Branle-bas de combat chez Skoda ! La marque tchèque lance l’Elroq, son premier SUV compact électrique, sur un segment déjà noir de monde. Pour ne pas se contenter des miettes d’un gâteau extrêmement disputé, le constructeur a fait usage d’une recette simplissime, celle de rétrécir l’excellent Enyaq sans en réduire ses prestations. Tuons dès lors tout suspense : l’Elroq est tout aussi réussi que son frère aîné pour un prix bien inférieur.
Skoda Elroq : un style retenu
Contrairement à la concurrence désireuse d’émouvoir au premier regard, le Skoda Elroq ne multiplie pas les efforts pour attirer les foules. Comme un costume taillé au cordeau, la robe du tchèque se veut avant tout sobre et sans artifices. Sans fioritures, certes, mais pas sans ambitions ! L’Elroq étrenne en effet le nouveau langage stylistique « Modern Solid » de la marque avec des optiques réparties sur deux étages.
Bienheureux car le reste se veut très classique par ses lignes tendues sans excès et ses plis de carrosserie somme toute modérés. L’œil non exercé pourrait rapidement confondre l’Elroq avec un Enyaq, notamment de profil où les similarités sont frappantes. Il faudra sortir le mètre ruban pour mesurer littéralement la principale différence : l’Enyaq s’étend sur 4,65 m quand l’Elroq restreint sa longueur à 4,48 m.
Skoda Elroq : un habitacle de grande qualité
Le jeu des sept différences prend une tournure encore plus tendue à bord puisque l’Elroq récupère intégralement la planche de bord de l’Enyaq. Si l’originalité est une fois encore reléguée au placard, le copier-coller a néanmoins ses vertus. Le Skoda Elroq jouit en ce sens d’une présentation de haut niveau qualitative à souhait pour la catégorie. Plus que les assemblages sérieux, ce sont surtout les matériaux choisis qui sont de belle facture.
Les plastiques moussés, bien entendu de la partie, se voient complétés d’inserts en tissu ou en cuir courant sur la planche de bord. L’ensemble est malgré tout sombre, d’autant plus que le ciel de toit est noir et le toit panoramique, tout simplement indisponible. Seul échappatoire, s’orienter sur un habitacle plus clair comme le Lodge de notre modèle d’essai alternant entre des assises blanches et des ceintures oranges.
Je ne saurai que vous conseiller cette option au prix relativement modéré (640 €) qui apporte bien plus de chaleur à bord. Dans tous les cas, les sièges sont confortables et généreusement dimensionnés alors que l’on dispose de pléthore de rangements. Si l’habitabilité arrière est bonne, elle n’atteint cependant pas celle des meilleurs de la catégorie. Notons en sus que le passager central sera à l’étroit. Dommage car l’assise offre un moelleux agréable.
Skoda Elroq : un coffre à la praticité pointue
Si le coffre n’est pas non plus dans le haut du panier avec ses 470 l, il offre en contrepartie une multitude d’astuces particulièrement appréciables. Notons en premier lieu un plancher en caoutchouc facilement lavable secondé d’un double plancher pour ranger les câbles de charge. Ces derniers pourront également se loger dans un filet flanqué sous le cache-bagages alors qu’une prise 12V permettra d’alimenter de petits appareils.
Des crochets amovibles sont aussi de la partie, accompagnés d’une toile imperméable servant à transporter des objets humides tout en gardant le coffre au sec. Malin ! On pourra aussi utiliser une sangle pour arrimer certaines charges tandis que le grattoir intégré dans le hayon sera pratique aux premières gelées. Enfin, sachez que le volume de chargement passe à 1 580 l une fois les dossiers de banquette rabattus. Le plancher ainsi formé est plat.
Skoda Elroq : une interface ultra connectée
Le Skoda Elroq marque une grande évolution au chapitre connectivité pour la marque tchèque. Il n’est aucunement question d’écrans plus grands, de pages plus fluides ou de sous-menus plus fournis. Enfin, un peu quand-même… Mais l’essentiel réside plutôt dans l’arrivée de la clé sur smartphone décuplant enfin les possibilités. Ouverture du véhicule, démarrage, préconditionnement, feux, klaxon… Tout est activable à distance !
La dalle tactile de 13 pouces permet en outre l’achat de fonctionnalités supplémentaires en illimité ou sur une durée déterminée. On pourra ainsi se procurer les sièges chauffants en hiver, acheter une vignette de péage ou payer son stationnement sans avoir à chercher l’horodateur. Quant à l’assistant vocal Laura, il a été sensiblement amélioré puisqu’il peut désormais s’appuyer sur ChatGPT pour répondre à vos requêtes. Cela fonctionne bien.
Skoda Elroq : du bon et du moins bon côté ergonomie
Niveau facilité d’usage, l’Enyaq n’a pas réitéré tous les travers des électriques Volkswagen. Le Skoda Elroq fait logiquement de même. On retrouve ainsi avec grand plaisir des boutons physiques sur le volant et sous l’écran central pour accéder rapidement aux fonctions vitales comme le désembuage, la ventilation ou encore les aides à la conduite. Aussi, on dispose bel et bien de quatre boutons commandant les vitres électriques.
La remarque peut paraître idiote, mais les Volkswagen font systématiquement l’économie des boutons arrière remplacés par une touche « Rear » irritante à l’usage. Rien de cela ici. Ce qui est en revanche toujours ennuyeux, c’est le réglage de la ventilation qui impose toujours de passer par l’écran tactile, que ce soit pour ajuster la température, le débit ou la direction de l’air. Même punition pour le recyclage ambiant, enfermé dans l’interface…
Skoda Elroq : un équipement princier
La liste des équipements dégage elle aussi un parfum de déjà-vu. Il faut dire que le Skoda Elroq a calqué toute son offre sur celle de l’Enyaq, ce qui est une excellente nouvelle pour le premier, moins pour le second… De fait, l’Elroq se permet la totale, comme l’affichage tête-haute en réalité augmentée, les suspensions pilotées, les jantes de 21 pouces, les feux matrix LED ou encore les sièges avant électriques et massants.
Les sièges arrière chauffants, la climatisation automatique trizone, les vitres avant feuilletées, la conduite semi-autonome, le pare-brise chauffant et la caméra 360° sont aussi du voyage. L’Enyaq n’a vraiment plus rien pour lui ? Peut-être que si… Disons que l’Elroq lui concède le toit panoramique ouvrant, mais c’est une bien maigre consolation, en dehors d’un espace habitable supérieur, bien entendu.
Skoda Elroq : confortable et dynamique
Grâce à sa masse inférieure, l’Elroq se montre encore plus engageant à conduire que l’Enyaq. Les prises de roulis en virage sont mieux contenues que celles de son grand frère, alors que les 286 ch dispensent des accélérations largement suffisantes au quotidien (0 à 100 km/h en 6,6 s). Le confort de suspension apparaît cependant un peu ferme en ville. Il faut alors se déporter sur la suspension pilotée dans un pack à 980 € qui arrange les choses.

La ville est justement le milieu de prédilection du Skoda Elroq qui combine habilement une longueur contenue à un excellent rayon de braquage. On s’étonne carrément de voir avec quelle facilité le véhicule parvient à enquiller les demi-tours sans sourciller. Mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est que le tchèque ne perd aucunement de sa superbe sur les grands axes.
Skoda Elroq : autonomie et charge solides
Position de conduite avenante et insonorisation de haut niveau contribuent à une expérience relaxante sur le long ruban. La batterie de 77 kWh autorise en théorie un rayon d’action de 571 km. Sur autoroute, et dans la vraie vie, il faudra retrancher quelques centaines de kilomètres pour dégager une autonomie réelle de près de 300 km. Les 500 km sont néanmoins atteignables avec des vitesses plus faibles mariées à quelques pratiques d’éco-conduite.

Bâti sur la plateforme 400V de l’Enyaq, le Skoda Elroq demeure efficace sur l’exercice de la charge rapide. La version 85 autorise ainsi une puissance maximale de 175 kW en courant continu, suffisant pour passer de 10 à 80 % de charge en 25 minutes. Le préconditionnement de la batterie, qui peut s’activer automatiquement ou manuellement, y est certainement pour quelque chose.
Skoda Elroq : des prix bien placés
Le Skoda Elroq conclut l’examen avec un atout décisif dans la catégorie : son prix ! La version de base City 50 démarre à 33 300 € avec un équipement convaincant et une autonomie de 374 km. Pour toucher la batterie de 59 kWh et ses 427 km d’autonomie, il faudra débourser 36 620 €. Enfin, le plus gros accumulateur équipant notre modèle d’essai se laissera approcher contre 42 470 €. Comptez néanmoins 56 110 € pour bénéficier du véhicule photographié.
Skoda Elroq : notre avis
Le Skoda Elroq a vraiment beaucoup de qualités. Il est bien équipé, présente un habitacle pratique et agréable et se montre plutôt confortable sans oublier d’être plaisant à conduire. Sa belle allonge sur autoroute mariée à une recharge rapide efficace en font en prime un excellent voyageur. Quant à ses prix, ils démarrent plutôt bas, ce qui est assez rare pour être signalé.

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Skoda Elroq 85 Plus
56 110 €On aime
- L’habitacle, à la fois bien pensé et bien construit
- Le compromis entre dynamisme et confort
- L’autonomie et la recharge rapide, tous deux solides
- Le prix de base, compétitif…
On aime moins
- …qui peut vite grimper avec les options
- L’ergonomie encore à parfaire
- Le style, qui manque de personnalité















