[détox] Iggybook, la plateforme dédiée aux auteurs de livres numériques

Iggybook est une plateforme web qui permet aux auteurs de créer, distribuer et promouvoir leurs livres sans passer par un éditeur.

Malgré une croissance de 25 %, le marché français de l’édition numérique fait l’objet d’une certaine prudence de la part des éditeurs qui prévoient une baisse de croissance. Pourtant, certains acteurs se sont clairement positionnés  sur le secteur du numérique et et proposent des services innovants pour les auteurs, les lecteurs et les éditeurs. Presse-Citron vous propose aujourd’hui un zoom sur un phénomène encore émergeant en France : l’auto-édition numérique.

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Lancée en mars 2015 par Nicolas Francannet (Président de StoryLab), Pierre-Yves Policella (CTO de Lagardère Active), François Gerber (qui était auparavant Responsable iBooks Store chez Apple, directeur du numérique à la Fnac et directeur du contenu chez Musiwave) et Patricia Duliscouët (ex journaliste économique aux Echos et à la Tribune), la solution Iggybook offre tout un panel d’outils aux auteurs afin d’assurer la diffusion de leurs livres.

Ils peuvent ainsi créer leur e-book en ligne et le distribuer dans plus de 200 stores comme Amazon, Kobo ou encore le site de la Fnac ou encore créer leur livre papier et le proposer en impression à la demande chez la plupart des libraires. Au-delà de l’aspect diffusion de contenu littéraire, Iggybook permet aussi aux auteurs de faire leur promotion via la création d’un site web et leur offre des services éditoriaux et graphiques comme la relecture de livre, la correction orthographique ou encore la création de couvertures.

Il y a quelques temps, Julien Simon des Éditions Walrus nous avait apporté son regard sur le marché du livre numérique. Nous allons aujourd’hui en explorer une autre facette, celle de l’auto-édition, avec Patricia Duliscouët qui est co-fondatrice de Iggybook et présidente de la maison d’édition numérique StoryLab.

Un outil de promotion

Presse-Citron : Comment est venue l’idée de créer Iggybook ?

Iggybook est né au sein de Storylab, la maison d’édition numérique que nous avons créée en 2010. Travaillant beaucoup avec les auteurs et les éditeurs, nous avons remarqué qu’il leur manquait des outils de promotion de leurs livres sur le web, ainsi que des moyens simples et efficaces pour créer leurs ebooks et les mettre en vente chez les libraires. C’est pour cela que nous avons créé Iggybook une plateforme SaaS sur laquelle les auteurs peuvent gérer eux-mêmes la publication, la mise en vente et la promotion de leurs ebooks. Un an plus tard, à la demande des auteurs, nous avons élargi notre offre à la publication papier : grâce à un partenariat avec Hachette, les livres sont imprimés à la demande et  disponibles chez les libraires.

L’idée s’inspire aussi du domaine de la musique, dans lequel ont travaillé Nicolas Francannet et François Gerber, et où de nombreux outils existent pour les artistes indépendants : BandCamp, ReverbNation, ou en France Believe Digital. C’est le constat qu’il n’existait rien pour les auteurs de livres qui a fait germer l’idée d’Iggybook.

P-C : Quel est le business model d’Iggybook ?

Nous travaillons en BtoC avec les auteurs. La création de site et la création d’ebooks sont gratuites, mais les auteurs paient 49€ pour la mise en vente de leurs ebooks chez les elibraires. Pour un livre papier, le prix dépend du projet (à partir de 99€). Et nous leur proposons toute une gamme de services graphiques et éditoriaux (correction, couvertures…).

Mais nous travaillons aussi beaucoup en BtoB avec des éditeurs, à qui nous proposons d’externaliser certains services : la distribution digitale, la création de couvertures ou de bande annonces, la correction et la mise en page de leurs livres. Nous venons aussi de lancer un service de gestion en ligne des manuscrits… Et aussi avec des universités, des fondations et des think tanks, pour qui nous publions des livres.

P-C : Quelques chiffres sur Iggybook ?

Plus de 4000 auteurs sont inscrit sur la plateforme et ont un site qui leur permet de faire la promo de leurs livres sur internet.

Parmi nos partenaires BtoB on peut citer des éditeurs comme Amazon Publishing, Belfond, JC Lattès, Presse de la Cité, French Pulp, ou des fondations et think tanks comme la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et l’Institut de l’entreprise. Iggybook distribue aujourd’hui environ 6000 ouvrages, en papier ou en numérique.

P-C : Quels sont les avantages pour les auteurs ?

La plateforme permet de faire une mise en vente en quelques jours, ce qui présente un véritable intérêt pour des sujets d’actualité. Par ailleurs l’auteur garde une grande liberté à la fois sur son texte, sur sa couverture et sur la fixation du prix de vente. Et enfin, alors que chez un éditeur il touche seulement 10% du prix de vente, ici il touchera 50% du prix du livre, et même 100% pour les ebooks qu’il vend en direct via son site Iggybook.

Avec le numérique et le système d’impression à la demande que nous avons choisi, le livre n’est jamais épuisé : il restera en vente tant que l’auteur le voudra. Et comme nous ne signons aucun contrat d’édition, l’auteur reste libre de proposer son texte à un éditeur, s’il le souhaite.

De nombreux ouvrages disponibles

P-C : Tous les types d’ouvrage sont-ils acceptés ?

Tous les ouvrages : fiction, essais, témoignages, livres d’entreprise ou universitaires. Pour le numérique, les textes peuvent être assez courts : cela correspond bien à une lecture en mobilité. Par contre pour donner lieu à une publication papier il faut que le texte soit suffisamment long, à partir d’une soixantaine de pages. Nous vérifions quand même la thématique des ouvrages et garantissons que les livres publiés ne font pas l’apologie de thèses douteuses et pouvant poser un risque juridique.

P-C : Le fait de rendre la publication de livres plus accessible a-t-il des effets, positifs ou négatifs, sur la qualité des productions littéraires ?

L’auto-édition ouvre pour les auteurs un formidable espace de création, tout comme il y a 20 ans le rock indépendant a explosé quand les artistes ont pu produire eux-mêmes leurs disques. Bien sûr la qualité est inégale, mais cela permet à des talents d’émerger, même s’ils ne rentrent pas dans les normes des éditeurs : en s’offrant une visibilité sur le web, les auteurs maximisent leurs chances de trouver leurs lecteurs. Voire même un éditeur : ils surveillent ce qui se passe sur le marché de l’auto-édition, repèrent les livres qui marchent et proposent des contrats d’édition aux auteurs. Fifty Shades of Grey en est un exemple réputé.

P-C : Y a-t-il des auteurs expérimentés qui viennent pour tester un nouveau mode de diffusion ?

Oui, c’est une tendance qui est très forte aux Etats-Unis : on voit de plus en plus d’auteurs « hybrides » qui travaillent avec des éditeurs pour certains livres, et n’hésitent pas à en auto-éditer d’autres. En France le phénomène est encore émergeant. On peut citer par exemple Gilles Petel, un auteur Stock et Fayard, qui a voulu tenter l’aventure de l’auto-édition avec nous pour son dernier livre, Exhibitions.

P-C : Certains écrivains se sont-ils fait connaître grâce à Iggybook ?

Aucun auteur n’est pour le moment devenu un auteur de bestsellers grâce à Iggybook, mais le service est récent. Mais certains auteurs commencent à avoir du succès, ayant dépassé les 1000 livres vendus, ce qui correspond à ce qu’ils auraient vendu chez un éditeur traditionnel, tout en restant indépendants et en touchant nettement plus de droits d’auteur que via l’édition classique.

Une plateforme de services à l’édition

P-C : Y a-t-il beaucoup de livres qui ont été imprimés grâce à Iggybook ?

Iggybook ayant débuté avec la distribution numérique, c’est surtout sur ce créneau que les auteurs vendent leurs livres. L’impression papier est plus récente, mais nous avons déjà plusieurs centaines d’auteurs ayant imprimé plusieurs milliers de livres via nos services.

Du côté B to B, que ce soient des petits éditeurs, des fondations et des think tanks, ce sont désormais plus de 5000 ouvrages qui sont proposés à la vente via notre système d’impression.

P-C : Quelles sont les prochaines étapes de développement de la société ?

Iggybook a vocation à devenir une véritable plateforme de services à l’édition, pour tous ceux qui ont des écrits à publier. Le marché est immense : combien de think tanks produisent des notes passionnantes qui restent cachées sur le site sous forme de PDF à télécharger ? Combien de journalistes réalisent des enquêtes fouillées à partir desquelles ils ne produisent que quelques feuillets alors qu’ils ont matière à écrire beaucoup plus ? Combien d’universitaires laissent leurs travaux cachés dans leurs étagères ? Aujourd’hui l’impression à la demande permet de publier des petites séries sans que les coûts soient élevés, cela change fondamentalement le marché : il devient possible de sortit un livre même s’il concerne pour un public très ciblé.

L’idée est donc ce continuer le développement de la plateforme, d’étendre le réseau de distribution à l’étranger et auprès des bibliothèques, et aussi d’améliorer les outils pour les auteurs, notamment au niveau du suivi des ventes de d’analyse du marché, ou encore de leur proposer plus d’outils les aidant à promouvoir leur livre dès qu’il est publié. Car c’est aussi la clé pour un auteur : obtenir de la visibilité et trouver des lecteurs dans une offre pléthorique.


Le marché du livre continue sa mutation et le livre numérique et papier sont de moins en moins en concurrence. Les innovations dans ce secteur favorisent l’émergence de nouveaux types de publication et de nouveaux modes de lecture et de consommation du livre.

Si ce domaine vous intéresse, n’hésitez pas à aller discuter avec les fondateurs d’Iggybook au salon du livre du 24 au 27 mars, stand D55.

Et vous, vous préférez lire un livre numérique qui a été imprimé ou lire un livre papier qui a été numérisé ? Allez à dans 15 jours !


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