Cette actualité, pour le moins peu banale, est loin d’être un gag. Il y a quelque temps, nous vous écrivions comment une équipe de chercheurs avait réussi à produire de l’électricité à partir de courgettes. Cette fois-ci, il s’agit d’utiliser des plumes de poulets dans le processus de fabrication de piles électriques. Une trouvaille qui nous vient tout droit de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich et de l’Université de Technologie de Nanyang (Singapour).
Au cœur de cette invention : la kératine
Tout repose sur l’utilisation de la kératine, une protéine très importante et surtout très abondante dans les plumes des poulets. En procédant à l’extraction de cette kératine, ces chercheurs sont parvenus à la transformer en fibrilles amyloïdes, des agrégats de protéines insolubles.
Ils se sont ensuite servis de ces fibrilles pour fabriquer la membrane d’une pile à combustible, un élément central qui permet la production d’énergie à partir d’oxygène et d’hydrogène. Normalement, ces membranes sont conçues avec des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Le souci, c’est que ces dernières sont très toxiques pour l’environnement, et persistent longtemps dans les milieux naturels.
Une alternative aux PFAS grâce à ces plumes seraient, en effet, la bienvenue. D’autant que ces membranes produites à partir de kératine ont un gros avantage : elles bloquent les électrons et laissent passer les protons, contrairement aux membranes classiques. Cela engendrerait une production d’électricité potentiellement supérieure.
Impact environnement et économique
Revaloriser les plumes de poulet serait un grand pas vers une utilisation plus intelligente de cette matière première. Chaque année, nous incinérons des millions de tonnes de ces plumes, et les émissions carbonées qui en découlent sont nécessairement une conséquence dont on se passerait volontiers. Plutôt que de les brûler, les réutiliser permettrait non seulement une réduction de ces émissions, mais on transformerait ce qui n’était à la base qu’un déchet en ressource.
Autre avantage : le prix. Ces membranes sont beaucoup moins chères à produire que celles fabriquées à partir de PFAS. En effet, elles sont trois fois moins onéreuses que leurs homologues synthétiques. Il y a quand même une ombre au tableau : ces membranes fonctionnent uniquement dans les piles à hydrogène et ce dernier est un élément chimique très énergivore à produire.
Cette découverte offre des perspectives plutôt enthousiasmantes dans le domaine des énergies renouvelables. Un brevet a déjà été déposé, il ne manque plus désormais que les investisseurs pour que le processus puisse être développé à grande échelle.
- Des chercheurs ont découvert que les plumes de poulets pouvaient servir à la conception de piles à combustible.
- C’est l’utilisation de la kératine présente dans les plumes qui permet cette innovation.
- Traditionnellement, ce sont les PFAS, des substances toxiques, qui sont utilisées dans la fabrication de ces piles.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
Leur taser de même (poulet-flic-électricité pour les moins véloces). Je m’esclaffe : MDR, LOL etc.