L’élection présidentielle se rapproche, doucement mais sûrement. Et compte tenu de la situation précaire de la France, le déficit public ne cessant de se creuser, il semble urgent de repenser le modèle économique du pays. C’est dans ce contexte que Gabriel Attal, ancien Premier ministre et désormais figure de proue du camp présidentiel, déroule sa vision pour 2027.
La TVA sociale à nouveau sur la table
Détaillant les prémices de son programme, l’homme politique a fait part de son objectif central : redynamiser l’économie pour hisser le niveau de vie des Français à celui des Américains. Il vise notamment un salaire médian de 3 000 euros d’ici 10 à 20 ans, contre un peu plus de 2 100 euros actuellement.
Pour cela, Attal propose de rapprocher significativement le salaire net du brut, en supprimant la part salariale des cotisations vieillesse. Ce geste, qui pourrait représenter jusqu’à 328 euros nets supplémentaires par mois pour certains salariés, équivaudrait à un 13e mois, selon les estimations d’Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, reprises par Le Figaro.
Mais cette réforme a un coût. Pour compenser le manque à gagner pour les finances publiques, Attal envisage de basculer le financement sur la consommation via une TVA sociale, affectée intégralement à la rémunération des salariés. Une idée déjà évoquée par Bruno Le Maire en 2024, qui consisterait à augmenter la TVA sur les produits de consommation. Toutefois, certains économistes alertent l’absence d’étude d’impact crédible.

De nombreuses mesures évoquées
Plus globalement, l’ancien Premier ministre plaide pour un « choc de productivité », avec la création de 2 millions d’emplois, dont 500 000 dans l’industrie, un investissement massif dans l’innovation, et un meilleur fléchage de l’épargne privée, notamment les 2 000 milliards d’euros d’assurance-vie. Il reprend les conclusions du rapport remis par Mario Draghi sur la compétitivité européenne, qui chiffre les besoins d’investissement à hauteur de 5 points de PIB par an, en particulier dans la défense et les technologies d’avenir. Il souhaite également revoir à la baisse les impôts de production et faire baisser durablement le prix de l’énergie à 50 €/MWh.
Le volet européen n’est pas en reste : Attal a l’ambition de bâtir une politique industrielle commune sur le modèle de la politique agricole commune (PAC), qui structure le soutien à l’agriculture européenne via des subventions, une coordination entre États membres et des mécanismes de protection.
Dans ce contexte, il suggère d’adopter une logique similaire pour réindustrialiser le continent et mettre en place un véritable « bouclier industriel » face à la concurrence chinoise. En France, il mise sur 100 « territoires d’innovation » à la fiscalité et aux procédures simplifiées, et souhaite créer une agence unique, France Entreprise, pour centraliser les démarches administratives. Objectif : libérer les forces productives, attirer les investissements et restaurer la confiance dans l’économie française.
En parallèle, le gouvernement souhaite réaliser des milliards d’euros d’économie pour réduire la dette de la France, et cela pourrait passer par la suppression de deux jours fériés.
- Gabriel Attal dévoile les grandes lignes de son projet économique pour 2027, avec l’ambition de hisser le salaire médian en France au niveau de celui des États-Unis.
- Son plan repose sur un choc salarial via la suppression des cotisations vieillesse pour les salariés, et un vaste programme d’investissement et de réindustrialisation.
- Inspiré par le rapport Draghi, il défend également une politique industrielle européenne commune, sur le modèle de la PAC, pour renforcer la compétitivité du continent.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.