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La fin d’une époque chez Ferrari : voici « Luce », sa première voiture électrique au design très perturbant

C’est un changement de décor, de technologie et de discours. La clientèle ne sera pas la même. En prenant des anciens de chez Apple et en travaillant cinq ans sur un nouveau train roulant, Ferrari fait de sa Luce un nouveau chapitre. Mais l’univers électrique chez Ferrari doit encore faire ses preuves.

La voici, la première voiture électrique de Ferrari de l’histoire. Après avoir franchi le cap génération de proposer un SUV dans sa gamme, Ferrari se tourne aujourd’hui vers une première voiture sans pistons (là où Lamborghini a abandonné). « Le fruit de cinq ans de travail », annonçait le PDG Benedetto Vigna lors de la première mondiale de la voiture.

Elle s’appelle Luce, comme la lumière en italien. À Rome, lundi 25 mai 2026, la marque en a dévoilé ses lignes, encore inconnues jusqu’à présent. Au fil des derniers mois, le groupe motopropulseur et l’habitacle n’étaient plus un secret, mais le doute planait sur le design global. Et la surprise est totale.

Ferrari Luce Electrique 2026 Bleue
© Ferrari

Une grosse berline GT au design perturbant

Ferrari a bien fait de sa Luce un SUV, mais ce dernier est plus bas de 45 mm qu’un Purosangue, le SUV de la marque (équipé d’un V12). Plus proche d’une berline GT traditionnelle, la Luce adopte des lignes qui l’a distingue de tout le reste de la gamme. On ne pourra pas parler de look rétro, mais d’un nouveau virage dans le dessin Ferrari, en rupture totale avec les modèles hybrides et thermiques.

La Luce offre de l’espace grâce à son empattement de près de 3 m. Et les clients en recherche d’habitabilité ne seront pas déçus : malgré des moteurs à l’avant comme à l’arrière, la batterie intégrée au châssis donne de quoi optimiser l’espace et en offrir plus au cinq occupants. Le coffre atteint même 597 litres, le plus grand de son histoire.

Derrière ce style particulièrement intriguant (à la fois minimaliste, futuriste et rétro), Ferrari intègre quatre moteurs, installé sur chaque roue de 23 pouces (à l’avant) et 24 pouces (à l’arrière), participant aussi à la folie des grandeurs du modèle : jamais, dans l’histoire de Ferrari, un modèle était disponible avec des jantes aussi grandes.

Ferrari Luce Electrique 2026 Profil
© Ferrari

Des batteries conçues, validées et assemblées à Maranello

Les quatre moteurs cumulent 1 050 ch de puissance pour 990 Nm de couple. Malgré son poids de 2 260 kg annoncés sur la balance (ce qui reste assez contenu, et proche d’une Puresangue), la Ferrari Luce pourra abattre le 0 à 100 km/h en seulement 2,5 secondes (0 à 200 km/h en 6,8 s), pour atteindre une vitesse maximale de 310 km/h sur circuit. Un foudre de guerre impossible à concevoir autrement qu’avec une motorisation électrique.

En passant cinq ans à développer la Luce, Ferrari a travaillé sur une énorme batterie. Sa capacité brute atteint 122 kWh, sur une architecture 880 v capable d’emporter le niveau de tension bien plus haut à la recharge et encaisser 350 kW en courant continu, tout en offrant une autonomie estimée à 530 km.

Pour concrétiser le passage à une nouvelle ère assumée, Ferrari a confirmé que sa batterie était « entièrement conçue, validée et assemblée » à Maranello. La marque ne s’est pas transformée en fabriquant de batteries pour autant, les cellules proviennent du fournisseur sud-coréen SK. Des cellules au format poche, de type NMC (nickel-manganèse-cobalt) avec une forte densité énergétique.

Comme nous l’avions vu officiellement l’année dernière, Ferrari a délégué le travail de conception de son habitacle à une entreprise baptisée LoveFrom, un collectif créatif dirigé notamment par Jony Ive, l’ancien chef du design Apple qui a dessiné l’iPhone. Mais ce collectif a aussi eu son rôle dans la conception de l’extérieur, main dans la main avec Flavio Manzoni, le directeur du design de Ferrari.

Contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer d’un tel nom dans l’industrie de la tech, l’habitacle de la Ferrari Luce joue plutôt la carte du refus du tout-numérique. Les boutons physiques sont nombreux et les compteurs incrustés dans des cadrans ronds physiques aussi. Pour la première fois, le volant, la colonne de direction et le combiné d’instruments bougent d’un seul bloc lorsque le conducteur ajuste sa position.

Le tout reste particulièrement terme, massif et loin de la finesse que l’on connaissait à bord des Ferrari toutefois. En plus du design extérieur très particulier, l’habitacle ne fait pas l’unanimité, surtout pour un modèle qui coûtera plus de 500 000 euros.

Ferrari Luce Electrique 2026 Jaune
© Ferrari

Prix et disponibilités de la Ferrari Luce

Le ticket d’entrée de la Ferrari Luce électrique est fixé à 550 000 euros en Italie, de quoi côtoyer des modèles aussi prestigieux que la Rolls-Royce Spectre, le premier modèle 100 % électrique de la marque britannique livré depuis la fin de l’année 2023.

« Parmi nos clients, nombreux sont ceux qui recherchent encore quelque chose de complètement différent, à utiliser à différents moments de la vie », a déclaré Enrico Galliera, directeur marketing et commercial de Ferrari, lors de la présentation de la Luce. Les premières livraisons sont attendues pour le quatrième trimestre 2026 en Europe.

Les États-Unis recevront leurs premiers exemplaires en 2027. Mais le plus gros des ambitions de Ferrari reste le marché chinois, où l’adoption de l’électrique est en avance et que les modèles thermiques sont fortement taxés.

Ferrari Luce Electrique 2026 Rouge
© Ferrari

Le long parcours de Ferrari vers sa première voiture électrique

Ce fut un long chemin vers la première voiture électrique de Ferrari. En dévoilant la Luce à Rome, lundi 25 mai 2026, la firme de Maranello a mis fin à une période de silence. Sans aucune proposition, contrairement à Rolls-Royce, Porsche ou encore Lotus, Ferrari n’est pas resté inactif pour autant.

La longue feuille de route de la première voiture électrique de Ferrari a débuté en 2014, quand les premiers groupes motopropulseurs hybrides ont été intégrés à la Formule 1. Les années sont passées et l’écurie au cheval cabré a transmis son savoir-faire dans de premières ébauches de production homologuée, comme la SF90 Stradale en 2019, une voiture hybride à quatre roues motrices de 1 000 ch.

Trois ans plus tard, Benedetto Vigna, physicien ayant passé 25 ans chez le fabricant de puces STMicroelectronics, prenait la direction générale pour mener Ferrari dans sa transition vers l’électrification complète. Il revenait, l’année suivante, avec un plan qui allait l’entraîner à sortir suffisamment de voitures électriques pour que celles-ci représentent 40 % des ventes à l’horizon 2030.

L’ambition fut révisée à la baisse, en juin 2025, quand Ferrari décidait de repousser le lancement du deuxième modèle électrique de la marque, après la Luce (qui n’était pas encore sortie). Suite à la baisse de popularité de la motorisation, notamment sur le marché du luxe et des supercars (Lamborghini est aussi au point mort sur l’électrique), Ferrari ne voulait pas prendre de risque à trop investir sans pouvoir avoir la garantie d’un succès commercial.

Dans ce cadre, les équipes de Benedetto Vigna sont revenues sur le devant de la scène en octobre 2025 pour proposer un nouveau plan, comprenant des parts de ventes à 20 % en direction des modèles 100 % électrique, 40 % pour les hybrides et 40 % sur le thermique, pour 2030. C’est dans ce contexte et avec ces objectifs que la nouvelle Luce vient d’être présentée.

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