C’est une mobilisation discrète qui est passée quasiment inaperçue. La Chine a mobilisé plusieurs milliers de bateaux de pêche en décembre et en janvier dernier afin de créer des barrages flottants d’au moins 320 kilomètres de long. L’opération, menée en en mer de Chine orientale, puis repérée par le New York Times et la société d’analyse de données ingeniSPACE, est extrêmement complexe et s’apparente à un renforcement de la milice maritime chinoise.
Concrètement, la Chine s’est concentrée sur des voies maritimes essentielles en cas de conflit avec les États-Unis ou ses alliés asiatiques, lors d’un éventuel conflit avec Taïwan, l’île démocratique que Pékin tente de ramener dans son giron depuis des décennies.
Le 11 janvier dernier, les pêcheurs formaient donc un rectangle s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres. Une formation tellement dense que des cargos ont dû le contourner ou zigzaguer pour se frayer un chemin.
Ci-dessous, vous pouvez repérer l’impressionnant barrage mis en place par les pêcheurs chinois :
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Un vrai avantage en cas de guerre
Cité par le média américain, Mark Douglas, analyste chez Starboard, une société implantée en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, commente ainsi :
Voir autant de navires opérer de concert est stupéfiant. Je n’ai jamais vu une formation d’une telle envergure et d’une telle discipline. Le niveau de coordination nécessaire pour déployer autant de navires de cette manière est remarquable.
Gregory Poling, directeur de l’Initiative pour la transparence maritime en Asie au CSIS, complète :
Selon moi, il s’agissait d’un exercice visant à évaluer la réaction de la population civile si elle était mobilisée à grande échelle en cas d’urgence future, peut-être pour appuyer une mise en quarantaine, un blocus ou d’autres mesures de pression contre Taïwan.
Dans le cas où une crise majeure devait intervenir entre ces deux acteurs, la Chine pourrait donc mobiliser ces milliers de navires civils afin de bloquer les voies maritimes. Cela pourrait venir compliquer les opérations militaires et l’approvisionnement des adversaires.
Même si ces bateaux sont trop petits pour instaurer un vrai blocus maritime, ils peuvent notamment entraver la circulation de navires de guerre américains. La masse peut aussi leurrer les missiles et les torpilles en saturant les radars et les capteurs des drones, car les cibles seraient trop nombreuses, d’après un officier de la marine de l’Oncle Sam.
Pour l’heure, le gouvernement chinois n’a fait aucun commentaire sur le sujet, mais ses adversaires dans la région et dans le reste du monde sont désormais prévenus.
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