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Filtre anti-arnaques du gouvernement : ça se complique

Le gouvernement tarde à mettre en place le fameux filtre sur fond de “complexité technique”.

  • Le gouvernement devait lancer un filtre anti-arnaques à temps pour la Coupe du monde de rugby ce vendredi
  • Le dispositif était censé avertir les internautes qui visitent des sites malveillants
  • Face à la réalité technique du projet, l’État temporise

Comme le remarquent nos confrères de 01Net la première version du filtre anti-arnaques promis par le gouvernement n’a pas pu être mis en place à temps pour le coup d’envoi de la Coupe du monde de rugby vendredi 8 septembre 2023. Ce filtre, souhaité par Jean-Noël Barrot, devait permettre de lutter plus efficacement pour les escroqueries en ligne, particulièrement nombreuses à l’approche de grands événements.

Or, la réalité s’avère plus complexe que ne l’imaginait le ministre : en l’état, le filtre ne serait pas encore du tout au point. Selon le cabinet du ministre cité par 01Net (via l’Informé), les finalités du projet ont dû “évoluer face à l’épreuve des faits et la complexité technique du dossier”. Autrement dit, mettre en place ce nouveau filtre s’avère bien plus complexe qu’anticipé.

Pourquoi le filtre anti-arnaques prend du retard

D’autant que la mesure est polémique, et reste suspendue à l’adoption du projet de loi SREN le 19 septembre, qui doit aussi instaurer le contrôle de l’âge des internautes sur les sites pornographiques, entre autres nouvelles dispositions. Concrètement, ce nouveau filtre va requérir la collaboration des grands éditeurs de navigateurs internet.

L’Arcom leur transmettra a priori une liste de sites malveillants à bloquer, et ces derniers devront afficher, lorsque l’utilisateur se trouve en France et n’utilise pas de VPN, un message d’avertissement comme celui-ci en cas de visite sur l’un de ces sites (cf. seconde image) :

https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/1656341449015799808?s=20

Il reste possible de poursuivre la navigation sur le site via un bouton. En somme, outre son design différent, le message ressemble à ce qu’affichent déjà les navigateurs internet, par exemple lors de la navigation sur des sites qui n’utilisent pas le protocole sécurisé HTTPS. La différence, c’est que plus de sites pourront être ainsi “bloqués” sur la base de signalements de divers organismes de lutte contre la cybermalveillance.

De son côté, la fondation Mozilla qualifie cette mesure de “désastre pour l’internet libre”. La fondation a d’ailleurs lancé une pétition pour « empêcher la France d’obliger les navigateurs comme Mozilla Firefox à censurer des sites web ». L’éditeur du navigateur libre recommande à la place de ce nouveau dispositif jugé disproportionné de renforcer les dispositifs qui existent déjà, en laissant les éditeurs déterminer eux-mêmes les sites à bloquer.

Pour l’heure, le gouvernement semble déterminé à faire tout de même avancer le dossier sans trop s’éloigner de son calendrier. Alors qu’aucune nouvelle date n’a pour l’instant été annoncée, le ministre délégué chargé du Numérique maintient pour l’instant l’objectif de lancer la version finale du filtre à temps pour les Jeux Olympiques de Paris l’été prochain.

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Par : Bitdefender
1 commentaire
1 commentaire
  1. l’idée est bonne sur le papier, qui serait contre de l’anti-scam (a part les scammeurs). Mais la possibilité d’abus de cette loi est immense et je suis pas prêt de faire confiance a l’Arcom. Donc je vous conseille vivement de signer la pétition de Mozilla, chose que j’ai faite bien sur.

Les commentaires sont fermés.