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Fer, cuivre, charbon : la plus grosse entreprise minière au monde va naître

Un projet de fusion entre Rio Tinto et Glencore est en discussion. S’il aboutit, il donnerait naissance au premier groupe minier mondial, au cœur de la ruée actuelle vers le cuivre. Un mouvement qui en dit long sur les nouvelles priorités de l’industrie.

Rio Tinto et Glencore ont rouvert des discussions en vue d’un rapprochement stratégique. Les deux groupes, parmi les plus puissants du secteur, étudient concrètement un rachat de Glencore par Rio, possiblement via une opération entièrement en actions. Si elle est effectivement menée à bien, elle créerait un géant évalué à plus de 200 milliards de dollars devant BHP, jusque-là numéro 1 mondial.

Car leur profil est complémentaire. Rio Tinto est historiquement très exposée au minerai de fer, pilier de ses bénéfices, mais elle possède aussi de grands actifs dans le cuivre et développe désormais le lithium. De son côté, Glencore est plus diversifiée, à la fois productrice de cuivre, de cobalt, de nickel, de zinc, et première exportatrice mondiale de charbon. Elle dispose, en plus, d’une immense activité de négoce de matières premières.

En réunissant leurs portefeuilles, le nouvel ensemble deviendrait le premier producteur mondial de cuivre et l’un des principaux fournisseurs de métaux critiques pour la transition énergétique.

Cuivre Metal
© ERIK SETH / Unsplash

Le boom du cuivre

Ces pourparlers ne tombent pas par hasard, alors que le cuivre est redevenu hautement stratégique. Depuis un an, son prix a grimpé de plus de 40 %, franchissant en janvier le seuil symbolique des 13 000 dollars la tonne.

La raison explose littéralement : électrification des réseaux, énergies renouvelables, véhicules électriques, batteries, data centers, intelligence artificielle, etc. Ces infrastructures consomment énormément de cuivre alors que l’offre progresse beaucoup plus lentement. Les nouvelles mines sont rares, longues à développer, et de plus en plus coûteuses à exploiter.

Selon S&P Global, la demande mondiale pourrait augmenter de 50 % d’ici à 2040, avec un déficit potentiel de plusieurs millions de tonnes par an. Dans ce contexte, la fusion entre Rio et Glencore vise à sécuriser des volumes de cuivre à long terme.

Pour Rio Tinto, l’enjeu est aussi de réduire sa dépendance au minerai de fer, un marché menacé par le ralentissement de la construction en Chine. Le groupe vise déjà une hausse de sa production de cuivre à 1 million de tonnes par an d’ici 2030. Glencore, sous pression après une année boursière difficile, profiterait pour sa part d’une sortie stratégique et surtout, d’une valorisation de ses meilleurs actifs.

charbon
© Parilov / Shutterstock.com

Des obstacles subsistent

Rien n’est pourtant joué pour l’instant, car les autorités de concurrence auront évidemment leur mot à dire. Un groupe contrôlant plus de 7 % de la production mondiale de cuivre, sera examiné de très près par les régulateurs. Rio a désormais jusqu’au 5 février pour déposer une offre ferme ou renoncer pour six mois.

Une chose est malgré tout sûre : derrière ce possible mariage, c’est toute l’industrie minière qui accélère sa mue. Et ce mouvement ne fait sans doute que commencer.

  • Rio Tinto discute du rachat de Glencore pour créer le plus grand groupe minier mondial, valorisé à plus de 200 milliards de dollars.
  • Derrière ce projet, un enjeu central : sécuriser des volumes de cuivre, devenu stratégique avec l’essor de l’électrification, des batteries et de l’IA.
  • Mais l’opération reste incertaine, entre obstacles réglementaires et concentration inédite sur plusieurs métaux critiques.

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