On comprend mieux pourquoi la Silicon Valley a autant soutenu Donald Trump. Le président américain entend clairement limiter la capacité des États à encadrer l’intelligence artificielle, au profit d’un cadre national unique, beaucoup plus favorable aux entreprises du secteur. Un décret signé ce 11 décembre vise à neutraliser les lois locales qui freinent, selon l’administration, le développement rapide de l’IA. C’est une immense victoire pour les acteurs technologiques qui militent depuis des années contre un durcissement réglementaire.
La Maison-Blanche affirme vouloir lever les obstacles à l’innovation afin de permettre aux entreprises américaines de conserver leur avance technologique, notamment face à la Chine. « Mon administration a déjà accompli un travail considérable pour atteindre cet objectif », lance sobrement le président. Dans ce contexte, il insiste sur la nécessité de laisser les sociétés d’IA innover sans être entravées par ce que Donald Trump qualifie de réglementations « lourdes » et « fragmentées ».
Il estime, en outre, que la multiplication de règles différentes d’un État à l’autre crée une insécurité juridique nuisible, en particulier pour les startups. Le texte prévoit également que l’exécutif travaille avec le Congrès à l’élaboration d’un cadre fédéral commun.

Certains États veulent poser des garde-fous
Depuis plusieurs années, de nombreux États américains ont adopté leurs propres lois pour encadrer l’usage de l’intelligence artificielle. Ces textes visent notamment à limiter les discriminations algorithmiques, à encadrer les deepfakes et à protéger les consommateurs et les mineurs. Mais ces efforts ne plaisent visiblement pas à Washington, qui estime que la lutte contre les biais discriminatoires freine le progrès technologique :
« Une nouvelle loi du Colorado interdisant la “discrimination algorithmique” pourrait même contraindre des modèles d’IA à produire des résultats faux afin d’éviter un “traitement ou un impact différentiel” sur des groupes protégés ».
Vive opposition
Cette offensive suscite déjà une vive opposition. Les défenseurs de la vie privée et des droits des consommateurs dénoncent un affaiblissement des protections existantes, dans un contexte où l’IA s’impose rapidement dans la vie quotidienne, de la santé à l’éducation en passant par la sécurité.
Selon eux, les États ont justement comblé un vide laissé par l’absence de législation fédérale claire. D’ailleurs, plusieurs organisations estiment que le texte pourrait être contesté devant les tribunaux. Ils rappellent, surtout, que seul le Congrès dispose du pouvoir de préempter durablement les lois adoptées par les États.
- Donald Trump a signé un décret visant à empêcher les États américains de réguler l’intelligence artificielle, au profit d’un cadre fédéral unique beaucoup plus favorable aux entreprises de la tech.
- La Maison-Blanche justifie ce choix par la nécessité de lever les freins à l’innovation et de maintenir l’avance technologique des États-Unis face à la Chine.
- Cette offensive provoque une forte opposition, les défenseurs de la vie privée dénonçant un recul des protections et un possible passage en force contestable juridiquement.
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