Après des taux directeurs autour de 0% voire négatifs qui avaient stimulé le marché de l’immobilier et fait flamber les prix, 2023 a plutôt ressemblé à un atterrissage d’urgence, sur fond de mesures choc contre l’inflation. Les taux pratiqués par les banques sont aujourd’hui assez élevés, au mieux entre 4% et 5%, et les conditions pour accéder au crédit immobilier s’étaient tellement durcies que dans la plupart de régions, les candidats à l’achat se sont vite retrouvés forcés de reporter leur projet.
Lundi 4 décembre 2023, le Haut conseil de la stabilité financière a enfin décidé d’assouplir les conditions des crédits pratiqués par les banques. Toutefois, les prix restent encore trop élevés, ce qui laisse le marché dans une situation de déséquilibre entre offre et demande. Du coup, ce que l’on observe depuis déjà plusieurs semaines, c’est que les prix baissent. Les propriétaires qui cherchent à se séparer de leur bien n’ont en effet plus d’autre choix que de baisser le tarif.
Tendance baissière sur le prix de l’immobilier
C’est dans ce contexte que, par exemple, à Paris, le prix moyen du mètre carré est passé pour la première fois depuis plusieurs années sous la barre des 10 000 €. En moyenne la baisse des prix est de l’ordre de 4,1% pour les appartements et 2% pour les maisons, selon une étude Century21 citée par Capital. Or cela est encore loin de suffire pour enrayer la chute des transactions – qui ne devraient être que de l’ordre de 900 000 en 2023, et pourraient encore diminuer en volume d’ici la fin de l’année 2024.
Alors qu’emprunter de l’argent coûte de plus en plus cher, les acheteurs sont en effet très sensibles au prix et ne souhaitent pas se lier à des conditions de crédit trop dures alors que la situation pourrait s’améliorer dans les prochains mois. Car les conditions opposées à celles qui avaient vu le marché flamber semblent pour l’instant en train de s’installer. On devrait donc voir de plus en plus le prix des biens baisser dans toutes les grandes villes de France, Paris compris.
Du coup, toute la question pour les candidats à la propriété est maintenant de savoir quand se décider. L’indicateur clé sera sans doute le niveau des taux directeurs de la BCE. Avant la séquence que vit actuellement le marché, juste avant la pandémie, l’autorité pratiquait des taux autour de 2%. Le retour dans cette fourchette, qui se traduirait par des crédits moins chers, semble être le signal attendu par de nombreux ménages.
En septembre, la BCE avait d’ailleurs laissé entrevoir une “pause” de la montée des taux, dans le cadre de sa stratégie d’endiguement de l’inflation. L’autorité estimé avoir atteint l’essentiel de ses objectifs intermédiaires. 2024 reste au demeurant une année incertaine avec des conflits internationaux qui pourraient perturber encore le marché de l’énergie et la chaîne logistique de nombreuses industries – ce qui pourrait tout à fait, si cela venait à empirer, forcer la BCE à remettre un tour de vis sur les taux.
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