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Il a 21 ans, aucune expérience… et réécrit les lois du logement américain avec une IA !

C’est une histoire comme l’administration américaine semble en produire à la chaîne depuis quelques années : un étudiant encore sur les bancs de l’université est désormais aux manettes de la déréglementation du logement… avec pour seul outil une IA. Bienvenue chez DOGE.

Christopher Sweet n’a pas encore terminé son cursus en économie et data science à l’Université de Chicago. Il n’a jamais mis un pied dans un conseil municipal, encore moins dans un ministère. Pourtant, il se retrouve aujourd’hui chargé d’un projet pour le moins ambitieux : réécrire les règles du Département du Logement et du Développement Urbain (HUD) grâce à l’intelligence artificielle. Rien que ça.

Une mission taillée sur mesure par l’équipe DOGE

À l’image de ses autres projets, DOGE ambitionne de « simplifier » le gouvernement. Comprendre : sabrer dans les dépenses et les réglementations. Sweet, qualifié de « spécial assistant » dans un e-mail interne signé Scott Langmack (autre membre de DOGE et ex-dirigeant d’une boîte immobilière spécialisée en IA), se retrouve propulsé dans un rôle où même les vétérans hésitent à poser leurs valises.

La fiche de poste ? Passer à la moulinette toutes les règles du HUD avec l’aide d’un outil d’IA maison. Selon des sources internes, Sweet aurait déjà produit un fichier Excel recensant près de 1 000 lignes pointant des « excès réglementaires » potentiels. Pour chaque cas, l’IA suggère un langage alternatif pour rester dans les clous et limiter la paperasse.

Derrière cette opération de simplification, beaucoup voient surtout l’ombre d’un projet bien plus large. DOGE n’est pas qu’un acronyme à la sauce Musk. Il est l’un des instruments de Project 2025, le plan de bataille idéologique porté par l’aile la plus dure de la droite américaine. Un manuel de déréglementation express qui rêve d’un gouvernement réduit à sa plus simple expression — quitte à saborder les mécanismes de contrôle ou les agences environnementales.

Confier un chantier aussi sensible à un étudiant de 21 ans fait forcement tiquer. Surtout lorsqu’on apprend que le HUD avait déjà, selon un employé, subi des années de concertation et d’analyses pour établir ses règles. « On balance un gamin avec un laptop dans un champ de mines juridique, et on regarde ce qui se passe », résume un autre cadre du HUD. Ambiance.

Un programme aux résultats en demi-teinte

Elon Musk, fidèle à lui-même, a déjà reconnu que DOGE n’atteignait pas encore ses objectifs pharaoniques : une réduction de 2 000 milliards de dollars des dépenses publiques. « On est à 70-80% de réussite », a-t-il concédé. Une performance qui ferait sourire si elle n’impliquait pas des pans entiers de services publics.

Pire : selon les dernières estimations, les dépenses fédérales sous Trump auraient augmenté de 220 milliards de dollars sur les 100 premiers jours de 2025… par rapport à la même période l’année précédente. Pas sûr que la méthode Sweet — et l’IA qui l’accompagne — suffise à inverser la tendance.

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