Non, le DVD et le Blu-ray ne sont pas morts. Alors que beaucoup prédisaient la fin des supports physiques, ces formats connaissent un regain d’intérêt auprès des consommateurs. HMV, l’enseigne britannique spécialisée dans la vente de produits culturels, témoigne de cette renaissance. Phil Halliday, son directeur général, affirme que les ventes de “visuels physiques” sont en hausse. Les formats haute définition comme le 4K et le Blu-Ray se portent particulièrement bien. Cette tendance surprenante intervient dans un contexte où HMV elle-même a frôlé la faillite en 2019.
Plusieurs facteurs expliquent ce retour en grâce des supports physiques. D’abord, la lassitude face aux offres de streaming. Si ces plateformes ont séduit par leur prix attractif et leur large catalogue, elles ne font plus l’unanimité, les consommateurs réalisant les limites de ces services : contenus qui disparaissent, catalogues qui changent, qualité d’image parfois décevante, prix qui augmentent.
Ensuite, le désir de posséder. Acheter un DVD ou un Blu-Ray, c’est s’assurer l’accès permanent à un film ou une série qu’on aime. Christopher Nolan, réalisateur d’Oppenheimer, souligne les atouts du format physique : “la version en vidéo domestique est celle qui peut toujours être là, que les gens peuvent toujours consulter.” L’exemple d’Oppenheimer illustre parfaitement ce phénomène. La version 4K Ultra HD du film s’est arrachée dès sa sortie en novembre 2023. Amazon et d’autres revendeurs ont rapidement épuisé leurs stocks, obligeant Universal à augmenter sa production.
Le retour des supports physiques
Ce regain d’intérêt pour les supports physiques s’inscrit dans une tendance plus large. On observe un phénomène similaire avec les vinyles et les CD dans l’industrie musicale. . Alice Enders, analyste chez Enders Analysis, compare cette situation au Japon où le format CD+DVD reste prédominant, porté par une culture de la collection et du merchandising.
Pour HMV, cette évolution est une aubaine. L’enseigne, rachetée in extremis en 2019 par l’entrepreneur canadien Doug Putman, retrouve des couleurs. La réouverture de son magasin phare d’Oxford Street à Londres symbolise ce renouveau. Phil Halliday se réjouit des performances de ce point de vente emblématique, tout en soulignant l’importance du réseau de magasins HMV à travers le Royaume-Uni.
Cependant, il convient de nuancer ce tableau. Si HMV annonce une croissance de 5% de sa catégorie “visuelle” au premier semestre 2024, les chiffres globaux du secteur restent en baisse. Selon Era, l’association britannique du commerce de détail numérique, les ventes de DVD et Blu-Ray ont chuté de 4,7% sur la même période. Le regain est là mais reste insuffisant pour retrouver la croissance.
Marre du tout numérique ?
Ce retour aux sources ne se limite pas au cinéma et aux séries TV. On observe une dynamique similaire dans d’autres industries culturelles. Le livre papier par exemple résiste bien face au livre numérique. Les vinyles connaissent un succès croissant auprès des mélomanes. Les vieilles cassettes audio reviennent même sur le marché. Tout comme les cassettes vidéos qui, pour certaines, se revendent à prix d’or. Seul le jeu vidéo peine à lutter contre la généralisation du dématérialisé avec 5% des ventes seulement réalisées en physique.
Reste que cette tendance reflète un désir plus profond des consommateurs : retrouver une expérience tangible dans un monde de plus en plus dématérialisé. Posséder un objet physique, pouvoir le toucher, le ranger dans une bibliothèque, apporte une satisfaction que le tout-numérique peine à égaler. Alors, plutôt team streaming ou team DVD ?
- Les ventes de DVD et Blu-Ray connaissent un regain d’intérêt
- Ce phénomène s’explique par la lassitude face au streaming et le désir de posséder des œuvres.
- Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de retour aux supports physiques dans les industries culturelles.
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