encore monter en hiver malgré la présence d’une pompe à chaleur en série. Sous un beau soleil de juin, il sera néanmoins possible de parcourir environ 200 km avant de devoir ravitailler avec l’accumulateur de 52 kWh. La charge en courant continu pointe à 100 kW, ce qui est dans la moyenne de la catégorie.
Point positif, le préconditionnement de la batterie en série à partir du milieu de gamme Techno arrangera les choses dans des conditions hivernales. C’est encore rare dans le segment. Ce qui est en revanche plus commun sur ces petites voitures, c’est l’insonorisation, qui s’avère un peu légère sur les grands axes. Lancée à pleine vitesse, la R4 n’est ainsi pas avare en bruits aérodynamiques.
Renault 4 électrique : un multimédia au top
Là où la française écrase littéralement la concurrence, c’est plutôt au niveau du multimédia avec un système d’infodivertissement au top de la catégorie. L’interface tournant sous Google Automotive est un modèle du genre grâce à une ergonomie, une fluidité et des graphismes léchés. Quant au planificateur d’itinéraire, il vient en série dès la finition intermédiaire Techno quand nombre de concurrentes font une croix dessus.
En bonus, le système se révèle particulièrement fiable avec des estimations précises, que ce soit pour l’heure d’arrivée ou le niveau de batterie restant. Renault ne s’est pourtant pas emporté sur le tout numérique puisque les commandes de ventilation demeurent physiques, tout comme le bouton désactivant les aides à la conduite, directement accessible à gauche du volant. Excellent.
Renault 4 électrique : relativement compétitive
Ces belles prestations se monnaient-elles au prix fort ? Pas exactement. Bien entendu, la R4 n’est pas discount, aucunement même par rapport à la 4L. Mais par rapport à ses congénères, elle reste raisonnablement tarifée. La R4 ouvre ainsi sa gamme à 29 990 € en finition de base Evolution avec la petite batterie de 40 kWh. L’équipement est correct, mais les 300 km d’autonomie et l’absence de planificateur d’itinéraire écornent la polyvalence.
La batterie de 52 kWh débute elle à 33 490 €, toujours avec le niveau Evolution. Le rayon d’action passe ainsi à 400 km. Mais il faudra bien opter pour la finition Techno à partir de 35 490 € pour bénéficier de tout ce qui fait le charme de la R4, avec notamment un style plus avenant et un équipement enfin complet. C’est d’ailleurs cette version que nous vous recommandons car la finition Iconic devient trop chère à 37 490 € pour des apports limités.
La Renault 4 reste en prime éligible au bonus écologique de 2 000 € grâce à sa fabrication française dans l’usine de Maubeuge – manufacture de Maubeuge selon le discours officiel… Sachez que les alternatives à la française sont nombreuses. Parmi les meilleures, on remarquera le Ford Puma Gen-E, moins cher et plus agréable à conduire. Le Skoda Elroq, lui, sera nettement plus habitable pour un prix à peine supérieur. Mais aucun des deux ne possède le capital sympathie de la R4, du moins en France…
Renault 4 électrique : notre avis

Dire que la Renault 4 est une R5 plus pratique serait un raccourci terriblement injuste. Si l’on ferme les yeux sur la planche de bord, commune à celle de la citadine, la R4 a bel et bien une personnalité propre. Sa robe emplie de nostalgie interpelle, son contenu technologique est au niveau, sa partie électrique convainc tandis que sa conduite demeure plaisante. Que citer alors en défauts ?
Des broutilles : j’irais chercher un amortissement un peu rude à basse vitesse, un mobilier sommaire sous certains angles, la quasi-impossibilité de voyager à trois sur l’étroite banquette arrière et une caméra de recul façon peinture rupestre contrastant vivement avec la qualité de l’écran tactile. Aussi, la pédale de frein n’est pas toujours coopérative en début de course, un impair cependant vite envolé grâce au mode One Pedal.
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Renault 4 E-Tech Techno
36 790 €On aime
- Le style très réussi
- Le rapport habitabilité/encombrement
- La tenue de route de bon niveau
- L’équipement de série riche
- L’infodivertissement excellent
On aime moins
- Les suspensions un peu fermes en ville
- Le ressenti de la pédale de frein
- La largeur aux coudes réduite à l’arrière
- La qualité de la caméra de recul























