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Historique : la Chine réussit à poser son rover sur Mars

L’agence spatiale chinoise vient de réussir le plus grand exploit de son histoire en faisant se poser Tianwen-1 sur Mars ce samedi matin.

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illustration tianwen-1
© CNSA

Alors que l’atterrissage de Perseverance il y a quelques mois avait déchaîné les passions, la Chine vient de rééditer l’exploit, en amenant son rover Tianwen-1 sur le sol de la planète rouge. Nombreux sont ceux qui voient en cet acte le retour d’une véritable “guerre à l’espace”, avec la Chine dans les premiers rôles.  Car pour le moment personne à part la NASA et la CNSA ( l’agence spatiale chinoise ) n’a réussi à poser un rover sur Mars. L’Europe et la Russie devraient néanmoins profiter de la prochaine fenêtre de tir favorable vers notre voisine rouge pour se joindre à la liste.

Lancée en juillet 2020, la sonde avait rejoint l’orbite de Mars en février après un voyage de 55 millions de kilomètres ( l’équivalent de 3500 Paris-Sydney) et c’est la date du 14 mai qui a été choisie par la CNSA pour être le grand jour de l’expédition. L’atterrissage a eu lieu au cœur de la nuit de vendredi à samedi, à une heure du matin, heure française.

Au sein de la sonde, un petit module téléguidé, Zhurong – le dieu du feu dans la mythologie chinoise – va passer les prochains mois au chevet de la planète rouge. Il devrait mener toutes sortes d’expériences sur sa sismologie, sa géologie, mais aussi à la manière de Perseverance, sur la capacité de notre voisine rouge d’habiter ou non la vie.

Une toute nouvelle technique d’approche

Si les États-Unis étaient pour le moment les seuls à avoir réussi à faire se poser une sonde sur le sol martien – et à la faire fonctionner – la Chine vient d’entrer dans la course à l’exploration martienne, avec une toute nouvelle approche. Les sondes américaines qui rejoignent le sol de la planète rouge, comme Perseverance ou Curiosity, utilisent en général un système dit de « grue volante » pour poser leur sonde avec la plus grande douceur. Cette technique, qui a aujourd’hui fait ses preuves, consiste à faire descendre la sonde le long d’un fil tendu pour la faire toucher le sol martien à une très faible vitesse. Le reste du module étant immobile à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol, assurant la descente.

Mais la Chine n’a pas décidé de copier cette technique de descente pour l’arrivée de Tianwen-1. La CNSA a en effet décidé d’utiliser une méthode qu’elle connaît et qu’elle utilise déjà pour ses voyages sur la Lune. Tianwen-1 est ainsi descendu vers Mars à haute vitesse, protégé par son bouclier thermique, avant d’utiliser des retros fusées pour se freiner et ainsi atteindre le sol tout doucement. Si cette technique avait déjà fait ses preuves sur la Lune par le passé, elle n’avait encore jamais été utilisée, avec succès, sur Mars. Voilà qui est fait.

La Chine : puissance numéro 1 du spatial ?

Avec cet atterrissage réussi à 55 millions de kilomètres de nous, le rôle de la Chine dans le développement du spatial à l’échelle international n’est plus à prouver. Alors que beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que l’espace est en train de vivre un nouvel âge d’or, la puissance de Pékin n’est pas étrangère à ce retour d’intérêt pour l’espace. La CNSA a surpris le monde plusieurs fois ces dernières années, et enchaîne les réussites à un rythme effréné. En 2019, l’agence spatiale chinoise avait déjà réussi l’impossible en posant une sonde sur la face cachée de la Lune. Une mission très complexe à laquelle même les américains ne s’étaient jamais risqués.

Il y a quelques semaines à peine, la Chine a continué la mise en place de son programme spatial – ultra ambitieux – en envoyant en orbite le premier module de sa future station spatiale nationale. Si le retour de l’étage central de la Long March 5B a éclipsé le reste de la mission, cette dernière reste une grande réussite pour la Chine, qui devient avec cette station, complètement indépendante de la NASA et de l’ÉSA, deux entités avec qui elle devait cohabiter dans l’ISS.

Prochaine étape : 2030 et la Lune ?

Pékin ne s’en est jamais caché, son objectif est d’atteindre un jour la Lune. Le calendrier chinois prévoit que l’arrivée du premier taïkonaute sur notre satellite aura lieu en 2030. Si la NASA a depuis, notamment sous l’impulsion de l’ancien président Donald Trump, prévu de renvoyer des Américains sur la Lune avant la fin de la décennie. Le calendrier de l’agence américaine semble intenable, et les nombreux retards pourraient donner la primeur de l’exploration à la Chine, 60 ans après Neil Armstrong.

En attendant de poser son pied sur la Lune, la Chine continue d’occuper l’espace, et rien ne semble pouvoir freiner le développement accéléré de la CNSA. Mais l’agence de Pékin divise. Si certains sont fascinés par les exploits de cette dernière, d’autres rappellent qu’elle est encore très en retard dans des domaines de base, notamment en ce qui concerne la gestion de ses débris, ou le retour de ses lanceurs sur Terre. En voulant sauter des étapes pour rattraper des décennies de developpement, la Chine a pu en oublier ses fondamentaux.

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