- Douze hommes et une femme sont devant la justice pour avoir vendu quelque 63 000 faux passes sanitaires pendant la pandémie de COVID-19
- L’affaire leur aurait rapporté 22 millions d’euros
- Le jugement sera rendu le 3 juillet 2023
Pendant la pandémie de COVID-19, divers trafics ont eu lieu – en particulier autour des passes sanitaires, censés attester de la vaccination à jour contre la maladie. Ces passes étaient indispensables pour accéder à de nombreux lieux publics et événements comme les concerts. Mais certains ont découvert comment générer des faux. Et de nombreuses personnes ne souhaitant pas se faire vacciner, tout en continuant à mener une vie à peu près normale, se sont ruées sur ces documents.
Ces derniers étaient proposés à la vente sur le Dark Web, des groupes Telegram, mais aussi via des sites accessibles directement via Google. Les 13 personnes devant la justice, en particulier, avaient une astuce pour générer des QR Code parfaitement valides. Selon les éléments de l’enquête, ils ont eu recours à un botnet russe qui leur a permis, rien de moins, de pirater l’Ordre des médecins.
Ils généraient des passes valides en piratant des médecins
De là ils ont eu accès au système permettant de générer des passes sanitaires via les espaces personnels informatiques de médecins. En plus de générer et vendre directement des passes sanitaires, les prévenus louaient les accès au système permettant aux médecins de générer les QR Codes. C’est un médecin basé sur l’Île de Ré qui a le premier porté plainte. Son infirmière s’était rendu compte qu’un passe avait été délivré à un pompier de l’Essonne – éveillant leurs soupçons.
Or, en analysant les certificats générés via l’espace personnel du praticien, ce dernier s’est rendu compte que plus de 1 274 étaient des faux. En tout, selon les enquêteurs, “68 comptes de médecins, d’infirmiers ou encore de sages-femmes ont été piratés”. Plus de 150 000 € en Bitcoin ont été saisis. Mais le réseau aurait généré autour de 22 millions d’euros au total selon la police – les faux passes sanitaires étaient facturés aux clients autour de 350 euros.
L’argent était ensuite envoyé sur des comptes à l’étranger, notamment en Russie, et/ou converti en cryptomonnaie – pour mieux passer sous le radar ds autorités. Au début, la police s’était surtout intéressée à trois membres du réseau qui ont rapidement avoué les faits. Mais les enquêteurs ont découvert une multitude d’autres personnes impliquées. Les 13 prévenus sont maintenant suspendus à un jugement qui devrait être rendu le 3 juillet 2023, avec à la clé sans doute de lourdes amendes et peut-être quelques peines de prison.
Comme le rapportent plusieurs sources, un cas semblable a été jugé récemment. Reste à savoir si les peines sont suffisamment dissuasives. Un jugement récent, cité par plusieurs sources impliquant deux personnes et quelque 10 000 faux passes sanitaires, s’est soldé par quatre ans de prison avec sursis et 25 000 € d’amende… soit nettement moins que la somme potentiellement générée par les malfaiteurs.
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