L’épidémie de Covid-19 a été oubliée très vite dans le secteur aérien, car la demande ne s’est pas fait attendre ; que les pays ont rouvert leurs frontières ; et que les compagnies ont pu profiter d’aides exceptionnelles. Cela dit, cette crise sanitaire a laissé une plaie ouverte, qui ne pourra être complètement cicatrisée que d’ici 6 à 9 ans, selon l’Association du transport aérien internationale (IATA), citée dans un article des Échos. Le problème ? Un déficit de production qui a entraîné le non-remplacement et la non-livraison de plus de 5 000 appareils.
En substance, les compagnies aériennes souffrent du retard de production pris par les avionneurs. Un retard qui pèse sur l’accroissement de leur flotte, mais aussi le renouvellement de celle-ci. Sans pouvoir obtenir à temps des avions plus modernes et plus économiques, les conséquences pour leur modèle d’affaires, mais aussi pour l’environnement seront grandes. Sans ces 5 000 appareils qui auraient dû être livrés, certains experts, tels que le journaliste Bruno Trévidic des Échos, qualifiait le phénomène de « flotte fantôme », avec l’équivalent du nombre d’avions de la flotte européenne.
Plus impressionnant encore, cette flotte fantôme de 5 000 appareils représente 17 % de la flotte mondiale en service. Le « retard » concerne Boeing et Airbus, mais l’avionneur américain est d’autant plus l’auteur de cette situation qu’il a connu une grève colossale de ses employés pendant 7 semaines, entre septembre et novembre 2024 et que les autorités américaines ont limité son nombre de 737 Max sortant de ses lignes de production par prudence, à 38 unités par mois depuis le début de l’année 2024. La limite n’a toujours pas été levée.
Boeing doit aussi faire face à un manque crucial sur le secteur du long courrier, avec le retard de son 777X. Longtemps cloué au sol, le nouveau modèle est encore en attente de certification. L’avionneur a perdu des clients, notamment Emirates, qui a décidé de remplacer sa flotte de 777 existants par des A350 de chez Airbus, dont le lancement commercial a eu lieu en début d’année 2025.
Il manque 5 284 avions : en attendant, la flotte mondiale vieillit et fonctionne avec des avions polluants
Évidemment, ces chiffres ne sous-entendent pas que les avionneurs n’ont pas produit d’appareils pendant la période concernée et analysée par l’IATA. Entre 2019 et 2025, les carnets de commandes et les différentes échéances montrent que 16 004 nouveaux avions auraient dû rejoindre la flotte active mondiale. Selon l’association, le nombre de livraisons réelles est de 10 720 appareils, soit un écart de 5 284 avions très précisément.
L’association ajoutait, selon son économiste Maciej Wardejn, que le manque se ferait sentir chez les compagnies jusqu’en 2031, voire 2034 (6 à 9 ans). Ces échéances ne pourront être confirmées que si l’industrie maintient un rythme de 2 100 livraisons par an, un rythme supérieur à celui d’avant 2019, de quoi rattraper le retard. Selon les estimations des experts, un tel niveau ne pourra être atteint que d’ici à la fin de l’année 2026 seulement. Entre-temps, les compagnies continueront de faire voler de vieux avions aux consommations plus élevées et aux rejets de CO2 bien plus importants.
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